Thermes de Luchon : +2 % de curistes en 2025 quand la fréquentation nationale recule
Thermalisme. Fréquentation en hausse, offre élargie et gouvernance renouvelée : après 40 M€ d’investissements et une première année d’exploitation complète réussie, les Thermes de Luchon abordent 2026 avec de fortes ambitions, portées par la volonté de redonner à la station une dimension scientifique forte et une approche résolument préventive de la santé.
Après trois années de travaux et une montée en puissance progressive, les Thermes de Luchon entrent dans une nouvelle phase. L’année 2025, première année d’exploitation complète, a confirmé le pari engagé en 2022 par le groupe Arenadour : redonner à la station thermale luchonnaise ses lettres de noblesse et en faire à nouveau un moteur économique majeur pour le territoire.
Cette renaissance repose sur un chantier d’envergure, à la hauteur des ambitions affichées, à savoir la rénovation et l’agrandissement des espaces intérieurs pour un investissement global de 40 M€, porté conjointement par de nombreux acteurs publics et privés. L’État (2,875 M€), la Région Occitanie (2,875 M€), la Banque des Territoires (3,6 M€), l’Arac (5,4 M€), le Département de la Haute-Garonne (1,75 M€) et la commune de Luchon (1,25 M€) ont ainsi massivement contribué à ce projet structurant.
40 M€ investis, plus de deux ans de travaux
De son côté, la Société des Thermes de Luchon, désormais intégrée au groupe Arenadour, a investi 5 M€ supplémentaires pour le renouvellement des mobiliers, l’équipement des cabines et des postes de soins. L’objectif était clair : conjuguer l’héritage patrimonial des Thermes avec les exigences du thermalisme contemporain, tout en impulsant une dynamique nouvelle à ce haut lieu historique du thermalisme français.
Au-delà du bâti, c’est toute l’organisation des soins qui a été repensée. Le parcours de soins a été entièrement modernisé et automatisé, permettant aux équipes soignantes de se concentrer pleinement sur la prise en charge des curistes. Un choix stratégique qui se reflète aujourd’hui dans la qualité de l’expérience proposée.
Cette dynamique s’inscrit désormais dans le temps long. À moins d’un mois du lancement de la saison thermale 2026, prévu le lundi 2 mars, Maxime Vilgrain, président du groupe Arenadour, et Sandrine Tourillon, nouvelle directrice des Thermes, ont dressé le 5 février dernier un bilan solide et esquissé des perspectives ambitieuses.
Une fréquentation en progression et une offre enrichie
Premier indicateur tangible du renouveau : la fréquentation. En 2025, plus de 6 700 curistes conventionnés ont suivi une cure de trois semaines à Luchon, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024, là où la fréquentation nationale recule de 1,6 %. La répartition confirme l’ADN médical de la station, avec 56 % des curistes en rhumatologie, 16 % en voies respiratoires et 28 % en double orientation. Signe encourageant pour l’avenir, un curiste sur trois n’était pas venu l’année précédente.
« Cette première année pleine valide les choix opérés depuis la reprise. Luchon retrouve progressivement sa place dans le paysage thermal français », souligne Maxime Vilgrain. Au-delà des chiffres, 2025 a aussi été une année d’expérimentations et d’enrichissement de l’offre. « Une session de cures nocturnes, programmée en juillet, a permis à une trentaine de curistes de bénéficier de soins en soirée, ouvrant la voie à de nouveaux usages. Dans le même esprit, les ateliers complémentaires (activité physique, relaxation, éducation à la santé) ont rencontré un réel écho, avec 819 participants en individuel ou en collectif. »
Cette diversification se retrouve également dans les formats courts. La demande pour les offres non conventionnées progresse, comme en témoignent les journées découverte du thermalisme, en hausse de 7 %, avec 3 751 journées de soins commercialisées sur l’année.
Des équipements moteurs et une nouvelle gouvernance
Dans ce paysage profondément renouvelé, l’espace thermoludique « Ressources & Vous » joue pleinement son rôle de locomotive grand public. Ouvert 365 jours par an, il a enregistré 91 150 entrées en 2025. Les partenariats noués avec la Région Occitanie et la station de Luchon-Superbagnères ont renforcé cette attractivité, avec la commercialisation de 300 forfaits “train + balnéo” et 572 forfaits “ski + balnéo”. Le spa Sothys, ouvert fin 2024, complète cette offre élargie avec plus de 2 000 soins et modelages réalisés en 2025.
C’est dans ce contexte favorable qu’une nouvelle page s’ouvre sur le plan managérial. Début 2026, Sandrine Tourillon, 55 ans, a pris la direction des Thermes de Luchon. « Le thermalisme est un prolongement naturel de mon parcours. On y accompagne des publics parfois fragiles, dans une logique de prévention et de qualité de vie », explique l’intéressée qui a fait carrière dans le secteur du médico-social et du sanitaire.
Ses premières priorités s’inscrivent dans la continuité du travail engagé par sa prédécesseure : renforcer la qualité de l’accueil, adapter les horaires aux usages touristiques, notamment après-ski, et décloisonner les équipes afin de gagner en fluidité et en efficacité.
2026, année de consolidation et d’ambition
Sur le plan médical, la saison 2026 s’ouvrira avec la volonté « de retisser des liens étroits avec les acteurs de santé locaux ». Deux nouvelles sessions de cures du soir sont d’ores et déjà programmées en avril et juillet. En parallèle, plusieurs pistes structurantes sont à l’étude : création d’un programme dédié aux sportifs, développement d’études cliniques, travail spécifique sur les pathologies infantiles et, à moyen terme, obtention de l’agrément phlébologie.
« Il faut redonner à la station une dimension scientifique et préventive forte », affirme la directrice, avant de résumer l’enjeu : « Il faut que les Thermes de Luchon deviennent un réflexe pour les Toulousains. » Un objectif à la hauteur des investissements consentis et du rôle stratégique que jouent, plus que jamais, les Thermes de Luchon dans l’attractivité et l’économie du territoire.