Informations régionales économiques et juridiques
140e année

Solvéo part en conquête

Énergie. Grâce à une levée de fonds de 30 M€, le groupe Solvéo, développeur et producteur indépendant d’énergies renouvelables, souhaite étendre son marché à l’étranger et intensifier sa croissance verte avec un pipeline de projets de 450 mégawatts d’ici 2025.

Le groupe Solvéo, développeur et producteur indépendant d’énergies renouvelables, basé à Fenouillet, vient de boucler sa première levée de fonds. Ce tour de table de 30 M€ finalisé auprès de Siloé Infrastructures et de Midi Energy, géré par la filiale du groupe Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées, Midi 2i, entend notamment renforcer le positionnement des activités du groupe et notamment de Solvéo Énergoie.

Jean-Marc Mateos, président de Solveo. DR

« L’entrée au capital de ces acteurs nous permettra de consolider notre développement à l’échelle mondiale, de conserver tous nos projets et d’aller chercher plus de partenaires  », détaille Jean-Marc Mateos, président de Solvéo, qui a repris les rênes de l’entreprise familiale en 1998. Cette opération vise également à sécuriser l’injection des fonds propres nécessaires à la réalisation d’un pipeline ambitieux de projets éoliens et solaires, au service de la transition énergétique, son pipeline s’élevant pour l’heure à plus de 1gigawatt. « Ce pipeline est le fruit d’un développement en interne mené depuis de longues années par les équipes d’experts de Solvéo. » Objectif à l’horizon 2025 : mettre en service entre 400 et 450 mégawatts.

« Aujourd’hui, nous avons un portefeuille de projets à différents stades de maturité que ce soit dans l’éolien ou le photovoltaïque. Cette levée de fonds va principalement servir à financer le développement de l’éolien qui prend plus de temps, souligne Jean-Marc Mateos. À côté, les autres métiers consacrés au photovoltaïque (rénovation, toiture, etc.) sont certes plus courts mais demandent également plus de moyens notamment avant l’obtention des autorisations. »


Pour l’heure, l’énergie issue de l’éolien représente 60 % de son parc. Le groupe, ayant obtenu les certifications Iso 9001 et Iso 14001, ainsi que le label RSE d’EcoVadis, a déployé plus de 200 centrales photovoltaïques et essentiellement des grandes toitures et des projets au sol qui génèrent 70 mégawatts dans l’Hexagone. D’ailleurs, deux centrales agrivoltaïques (parc d’ombrières) qui représentent au total 13 mégawatts, s’apprêtent à voir le jour au sud de Toulouse à Seysses, afin d’abriter l’une des seules productions de Ginseng en Europe. De fait, Solveo entend bien se positionner davantage sur l’agriculture, d’autant que l’Occitanie décroche la 2e place du podium des régions agricoles françaises. 

À l’assaut de l’international

Le groupe qui s’est implanté sur le territoire occitan depuis 2008, a fait le choix depuis plus d’une décennie de répondre aux enjeux climatiques et énergétiques en impliquant davantage les acteurs locaux. Une stratégie qu’il affiche d’autant plus en 2021. « Les collectivités locales gagnent en compétences sur ce sujet depuis deux ans et veulent devenir un acteur majeur de la transition énergétique. L’idée est de les intégrer dans le développement des projets et ainsi d’augmenter par conséquent le niveau d’acceptabilité des citoyens sur certains projets de centrales au sol ou éoliens », détaille le président. D’autres acteurs sont également associés tels que les syndicats d’énergie, les associations citoyennes, et les fonds régionaux (Arec). Enfin, Solvéo a également fait l’aquisition, auprès du groupe Eiffage, de 50 hectares de sols pollués en région pour y implanter une nouvelle centrale photovoltaïque. 
Outre l’ambition d’élargir son parc d’énergies renouvelables, le groupe souhaite également propulser ses activités Solveo Energie sur la scène française mais aussi à l’international, autre axe essentiel de sa feuille de route. Des projets sont actuellement en cours notamment en Espagne où la concurrence est plus accrue, en Afrique de l’Ouest – dont un parc de 54 mégawatts – au Cameroun et dans les pays de l’Europe de l’Est, où l’entreprise souhaite reprendre des parts de marché. Malgré la crise, le groupe entend étendre son cœur de cible et gonfler ses équipes tant du côté de l’activité historique, Mateos Électricité – qui conçoit et assure la maintenance de solutions de gestion de l’énergie dans les domaines de l’industrie et du bâtiment –, que Solveo Énergie. «  L’an dernier, nous avons recruté 30 collaborateurs pour porter les équipes à 230 personnes. Nous allons poursuivre avec 30 recrutements supplémentaires d’ici 2022, dont un directeur international  », explique le dirigeant. Son objectif est ainsi de continuer à internaliser les savoir-faire, du développement à l’exploitation en passant par l’ingénierie financière, la construction, et demain le démantèlement. 
Le groupe, qui a généré un chiffre d’affaires consolidé de 40 M€ en 2020, espère stabiliser sa croissance en 2021, « avec une année cependant marquée par un léger ralentissement de l’activité de Mateos Électricité ». Solvéo, qui regroupe au total sept agences en France (Paris, Nantes , Bordeaux, Lyon, Avignon, Nice et le siège aux portes de Toulouse), vise également le stockage et l’hydrogène. Des diversifications qui pourraient bien faire partie de ses axes stratégiques d’ici les cinq prochaines années. 

Jennifer Legeron