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141e année

Stradot révolutionne la gestion des parkings

Innovation. Basée à Labège, la start-up Stradot a remporté le prix de la mobilité intelligente et durable dans le cadre du 41e concours régional Les Inn’Ovations en février dernier.

Stradot développe des robots autonomes enjambeurs. DR

Réduire la pollution générée par la voiture dans les centres-villes, de plus en plus d’agglomérations y songent, qui planchent sur la mise en place d’une zone à faible émission (ZFE). Pour y parvenir, une des solutions est de créer en périphérie des parcs relais, mais la pression foncière y est telle que la création de nouveaux parkings demande des investissements de plus en plus lourds. C’est en partie pour répondre à cette problématique qu’est née Stradot. La start-up basée à Labège développe une solution robotisée de gestion des parcs automobiles qui permet d’optimiser l’espace et ce faisant d’en diminuer l’impact environnemental et financier. Une solution qui lui a valu de remporter début février le prix de la mobilité intelligente et durable dans le cadre du 41e concours régional Les Inn’Ovations.

La société a été créée par José Iriarte, un ingénieur du domaine spatial d’origine argentine, installé à Toulouse depuis quelques années. Confronté de manière récurrente à des problèmes de parking sur le territoire du Sicoval, il a fini par se pencher sur la question. Les solutions existantes se révélant peu pertinentes, il imagine alors avec d’autres collègues ingénieurs qui l’ont rejoint dans l’aventure, « un robot autonome enjambeur ». Doté de capteurs, il est capable de lever à deux mètres de hauteur un véhicule pesant jusqu’à trois tonnes, de se déplacer entre les voitures sans les heurter et d’identifier le modèle qu’il transporte pour lui trouver l’emplacement adapté à son volume. Rapide, il peut gérer un flux élevé de véhicules aux heures de pointe.

Deux prototypes en phase de qualification

Pour y parvenir, Stradot utilise les technologies de positionnement centimétrique par satellite et des Lidars (senseur laser 3D). L’utilisation d’un nombre limité de ces robots permet d’améliorer le taux d’occupation du parking et ainsi de générer plus de profit de l’infrastructure existante. Créée en 2019, Stradot dispose aujourd’hui de « deux prototypes qui sont actuellement en phase de qualification », détaille José Iriarte. Avec ces robots enjambeurs autonomes, l’équipe vise différents marchés dont celui des collectivités. Sur le territoire du Sicoval « qui a été notre premier client », l’équipe a mené plusieurs études sur l’optimisation de parkings et la création de parcs relais. Sont également visées les autorités en charge des transports publics. « Pour ces dernières, le parking est un élément auxiliaire, qui prend cependant de plus en plus d’importance si l’on veut que les gens délaissent leur voiture pour prendre les transports en commun. C’est un marché très vaste ».

Pour Tisséo Collectivités, Stradot a conçu « un projet pilote que la collectivité est prête à financer si nous réussissons nos qualifications ». Un autre marché se développe en parallèle, celui de l’autopartage. « Les sociétés qui gèrent ce type de services ont besoin de surfaces de parking près des centres d’intérêt. Elles sont, elles aussi, confrontées à la problématique du coût de ces espaces ». L’autre marché que la jeune pousse entend également explorer est celui de la logistique automobile, « un secteur à très fort potentiel ». La start-up discute ainsi sur l’implémentation d’un robot pilote chez un des gros acteurs du secteur. Stradot vise la qualification de son système d’ici la fin de l’année, puis la création d’une ligne de production – qui nécessitera un triplement de sa surface d’atelier – en faisant appel à des fournisseurs en grande partie situés en Occitanie et ailleurs en Europe. « Nous avons décidé d’industrialiser nous-mêmes la production des robots », ajoute José Iriarte.

Un choix stratégique qui lui permet « de maîtriser beaucoup mieux la supply chain et le coût final du produit. Cela va nous permettre ainsi de produire à un prix très compétitif. Cela nous permet aussi d’améliorer le produit et d’intégrer ces innovations sur des cycles beaucoup plus courts. » Une première ligne d’assemblage devrait voir le jour d’ici l’année prochaine. Membre du cluster Robotics Place, soutenue par le Sicoval, Nubbo et l’Esa Bic Sud France, l’entreprise qui a lancé une quatrième levée de fonds, a bénéficié d’un PASS Export de la Région et d’une aide de Bpifrance. De quoi lui permettre de doubler la taille de son équipe de R & D, pour la porter à une vingtaine de personnes d’ici la fin de l’année. Pour faire fonctionner sa future ligne d’assemblage, elle prévoit également une quarantaine d’embauches.

Agnès Bergon