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TWB, complexe biotech unique en Europe

Recherche. Accompagner l’industrie dans le développement de solutions innovantes pour le bien de la planète et des hommes, telle est la nouvelle feuille de route de TWB (Toulouse White Biotechnology).

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Créé en 2012 par le biochimiste et visionnaire Pierre Monsan, TWB (Toulouse White Biotechnology) est une unité mixte de service (UMS) placée sous la triple tutelle Inrae/Insa/CNRS. Modèle unique en son genre, TWB est un accélérateur de collaborations public privé dans le domaine des biotechnologies avec pour but de répondre aux grands enjeux environnementaux et aux défis sociétaux devenus plus prégnants depuis le début de la crise sanitaire. Accompagnés depuis l’étape de recherche à la pré-industrialisation, les projets qui s’appuient sur les biotechnologies du vivant, sont issus de secteurs variés, de l’énergie à la chimie, en passant par la santé, la cosmétique, l’agroalimentaire, les biomatériaux…

Un succès fondé sur des collaborations entre industriels et chercheurs publics

Le succès de TWB se fonde sur les nouvelles formes de collaboration plus simples et plus efficaces que la structure a su créer entre les industriels et les chercheurs publics. Grâce à la mutualisation des investissements par les membres du consortium qui sont aujourd’hui une cinquantaine, cette collaboration unique a permis de financer une quarantaine de projets d’innovation de rupture. Chaque année, l’événement TWB Start-Up Day réunit de nombreux porteurs de projet. Il bénéficie du soutien de Toulouse Métropole, de la Région Occitanie, sous le label de la French Tech Toulouse. En 2021, l’événement a réuni 225 professionnels de 17 pays. La prochaine édition aura lieu en juin.

Lydie Lecarpentier

Le piqueur de colonies de micro-organismes permet la sélection et le criblage des microorganismes qui produisent des pigments colorés. Les applications de ces recherches sont dédiées à la cosmétique, la santé ou l’alimentaire.

Lydie Lecarpentier

Depuis le 1er janvier 2019, la mission d’Olivier Rolland, nouveau directeur exécutif, a été de faire la transition entre création et structuration, de pérenniser et développer le modèle économique de TWB. Mis à dure épreuve au début de la crise sanitaire, il a montré sa résilience. Aujourd’hui, de nouveaux axes de développement sont visés dont les marchés à plus haute valeur ajoutée dans la santé pour faire décroître le coût de production des bio médicaments, en agriculture avec le biocontrôle et les biostimulants, dans le bien-être (nutrition et cosmétique), les matériaux de hautes performances avec le partenaire Michelin pour produire des résines biosourcées sans toxicité.

Lydie Lecarpentier

Les start-up ont une place prépondérante dans l’écosystème développé par TWB. Depuis 2012, 250 M€ ont été levés par les pépites accompagnées par TWB. Un espace de près de 500 m2 est dédié à leur hébergement avec mise à disposition de bureaux et de laboratoires individuels comme ici chez Lantana bio.

Lydie Lecarpentier

Cinq start-up sont hébergées chez TWB et une quarantaine de personnes au total bénéficient ainsi de l’expertise scientifique des partenaires de l’écosystème, de l’accès à l’ensemble des équipements, de formations pour apprendre à utiliser les machines et au réseau d’industriels. Parmi ces start-up, figure, également, IMEAN, une entreprise de bio-informatique experte en modélisation d’organismes vivants. Elle est partenaire de TWB depuis sa création en 2018. Deux rendez-vous annuels ont lieu sur site et réunissent l’ensemble des membres académiques et privés du consortium.

Lydie Lecarpentier

Les biotechnologies, mises en avant pendant la crise de la Covid, redeviennent le centre de toutes les attentions. Avec la volonté de l’État de gagner en souveraineté nationale, les biotechs industrielles sont des leviers d’innovation et des moyens alternatifs de production. 6,5 M€ viennent ainsi d’être investis dans les nouvelles installations de TWB. En 2022, est prévue la mise en route d’un projet ambitieux d’1 M€ en partenariat notamment avec ses voisins, le CRITT Bio-Industries, Toulouse Biotechnology Institute (TBI) et l’Insa.

À l’horizon 2024-2025, un nouveau bâtiment verra le jour à proximité pour héberger un nouvel outil de développement qui permettra d’augmenter l’échelle du pilote préindustriel. Avec l’Insa et le CRITT, TWB pourra passer d’une capacité actuelle de 300 litres à 2000 litres. Cela permettra de produire des lots plus rapidement et d’acquérir plus vite les informations pour l’industrialisation d’un projet. Ici le robot de culture de 24 minifermenteurs pour la culture de micro-organismes que possédait déjà TWB a trouvé sa place dans les nouveaux locaux.