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141e année

Boc’Alenvers, le double réemploi

Recyclage. Boc’Alenvers, association fondée par Camille Magré et Soël Maincent, valorise les invendus et entend être un tremplin pour les personnes éloignées de l’emploi.

Boc'Alenvers, le double réemploi
Camille Magré et Soël Maincent. (Crédit : DR)

Tout part d’une reconversion de deux anciens ingénieurs au sein d’Airbus et anciens colocataires, en quête de sens. « Après trois ans à enchaîner différents postes, je me suis posé pour réfléchir à un projet qui aurait vraiment du sens. À cette époque, l’initiative d’un ami d’enfance en Haute-Savoie, conciliant transformation de denrées alimentaires et création d’emplois, a résonné en moi », explique Soël Maincent, lequel a embarqué Camille Magré dans l’aventure associative.Boc’Alenvers, une conserverie solidaire, qui entend lutter contre le fléau du gaspillage – en France, chaque année, 10 millions de tonnes d’aliments sont jetées, dont un tiers de fruits et légumes – et qui ambitionne de lancer un chantier d’insertion, a vu le jour à l’automne 2021 dans les locaux d’une maison de quartier des Mazades à Toulouse. Le duo a également bénéficié de l’accompagnement du Parcours Adress, dispositif spécialisé dans l’économie sociale et solidaire. Depuis, la structure, qui est désormais basée au coeur du tiers lieu La Bouillonnante dans le quartier Soupetard, continue de grandir. En effet, elle clôture une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule (173 % atteint sur un objectif de 8000 € à l’heure de la rédaction de l’article).

Servir de tremplin pour les personnes éloignées de l’emploi

« Avec 200% d’objectif atteint, soit le 3ème palier, nous pourrons investir dans l’achat d’un vélo cargo afin de diminuer notre empreinte écologique pour le transport des fruits et légumes. En effet, nous souhaitons cultiver l’écoresponsabilité à tous les nivaux, de l’anti-gaspillage, aux bocaux consignés, en passant par le compostage des épluchures ou encore la logistique de proximité », souligne le cofondateur. L’association, qui a déjà transformé 300 kg de fruits et légumes pour élaborer ses premières recettes, entend transformer près d’une tonne de fruits et légumes par mois, ce qui représente près de 5000 bocaux. « Pour y arriver, nous espérons porter l’équipe à 10 collaborateurs d’ici un an. Nous envisageons de démarrer l’activité d’insertion au premier trimestre 2023 et d’aider six personnes à retrouver une voie professionnelle. Notre objectif est de servir de tremplin aux personnes en difficulté afin qu’elles puissent réintégrer le marché de l’emploi. Pour ce faire, nous passons par différents prescripteurs tels que le Pôle emploi, les structures d’emplois pour personnes handicapées, lamaison des solidarités, etc. Les employés seront encadrés par un référant technique qui s’apprête à nous rejoindre. »

Afin d’élaborer les conserves, le duo a d’ores et déjà signé un partenariat avec le groupe Carrefour, lequel compte vendre les bocaux dans ses rayons. L’association est également en discussion avec le MIN et la Banque alimentaire pour récupérer des denrées. À terme, Boc’Alenvers envisage d’atteindre une centaine de points de vente locaux (grandes surfaces, épiceries bio, ou encore restaurateurs). « Nous souhaiterions également vendre nos produits dans des épiceries solidaires, mais nous avons besoin de passer par des biais plus traditionnels. La production nous coûte plus cher que la vente. » En attendant, pour « augmenter l’efficacité et réduire la pénibilité de travail pour les employés », l’association devrait investir 40 K€ dans de nouvelles machines. Un projet qui devrait se dupliquer sur le territoire. « Nous recevons des demandes et donnons des conseils afin que d’autres projets comme le nôtre voient le jour », conclut Soël Maincent.

Jennifer Legeron