Candidature ouverte pour devenir lauréate du concours « 101 femmes entrepreneures »
Concours. Toujours organisée par Bpifrance, cette 3ᵉ édition du concours reprend les principes qui ont fait son succès : mettre en lumière 101 femmes entrepreneures à travers la France - une par département - et valoriser l’ensemble des dispositifs d’accompagnement qui maillent le territoire. L’enjeu est clair : encourager davantage de femmes à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.
Près de 8 millions de Françaises ont aujourd’hui un lien avec l’entrepreneuriat, et 3 sur 10 sont déjà engagées dans une dynamique entrepreneuriale en 2025, contre seulement 2 sur 10 en 2018. Une progression nette, portée notamment par les plus jeunes : avant 30 ans, leur ambition égale, voire dépasse, celle des hommes.
Mais cette dynamique peine à s’inscrire dans la durée. Avec le temps, les contraintes du quotidien reprennent le dessus : charge mentale, inquiétudes financières, équilibre vie professionnelle-vie personnelle. Autant de freins qui finissent par ralentir le passage à l’acte. Résultat, malgré ce vivier en expansion, l’entrepreneuriat féminin plafonne toujours autour de 30 % des créations d’entreprises en France.
Un potentiel « considérable » mais sous-exploité
Un paradoxe qui n’échappe pas aux pouvoirs publics. Car derrière cette stagnation se cache un potentiel encore largement sous-exploité. Les freins sont connus et persistants : peur de l’échec, qui concerne désormais une femme sur trois, complexité administrative, contexte économique incertain. Dans ce climat, la dynamique s’essouffle même : la part de femmes prêtes à franchir le pas recule, passant de 27 % en 2024 à 21 % en 2025.
C’est précisément pour enrayer ce décrochage que le gouvernement entend passer à la vitesse supérieure. Le 30 mars, la ministre Aurore Bergé et le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, ont ainsi lancé la troisième édition du concours « 101 femmes entrepreneures », un dispositif pensé pour transformer l’envie d’entreprendre en projets concrets.
« Ce concours a vocation à faire émerger des projets structurants, à renforcer les parcours entrepreneuriaux des lauréates et à inscrire durablement l’égalité professionnelle et économique au cœur de l’action publique. L’entrepreneuriat des femmes constitue un enjeu à la fois économique, social et territorial », a ainsi déclaré Aurore Bergé dans un communiqué commun du gouvernement et de la banque publique d’investissement daté du 30 mars dernier. Et d’insister :
Il participe à la création d’emplois et à la vitalité des territoires, tout en contribuant à la réduction des inégalités professionnelles. »
De nombreux partenaires publics et privés
Le principe est simple : une lauréate par département. Soit 101 femmes sélectionnées sur l’ensemble du territoire, toutes au début de leur aventure entrepreneuriale (porteuses de projet, créatrices ou repreneuses d’entreprise depuis moins de trois ans). Objectif affiché ? Créer des rôles modèles et rendre visibles les dispositifs d’accompagnement existants.
Le concours s’appuie sur un large écosystème : le collectif Cap Créa [1], les réseaux consulaires, France Travail, sans oublier le soutien des Caisses d’Épargne et de BNP Paribas. Une mécanique bien rodée, héritée d’un accord-cadre lancé dès 2012 pour structurer l’entrepreneuriat féminin en France.
À la clé : une mise en lumière nationale, mais aussi des relais locaux puissants. Parmi les lauréates, 18 « coups de cœur » régionaux bénéficieront d’une visibilité renforcée. Pour Nicolas Dufourcq, l’enjeu dépasse largement le symbole : « On ne peut se satisfaire d’avoir une proportion de dirigeantes aussi faible, notamment dans les PME et grandes entreprises. La diversité en général et l’entrepreneuriat des femmes en particulier représentent une source inestimable de progrès et de compétitivité. […] Leur succès est notre succès, et leur vision est notre avenir. »
Créer, mais surtout durer
Au-delà de la vitrine, le concours impose une condition clé. Chaque candidate devra en effet être accompagnée par une structure d’appui à la création ou reprise d’entreprise. Une manière de sécuriser les parcours dans un contexte encore fragile. Car l’enjeu n’est plus seulement de susciter des vocations, mais bien « de bâtir des trajectoires solides et durables ».
Lauréate en 2025, Delphine Morandet en témoigne : « Il existe mille et une manières d’être entrepreneure. » À la tête de l’agence à impact dijonnaise Possible, spécialisée dans le conseil aux entreprises avec une approche globale de la responsabilité sociétale (RSE), elle met en avant les retombées très concrètes du dispositif : « Maman solo de deux garçons, je suis fière d’avoir été lauréate au sein d’un collectif de femmes et de partenaires ultra inspirants qui m’a fait gagner en motivation, en temps et en énergie. »
Preuve que derrière les chiffres, c’est bien une dynamique collective qui se joue. Et peut-être, enfin, le début d’un changement d’échelle. Pour participer au concours "101 Femmes Entrepreneures" et représenter votre département, cliquez-ici. Vous avez jusqu’au 10 mai prochain.
À noter qu’en 2025, en Haute-Garonne, la lauréate était Roxelane Cakir. Docteure en écologie fonctionnelle et écohydrologie, elle a fondé Hetwa, une deeptech qui accompagne collectivités, acteurs publics et privés dans la compréhension et la modélisation des ressources en eau. L’entreprise fournit en France et à l’international des services scientifiques et techniques pour répondre aux enjeux environnementaux et à la gestion des risques.
[1] Cap Créa est un collectif regroupant 25 acteurs engagés en faveur de la création et la reprise d’entreprise, partenaires de Bpifrance. Ses membres accompagnent les entrepreneurs dans toutes leurs diversités et sur tous les territoires, selon leur profil, leurs besoins ou la phase de vie de leur parcours et de leur entreprise.