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Pour ses 18 ans, PrintOClock s’offre un nouveau siège et vise les 50 M€ de CA d’ici 2030

Imprimerie. Avec son nouveau siège de 7 000 m² à Toulouse, le spécialiste toulousain du web to print PrintOClock se dote d’un outil à la mesure de ses ambitions. Cet investissement de près de 5 M€ s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification et de croissance externe, avec pour objectif de dépasser les 50 M€ de chiffre d’affaires et de devenir une ETI à horizon 2030.

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Antoine Roux, fondateur et dirigeant de PrintOClock, aux côtés de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, lors de l’inauguration officielle du nouveau siège de l’entreprise, au 7 rue Gaston-Evrard, à Toulouse. (©Gazette du Midi)

Moins de deux décennies après sa création, PrintOClock, le spécialiste toulousain du web to print, a inauguré son nouveau siège social au centre de gros Larrieu, à Toulouse. Ce bâtiment de 7 000 m², issu d’un investissement de près de 5 M€, marque bien plus qu’un simple déménagement. Il incarne une étape stratégique pour accompagner la croissance et le changement d’échelle de l’entreprise.

« À 18 ans, nous sommes devenus un acteur majeur de notre secteur, bien au-delà du seul métier d’imprimeur en ligne. Cette étape marque notre volonté de préparer résolument l’avenir », a déclaré Antoine Roux, président et fondateur de PrintOClock, lors de l’inauguration le 24 septembre 2026. « Il ne s’agit pas d’une opération immobilière classique, mais d’un jalon essentiel pour construire le futur de notre groupe. »

La cérémonie a réuni plusieurs élus, parmi lesquels Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, ainsi que des représentants du monde économique et syndical, dont Thomas Fantini, président du Medef 31.

Plus de 23 M€ de CA en 2026

Installé dans la première zone d’activités toulousaine, créée en 1970, ce QG flambant neuf regroupe désormais le siège social, les équipes marketing, tech et fonctions support. Une partie de l’espace est dédiée au grand format : tissus imprimés, bâches, affiches, panneaux publicitaires... L’ancien site historique, situé à seulement 400 mètres, conserve quant à lui l’activité d’impression papier.

Ce changement d’infrastructure reflète surtout l’évolution du métier de PrintOClock. Aujourd’hui premier acteur indépendant du web to print en France et leader sur le marché de l’impression pour les professionnels, la société ne se limite plus aux imprimés commandés en ligne. Elle propose désormais des supports papier et textiles personnalisables, des objets publicitaires, et depuis 2023, l’impression de livres. Flyers, brochures, bâches, stands, objets promotionnels ou fabrications spécifiques : son atelier intégré permet une large gamme de productions, avec des possibilités de personnalisation étendues, conçues pour répondre aux besoins des TPE et PME de secteurs variés, comme les arts graphiques, la culture, la restauration ou le bien-être.

Dans un secteur en déclin structurel - le marché français de l’imprimerie a perdu 38 % de sa valeur depuis 2010 -, PrintOClock affiche une trajectoire inverse. Son chiffre d’affaires a presque doublé depuis 2019, passant de 12,5 M€ à plus de 23 M€ en 2026, soit une progression de 15 % sur un an, avec plus de 300 000 commandes réalisées chaque année et quelque 200 nouveaux clients inscrits chaque jour. Cette croissance s’accompagne d’un effort industriel conséquent avec 2 M€ investis en dix mois « pour moderniser les équipements, doubler la capacité d’impression papier, et lancer de nouveaux segments, comme le textile et les structures pour stands ». Un programme soutenu par la Région Occitanie via le fonds européen Feder, à hauteur de 10 % de l’investissement productif.

Maingauche, première pierre de la croissance externe

En avril 2026, PrintOclock a racheté à la barre du tribunal de commerce le montpelliérain Maingauche, spécialisé dans le marquage textile personnalisable. (©Gazette du Midi)

Cet investissement immobilier s’inscrit pleinement dans la stratégie de PrintOClock, qui entend devenir un groupe industriel capable de répondre à un nombre croissant de besoins clients, du support imprimé au textile, en passant par l’objet publicitaire et le merchandising. Il fait suite à une première opération de croissance externe réalisée en avril dernier, avec le rachat de Maingauche, société montpelliéraine spécialisée dans le marquage textile personnalisable.

Fondée en 2008 et dirigée par Alexandre Kosmala, cette PME, basée à Saint-Jean-de-Védas, compte parmi ses clients Ikea, Mama Shelter, le Montpellier Hérault Rugby, Laurent-Perrier ou Porsche. Cette acquisition complète le savoir-faire historique de PrintOClock. Les deux sites conserveront leur identité et leurs canaux de distribution, avec des synergies pour les ventes croisées. Les équipes IT de PrintOClock apporteront aussi leur expertise e-commerce au site main-gauche.com. « Notre ambition est de faire du meilleur atelier de broderie et de sérigraphie en France le leader français du textile et de l’objet personnalisable premium, grâce à la force technologique, industrielle et marketing de PrintOClock », déclarait Antoine Roux lors du rapprochement.

