Satys Coatings renoue avec la croissance et vise 50 M€ de chiffre d’affaires en 2030
Aéronautique. L’entreprise toulousaine poursuit la réorganisation de ses activités autour du traitement de surface. Elle vient de céder sa participation de 50 % dans Expiris à son partenaire Gaches Chimie afin de concentrer ses moyens sur son cœur de métier. Objectif : réaliser 9 M€ d’investissements d’ici à 2030 pour accélérer son développement et renforcer son outil industriel.
Portée par la forte reprise du secteur aérien au niveau mondial, le groupe toulousain Satys parachève le recentrage de ses activités autour de la peinture d’avion et du traitement de surface engagé depuis 2020. Il vient en effet de céder ses parts dans une coentreprise détenue à parts égales avec le toulousain Gaches Chimie, fournisseur de solutions et produits chimiques.
En début d’année, Satys annonçait en effet vouloir se concentrer sur six marchés : l’aviation commerciale, l’aviation régionale, l’aviation d’affaires, les hélicoptères, la défense et la repeinture d’aéronefs à travers ses deux fleurons Satys Aerospace et Satys Coatings.
La première est un des leaders mondiaux de la peinture et de l’étanchéité des aéronefs qui a fêté ses 40 ans en juin 2026. La société exploite une soixantaine de hangars de peinture dans une douzaine de pays et prévoit d’en ouvrir une dizaine supplémentaire d’ici la fin de la décennie. L’entreprise, qui a pour principaux clients Airbus, Dassault, Embraer et ATR ainsi que des compagnies aériennes et des centres de maintenance, emploie 2 300 personnes et table sur une chiffre d’affaires de près de 224 M€ en 2026. Elle vise les 300 M€ en 2030.
Satys Coatings est, elle, spécialisée dans le traitement de surface des pièces aéronautiques et opère quatre sites de production : Marseille, Toulouse, Dugny (Seine-Saint-Denis), et Gyula (Hongrie). Satys Coatings a également développé à Marignane, avec Gaches Chimie, une société d’ingénierie nommée Expiris. Bureau d’étude spécialisé reconnu pour son savoir-faire dans les domaines du traitement de surface, de la peinture industrielle, de la lubrification et de la qualification de produits et procédés, elle a vu son volume d’affaires doubler en 10 ans. C’est de cette activité dont vient de se défaire Satys Coatings en cédant à son partenaire sa participation de 50 %.
34 M€ de CA en neuf mois
Pour Christophe Cador, président de Satys Coatings, cette cession ne signifie pas la fin des relations entre les deux entreprises. « Je suis très attaché à l’équipe Expiris avec qui nous continuerons d’avoir des coopérations techniques », souligne-t-il. Le dirigeant se dit convaincu qu’Expiris pourra accélérer son développement au sein de Gaches Chimie.
Cette décision répond surtout à une logique industrielle, Satys Coatings préférant concentrer ses moyens sur son cœur de métier, le traitement de surface, une activité « qui demande de lourds investissements pour l’avenir ». Une stratégie qui porte ses fruits puisque l’entreprise renoue avec la croissance. « Après de nombreuses années de pertes et de difficultés,, notre EBITDA et notre résultat net sont positifs en 2026 », indique Thierry Cotelle, son directeur général. De fait, au 30 septembre, Satys Coatings, qui emploie 300 collaborateurs, affichait un chiffre d’affaires de 34 M€, en hausse de 8 % par rapport à 2025, avec une nette accélération de l’activité depuis mars.
9 M€ d’investissements d’ici à 2030
Satys Coatings veut désormais transformer cette reprise en croissance durable. Son objectif : atteindre 50 M€ de chiffre d’affaires en 2030, à périmètre constant. Pour y parvenir, l’entreprise prévoit 9 M€ d’investissements sur la période 2026-2030. Le programme doit notamment permettre d’améliorer les performances industrielles et de réduire significativement les délais de traitement des pièces de ses clients. Le groupe envisage également des opérations de croissance externe et de nouvelles implantations à proximité de ses donneurs d’ordre.
Les travaux de maintenance et d’amélioration menés dernièrement par le groupe sur ses différents sites dont notamment l’importante rénovation dont a bénéficié celui de Marseille, s’inscrivent dans cette logique. L’enjeu est de répondre aux besoins d’une filière aéronautique en croissance tout en renforçant la compétitivité de l’outil industriel.