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Thales Alenia Space décroche un contrat à 3 Md€ pour la future constellation européenne Iris2

Spatial. Thales Alenia Space vient de franchir une étape décisive sur Iris², le programme européen de constellation satellitaire de connectivité sécurisée à 10,6 Md€ porté par le consortium SpaceRISE, qui réunit le français Eutelsat, le luxembourgeois SES et et l’espagnol Hispasat. Le groupe fournira les charges utiles gouvernementales pour 330 satellites, dans le cadre d’un contrat signé avec Eutelsat.

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L’annonce de ce contrat XXL a eu lieu pendant le Sommet international de l’espace, qui s’est tenu les 9 et 10 septembre 2026, au Grand Palais à Paris. Objectif de cet événement ? Réunir les principaux acteurs internationaux du secteur et favoriser des annonces majeures. Axé sur la coopération scientifique et le spatial civil, il intervient dans un contexte où les budgets se tournent davantage vers la défense. (©European Commission)

Dans la guerre spatiale que se livrent les États comme les grands groupes et autres multinationales, le Vieux continent mise beaucoup sur Iris² (pour : Infrastructure de résilience, d’interconnectivité et de sécurité par satellite). Ce programme spatial de télécommunications chiffré à 10,6 Md€ doit constituer le premier réseau d’astronefs multi-orbitaux en Europe. Opérée par le consortium SpaceRISE, qui réunit Eutelsat, SES et Hispasat, cette constellation sera constituée d’environ 350 satellites et devrait voir le jour en 2030.

Vers le premier réseau 5G spatial sécurisé et souverain

Le défi est énorme puisque ce projet vise à répondre aux besoins actuels de connectivité et de traitement de données découlant de la transition numérique, un enjeu stratégique également pour la France. Concrètement, ce programme doit offrir des services de communications sécurisées aux agences gouvernementales de protection civile, de gestion des urgences, de défense et sécurité, ainsi que des services commerciaux destinés au domaine du B2B. Globalement, il doit permettre l’émergence du premier réseau 5G spatial sécurisé et souverain.

À l’occasion de la première édition du Sommet international sur l’espace qui s’est déroulé les 9 et 10 septembre à Paris, une étape majeure dans la concrétisation d’Iris² vient d’être franchie. Et bonne nouvelle : Thales Alenia Space, grand donneur d’ordre implanté à Toulouse, devrait largement y contribuer et en bénéficier.

En effet, la co-entreprise détenue à 67 % par le français Thales et à 33 % par l’italien Leonardo, a signé un protocole d’accord portant sur la fourniture des charges utiles gouvernementales dédiées à 330 satellites de télécommunications Iris² en orbite terrestre basse, soit à 1 200 km d’altitude. À noter que la future constellation comprendra également 18 engins en orbite moyenne (8 000 km). Ces derniers communiqueront entre eux « via des liaisons optiques inter-satellitaires et utiliseront une approche multi-orbites. »

Un contrat conclu avec le francilien Eutelsat Group, troisième acteur mondial des satellites de télécommunications au 1,2 Md€ de chiffre d’affaires (exercice 2024-2025). Coté en bourse, il revendique la place de premier opérateur à combiner une flotte de satellites en orbite géostationnaire (GEO) et une constellation en orbite basse (LEO) de plus de 600 engins.

Un contrat de 3 Md€ à terme

Dans un communiqué daté du 10 septembre 2026, Thales Alenia Space (8 000 salariés dans le monde et plus de 2,3 Md€ de CA en 2025) révèle que cette commande représente à terme un contrat qui devrait dépasser les 3 Md€, avec une première tranche estimée à environ 500 M€.

Sortiront de ces usines toulousaines (2 400 collaborateurs) et cannoises les charges utiles, autrement dit l’ensemble des composants qui permettent au satellite de remplir sa mission, qui équiperont 66 premiers satellites de télécommunications connus sous le nom d’Iris² Layer One. Ils seront lancés à partir de 2029. À noter que c’est Airbus Defence and Space qui fournira les plateformes.

Pour la phase deux baptisée Iris² Layer Two, qui comprendra 264 engins, Thales Alenia Space sera responsable des charges utiles gouvernementales, tandis que le belge Aerospacelab, également présent à Toulouse, développera les structures de base. Le lancement de cette deuxième couche est prévu à partir de 2030.

Pour Hervé Derrey, PDG de Thales Alenia Space, ce contrat est une reconnaissance des savoir faire de très haut niveau de ses équipes. « Iris² incarnera le nec-plus-ultra en termes de constellations de satellites de télécommunications. » Et d’ajouter :

Notre entreprise capitalisera sur son expertise unique en constellations, charges utiles numériques, communications 5G et systèmes sécurisés pour mener à bien ce programme stratégique visant à renforcer l’autonomie spatiale ainsi que la souveraineté de l’Europe en matière de systèmes de télécommunications sécurisés. »

Plus globalement, au-delà de la connectivité, Iris² représentera l’épine dorsale pour d’autres infrastructures européennes d’observation de la Terre et de navigation par satellite, tout en servant de relais de transmission de données.

Cette annonce est d’autant plus importante pour Thales Alenia Space que ce dernier a traversé d’importantes turbulences en 2025. Une année en effet marquée par un effondrement du marché des satellites de télécommunications géostationnaires qui l’a conduit à mettre en place un plan d’adaptation qui s’est traduit sur le terrain par le redéploiement de plus d’un millier de postes et le non-remplacement des départs à la retraite