Pour l’heure, la priorité reste l’intégration de sa nouvelle filiale. D’autres acquisitions pourraient suivre, mais sans précipitation a insisté le dirigeant. À noter que cette montée en puissance s’accompagne d’un renforcement de l’équipe dirigeante. Ancien directeur des ventes internationales de Solo Group, Philippe Noguès a en effet rejoint PrintOClock en juillet. L’intéressé prend la direction générale de Maingauche et de l’unité de production toulousaine. Son expertise dans l’impression et le textile BtoB doit contribuer à structurer cette nouvelle phase de développement.

Objectif 2030 : devenir une ETI

Les ambitions de PrintOClock ne sont pas qu’industrielles, elles sont aussi financières. L’entreprise vise plus de 40 M€ de chiffre d’affaires en 2030, hors activité de Maingauche. Autrement dit, le groupe veut doubler de taille en cinq ans, sans compter la croissance apportée par sa filiale. À terme, avec de nouvelles opérations de croissance externe, l’objectif est de dépasser les 50 M€ et d’accéder au statut d’entreprise de taille intermédiaire :

Notre mutation en ETI de référence passera d’abord par une croissance organique, en accélérant sur nos marchés. Elle inclura aussi, dans les années à venir, de nouvelles opérations de croissance externe pour compléter nos expertises, diversifier nos produits et développer notre maillage territorial. »

Le Toulousain prévoit par ailleurs de poursuivre ses investissements industriels dès 2027, avec la modernisation de la sérigraphie, l’installation d’un nouveau module de brochage, ainsi que le développement de la sublimation et de l’impression UV. L’automatisation et la robotisation de certaines lignes du site sont également au programme.

Ces investissements doivent aussi permettre à l’entreprise de mieux maîtriser ses consommations énergétiques, devenues un enjeu stratégique dans un contexte marqué par la volatilité des prix de l’électricité et du gaz, les tensions sur les carburants et le durcissement des réglementations. Sur son site toulousain, PrintOClock étudie d’ailleurs l’installation de panneaux photovoltaïques.

À l’international, la PME entend là encore avancer sans brûler les étapes. Déjà présente à l’étranger, notamment avec un site en Espagne, elle souhaite d’abord consolider sa position en France. D’autant que, dans un secteur fragmenté où le transport de colis lourds favorise les implantations locales, la constitution d’un maillage national reste prioritaire.

L’IA, nouvelle machine de croissance

Ces dix derniers mois, le Toulousain a investi plus de 2 M€ dans de nouveaux équipements. (©Gazette du Midi)

Pour assurer sa croissance, l’entreprise mise également sur l’intelligence artificielle, perçue comme une rupture comparable à celle du web. PrintOClock a développé en interne une IA baptisée « Mona », qui intervient à deux niveaux : en amont, où elle croise des centaines de milliers de données pour alimenter la réflexion stratégique et, en aval, où elle fluidifie la communication entre services et accélère les tâches. Grâce à ces outils, la vitesse de développement informatique a déjà été multipliée par trois ou quatre. « L’objectif est d’atteindre un facteur 10 d’ici la fin de l’année, notamment pour moderniser le site marchand et déployer de nouvelles fonctionnalités », a indiqué Antoine Roux avant d’insister sur la nécessité de « maîtriser la bête ».

« C’est une Ferrari. Il faut se l’approprier pour permettre à nos entreprises de gagner en compétences et compétitivité », a-t-il alerté. La feuille de route du groupe prévoit d’ailleurs des investissements massifs pour intégrer l’IA dans ses processus : gestion du catalogue, marketing, création graphique et personnalisation des produits.

Derrière la technologie, Antoine Roux porte un plaidoyer plus large pour la souveraineté technologique et économique. « Nous avons raté le train du digital, on utilise tous les services américains et on en dépend. Ne ratons pas le train de l’IA. » Pour lui, l’enjeu dépasse la productivité. L’intelligence artificielle doit soutenir la robotisation, la réindustrialisation et la création de richesse en France et en Europe, « à condition de placer l’humain au centre ».

Des recrutements à venir

Cette accélération se traduit aussi dans les effectifs. PrintOClock compte désormais 164 collaborateurs, dont 90 à Toulouse. Les femmes représentent 55 % des effectifs, et l’âge moyen est de 34 ans. Une dizaine de postes sont actuellement ouverts, notamment dans les services généraux, la gestion immobilière, le service client, la comptabilité et la production industrielle.

Dans ses locaux flambant neufs de Larrieu, PrintOClock dispose désormais d’un nouvel espace à la mesure de ses ambitions. Quelque 4 000 m² restent encore disponibles pour accueillir les prochaines étapes de son développement.