La Côte & l’Arête accélère à l’échelle nationale et cède son établissement historique à Toulouse
Restauration. Une page se tourne au 25 boulevard de Strasbourg. Le restaurant historique de La Côte & l’Arête change de mains, illustrant à la fois la stratégie d’expansion nationale de l’enseigne toulousaine voulue par ses fondateurs et l’arrivée en force d’un nouveau concept italien dans la Ville rose.
C’est une annonce qui a surpris. La Côte & l’Arête, l’enseigne de restauration fondée à Toulouse en 2009 par les frères Benoît et Ivan Chambon, se sépare de son établissement phare du centre-ville, situé 25 boulevard de Strasbourg. La disparition de cette adresse emblématique du paysage toulousain ne s’inscrit pas dans un contexte de repli, mais relève au contraire d’un choix stratégique assumé, destiné à accompagner une nouvelle phase d’accélération nationale, expliquent les deux entrepreneurs dans un communiqué daté du 13 janvier dernier.
Le site ne restera toutefois pas vacant bien longtemps. Il est en effet repris par le groupe Gruppomimo, jeune acteur de la restauration italienne fondé à Boulogne (92) en 2021 par Édouard Hausseguy, Benoît Bossu – ancien directeur des restaurants Gemini – et le chef sicilien Pietro Rabboni. Le trio développe depuis quatre ans un concept inspiré de la gastronomie italienne contemporaine, articulé autour « d’une carte accessible et conviviale », qu’il déploie désormais en franchise.
Un repositionnement stratégique
Même trajectoire de croissance maîtrisée pour La Côte & l’Arête. En 2025, le groupe a franchi un nouveau cap avec 47,3 M€ de chiffre d’affaires, en hausse de 17 % sur un an, porté par de nouvelles ouvertures et par la bonne dynamique commerciale de ses établissements existants. Sur l’année, plus de 1,5 million de clients ont été accueillis dans les restaurants de l’enseigne.
Dans ce contexte, la cession du site historique du centre-ville de Toulouse s’inscrit comme un repositionnement réfléchi. Conçu à l’origine pour renforcer la visibilité de l’enseigne dans son fief natal, l’établissement a pleinement rempli sa mission. Le groupe préfère désormais concentrer ses ressources sur le développement national. « Cette décision n’est pas un retrait, c’est un choix stratégique. Nous voulons concentrer nos moyens sur les ouvertures clés pour faire grandir la marque sans jamais compromettre la qualité de l’expérience », détaillent Ivan et Benoît Chambon.
Pour Gruppomimo, l’arrivée dans la Ville rose marque une nouvelle étape dans son déploiement. Après des ouvertures à Paris et en Île-de-France, notamment à Saint-Ouen et Neuilly, le groupe s’est également implanté en régions, avec des restaurants à Nice, Rennes et Bordeaux. Toulouse devient ainsi la dernière ville en date à accueillir l’enseigne, qui compte désormais une douzaine d’établissements sur le territoire.
Pour autant une question demeure : cette expansion se fera-t-elle au détriment de la Ville rose pour La Côte & l’Arête ? Pas du tout. L’implantation de l’enseigne dans la métropole reste solide. Cinq restaurants continuent d’ailleurs d’accueillir les clients à Blagnac, Labège, Aucamville, L’Union et Plaisance-du-Touch, tous sur le même concept. Toulouse demeure surtout le cœur stratégique du groupe : les fondateurs viennent en effet de renforcer leur implantation avec la construction de nouveaux locaux pour le siège social, un investissement de 4 M€ dont l’ouverture est prévue en 2026.
Objectif ? 50 établissements d’ici 2030
Ce futur « hub » rassemblera notamment les installations de La Pyrénéenne de Viandes, la filière d’approvisionnement intégrée du groupe (rachetée en mars 2025), une cuisine test, une logistique renforcée ainsi que de nouveaux bureaux destinés à accompagner la structuration et la croissance rapide de l’enseigne. Un outil clé pour préserver ce qui fait l’ADN de La Côte & l’Arête : « la maîtrise totale de la chaîne, du producteur à l’assiette ».
Après 16 ans de développement, La Côte & l’Arête compte aujourd’hui 22 restaurants en France et vise 50 établissements d’ici 2030. Dès le premier semestre 2026, le groupe prévoit de nouvelles ouvertures à Rennes (mars) et Orléans (avril). Cette expansion s’inscrit dans un marché de la restauration en pleine recomposition, où la restauration traditionnelle reste sous pression : selon le dernier baromètre du cabinet Altares, les défaillances d’entreprises dans ce secteur ont progressé de 9 % au troisième trimestre 2025 (816 cas), notamment face à la concurrence des enseignes de restauration rapide.
Pour rester compétitifs malgré ce contexte difficile, les frères Chambon privilégient toutefois une croissance raisonnée et fondée sur la qualité durable : la cuisine maison, le 100 % frais, et la convivialité si chère au Sud-Ouest. Une recette sur laquelle le groupe toulousain a bâti son succès et espère bien capitaliser.