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Biomédicaments : à Toulouse, Sandoz renforce sa capacité industrielle avec 150 M€ supplémentaires

Attractivité. À l’heure où la France déroule le tapis rouge aux investisseurs étrangers lors du sommet Choose France 2026, l’Occitanie engrange une nouvelle victoire. Sandoz va investir 150 M€ supplémentaires d’ici à 2034 dans son usine toulousaine de biosimilaires pour en accroître les capacités de production, confirmant le rôle stratégique du site au sein du réseau européen du groupe suisse.

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Cet investissement doit permettre au groupe suisse de renforcer ses capacités de production en propre et ainsi confirmer la position de Toulouse comme centre clé de biosimilaires. (©Sandoz)

L’Occitanie continue de capter une part croissante des capitaux étrangers. Quelques heures avant l’ouverture de la 9e édition du Sommet Choose France, organisée lundi 1er juin à Versailles, le géant pharmaceutique suisse Sandoz (11,1 Md$ de CA net) a annoncé un investissement supplémentaire de 150 M€ d’ici 2034 pour développer son site toulousain dédié aux médicaments biosimilaires. Une annonce qui porte à 550 M€ le montant total des investissements prévus par le groupe en France depuis décembre 2025 et qui vient confirmer la montée en puissance de la Ville rose dans les industries de santé.

Le calendrier n’a rien d’anodin. Chaque année, Choose France rassemble, autour du président de la République et de décideurs publics, les plus grands investisseurs internationaux afin de mettre en lumière les atouts et les opportunités de l’économie française. Plus de 200 dirigeants venus d’une cinquantaine de pays ont participé à cette édition 2026, placée sous le signe de l’intelligence artificielle, des infrastructures numériques, de l’énergie décarbonée, du spatial ou encore des technologies stratégiques liées à la souveraineté européenne.

L’Occitanie confirme son attractivité

L’édition 2025 avait marqué les esprits. Qualifiée de « millésime record », elle s’était soldée par plus de 40 Md€ d’investissements annoncés, répartis sur 53 projets, avec à la clé près de 13 000 emplois directs et indirects attendus. L’Occitanie avait largement profité de cette dynamique puisque cinq projets représentant plus de 15 Md€ d’investissements concernaient la région.

Parmi eux figurait notamment l’estonien Skeleton Technologies, spécialiste européen du stockage d’énergie, qui a choisi Toulouse pour installer son centre de recherche et développement consacré aux batteries de nouvelle génération. Le groupe prévoit également la construction d’une usine en Occitanie et annonce un programme de 600 M€ d’investissements sur cinq ans, accompagné de 300 créations d’emplois.

Le groupe agroalimentaire américain Mars Incorporated, propriétaire de la marque française Royal Canin, leader européen des aliments secs nutritionnels pour chiens et chats distribués en circuits spécialisés, avait lui aussi officialisé un investissement de 130 M€ dans ses sites de production français, dont une enveloppe de 48 M€ consacrée aux usines d’Aimargues, dans le Gard, et de Cambrai, dans le Nord.

Avec l’annonce de Sandoz, le territoire confirme donc sa capacité à attirer des acteurs internationaux dans des secteurs à forte valeur ajoutée, bien au-delà de ses bastions historiques que sont l’aéronautique et le spatial.

Toulouse, future place forte des biosimilaires ?

Le nouvel investissement de Sandoz vise à renforcer les capacités de Sandoz Biologics France, son site implanté à proximité immédiate de l’Oncopole, établissement de référence en cancérologie et pilier du pôle santé régional.

Cette usine - rachetée à la biotech allemande Evotec - est spécialisée dans le développement et la fabrication de médicaments biosimilaires. Ces derniers sont des médicaments biologiques développés à partir d’organismes vivants (cellules, bactéries ou levures) et conçus pour être équivalents à un médicament biologique de référence dont le brevet est arrivé à expiration.

Installé sur 15 000 m², la plateforme est aujourd’hui en phase de montée en puissance industrielle. L’investissement confirmé doit permettre d’augmenter les capacités des lignes existantes et d’en ajouter une nouvelle afin d’accompagner la croissance du portefeuille de biosimilaires du mastodonte pharmaceutique rhénan.

Un site stratégique

Au-delà de la seule implantation toulousaine, l’opération illustre l’importance croissante de l’Hexagone dans la feuille de route industrielle du laboratoire suisse comme le confirme Gilbert Ghostine, président du conseil d’administration du groupe :

La France joue un rôle de plus en plus important dans la stratégie Sandoz pour construire une plateforme de biosimilaires intégrée et leader en Europe. Les médicaments biosimilaires sont un moteur de croissance clé pour notre entreprise et un levier critique pour améliorer la soutenabilité des systèmes de santé et permettre l’accès aux patients. »

Le site toulousain constitue désormais un maillon essentiel du réseau européen du suisse. Il s’appuie sur « une technologie de fabrication continue entièrement automatisée et à haut débit », dont Sandoz détient désormais une licence illimitée. Véritable levier de compétitivité, cette plateforme de dernière génération doit lui permettre de conjuguer « performance industrielle, flexibilité opérationnelle et montée en capacité ».

Un marché mondial de 320 Md$ en ligne de mire

Cette montée en puissance répond à une opportunité de marché considérable. Selon Sandoz, près de 320 Md$ de médicaments biologiques verront leurs brevets expirer au cours de la prochaine décennie, ouvrant la voie à l’arrivée de nouveaux biosimilaires. Le groupe dispose actuellement d’un « pipeline pouvant atteindre 32 molécules en développement » et entend renforcer ses capacités de production pour accompagner cette croissance.

« Sandoz Biologics France est un atout industriel unique et l’un des sites pionniers en Europe intégrant le développement et la fabrication avec une plateforme avancée de fabrication continue de bout en bout. Avec cet investissement, nous renforçons notre présence en France et augmentons la capacité du site de Toulouse pour soutenir la croissance des biosimilaires », s’est félicité de son côté Johan Joguet, président de Sandoz France.