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141e année

Les 27 adoptent leur “boussole stratégique”

Défense. À la suite de la réunion des ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept, réunis en Conseil européen le 25 mars à Bruxelles, ont donné leur feu vert à la version finale du texte qui doit guider la défense et la sécurité de l’Union européenne jusqu’en 2030.

Eurocorps

Cette feuille de route, première du genre, doit orienter l’action extérieure de l’Union européenne dans les dix prochaines années. Elle vise à faire de l’Union européenne un acteur mondial dans le domaine de la Défense en la dotant de moyens ambitieux. La version finale de la boussole stratégique (la cinquième), longue de 47 pages, est articulée autour de quatre piliers. Le premier pilier, “Agir”, concerne la gestion de crise. Le but affiché est de réussir à améliorer la capacité des Européens à répondre le plus rapidement possible aux situations d’urgence. Parmi les mesures décidées figure notamment la création d’une “Capacité de déploiement rapide de l’Union européenne”, à savoir 5.000 militaires mobilisables lorsque les circonstances l’exigeront et qui agiront sous drapeau européen. Le deuxième volet s’intitule “Assurer la sécurité”.

Combler les lacunes en matière de capacités militaires et civiles

Il se rapporte notamment aux menaces hybrides. L’objectif est de mettre en oeuvre les moyens de s’en prémunir, mais aussi d’y répondre. À cet effet, une “boîte à outils” de l’UE face aux menaces hybrides doit être mise en place, pour que les États membres puissent collectivement y faire face, en faisant appel aux instruments qui existent déjà et en en créant d’autres. Ce même pilier couvre la sauvegarde des intérêts européens en matière de sécurité en mer et dans l’espace. Le troisième pilier de la boussole stratégique, “Investir”, est lié au développement des capacités. « Nous augmenterons sensiblement nos dépenses de défense pour répondre à notre ambition collective de combler les lacunes critiques en matière de capacités militaires et civiles », écrivent les 27 États membres. Il est aussi question d’accroître les investissements dans les industries militaires clés pour pouvoir agir sur des terrains variés : ciel, mer, terre, espace et cyberespace. Encourager par des financements conséquents la recherche dans les technologies disruptives, et réduire ainsi les dépendances vis-à-vis des autres puissances, est également prévu par le document.

Enfin, le quatrième pilier, “Travailler en partenariat”, vise à renforcer les partenariats des Européens pour améliorer la portée de l’action de l’UE en matière de sécurité et de défense. Des coopérations qui concernent des organisations internationales, telles que l’Otan, l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ou encore l’Union africaine, ou bien des pays seuls tels que les États-Unis et le Canada. Le contenu de cette boussole ne sera pas gravé dans le marbre : il pourra être mis à jour en fonction de l’évolution des menaces et des réponses à y apporter. Mais quelle que soit sa trajectoire, ce document vise à devenir une référence pour la sécurité et la défense de l’Union européenne.

Rédaction JdP