Thomas Fantini prend les commandes du Medef 31 dans un contexte sous tension
Élection. Le fondateur et dirigeant de Maison Pergo, un groupe de restauration et de traiteurs toulousain aux 20 M€ de chiffre d’affaires, succède à Pierre-Olivier Nau à la présidence de l’organisation patronale forte de 700 entreprises adhérentes. Élu dans un contexte économique et politique tendu, l’intéressé entend insuffler une nouvelle dynamique au service des sociétés haut-garonnaises. Un mandat qu’il veut placer sous le signe de l’engagement collectif, de la proximité et de l’influence.
Changement de gouvernance à la tête du Medef Haute-Garonne. L’organisation patronale, qui fédère plus de 700 entreprises dont 95 % de TPE-PME représentant quelque 100 000 salariés et 12 syndicats professionnels, vient d’élire Thomas Fantini à sa présidence. Le dirigeant de 50 ans, bien connu de l’écosystème entrepreneurial toulousain, succède à Pierre-Olivier Nau, qui occupait cette fonction depuis 2020.
Élu pour un mandat de trois ans, le nouveau président a annoncé vouloir inscrire son action dans la continuité. Tout en souhaitant renforcer l’action et l’influence du Medef auprès des entreprises mais plus largement des décideurs politiques et économiques.
Un chef d’entreprise engagé
Thomas Fantini est le fondateur du groupe Maison Pergo qui réunit une douzaine d’établissements de restauration (parmi lesquels La Pergola, Le Bibent, Ernest, Bistrot & compagnie, Bonbonne, etc.), deux services de traiteurs (Falcou et Skandi & Pergo), des food-trucks ainsi qu’un laboratoire au MIN. Dernière diversification, le chef d’entreprise a remis au goût du jour le concept des bouillons parisiens qui servent des grands classiques de bistro à des prix très abordables avec l’ouverture à Labège et à l’hippodrome de deux établissements. L’ensemble emploie 172 collaborateurs et réalise 20 M€ de chiffre d’affaires.
Très impliqué depuis des années dans le tissus économique local, Thomas Fantini siège au conseil d’administration du Medef 31 depuis 2018. Il en était le vice-président depuis six ans. En 2021, il a pris également la présidence du CFA Toulouse Blagnac et occupe celle du syndicat Umih 31 Restauration depuis trois ans.
« Avant d’être président, je suis entrepreneur. Je connais les responsabilités, les contraintes et parfois la solitude du chef d’entreprise. Mais je connais aussi la fierté de bâtir, de transmettre, de créer de l’activité et de faire grandir des équipes. C’est cette énergie que je veux défendre et faire entendre », déclare celui qui a fait ses armes en début de carrière chez Chanel via sa marque Bourjois puis dans la distribution de vins avant de rejoindre le secteur de la restauration, un retour aux sources pour celui qui est issu d’une famille de restaurateurs.
Près de 70 000 défaillances en 2025
Une expérience du terrain et une implication dans les instances professionnelles qui permettent un passage de relais serein comme le confirme Pierre-Olivier Nau, par ailleurs PDG de Manatour, un groupe pionnier dans le tourisme industriel : « Je sais pouvoir compter sur son engagement, son énergie et sa connaissance du tissu économique local pour poursuivre et renforcer la dynamique engagée au service des entreprises de la Haute-Garonne. »
Alors que le nombre de défaillances d’entreprise a frôlé les 70 000 en 2025, un niveau historique, et que le contexte national et international reste contraint pour ne pas dire défavorable, Thomas Fantini entame une présidence placée sous haute tension. Les enjeux de compétitivité, de souveraineté, d’attractivité, de transition écologique ou encore de formation sont au cœur des préoccupations des entreprises du territoire.
Pour y répondre, le nouvel homme fort du patronat local a annoncé une feuille de route articulée autour de trois priorités : fédérer, accompagner et représenter les entreprises. Concrètement, explique l’intéressé : « Notre priorité est d’accompagner toujours mieux les dirigeants dans leur quotidien. Dans un contexte économique exigeant, nous voulons développer des services à forte valeur ajoutée afin de leur apporter des réponses concrètes face aux défis qu’ils rencontrent et leur permettre de se consacrer pleinement à la croissance de leur activité. »
Offensif, utile et influent
Le nouveau président entend également renforcer l’implication des adhérents, valoriser davantage le rôle des mandataires et moderniser la gouvernance de l’organisation afin de la rendre plus lisible, plus efficace et plus transversale. Sa ligne de conduite est claire : « Je souhaite un Medef Haute-Garonne offensif parce que nous devons défendre la liberté d’entreprendre, affirmer la place de l’entreprise dans la cité et mieux faire valoir nos positions auprès des décideurs publics. Également utile car notre organisation doit être au plus près des adhérents et de leurs besoins réels. Et enfin influent, parce que notre voix doit compter partout où les décisions se préparent et se décident. »
Parmi les dossiers chauds auxquels le nouveau président, en fonction depuis le 11 juin, devra s’attaquer en intervenant dans le débat public figure notamment la sécurisation du financement de la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux. Un projet jugé « vital » par le syndicat pour le désenclavement de la région Occitanie.
Outre la relance de la réforme des retraites et le gel du barème des exonérations de cotisations patronales, deux enjeux nationaux majeurs, la formation et, plus largement, l’emploi des jeunes devraient occuper une place prépondérante dans son action. Et pour cause, le gouvernement a procédé à plusieurs coups de rabot sur le financement de l’apprentissage, avec une diminution des aides à l’embauche depuis 2025 et un ciblage plus restrictif des bénéficiaires. Une préoccupation majeure pour celui qui a fait de l’apprentissage un levier d’émancipation et de réussite à travers le CFA Commerce et Services de Blagnac. Une école qui a formé près de 25 000 jeunes depuis sa création.
À noter que la composition du conseil d’administration et du bureau du Medef 31 sera connue en juillet prochain.