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141e année

Consommer la mode autrement

Textile. Maxence Lenoir et Laurianne Aune ont lancé sur la toile un concept de location de vêtements destiné à la gente masculine.

Laurianne Aune et Maxence Lenoir. DR

Les services de location en tout genre foisonnent sur la toile, et les vêtements n’échappent pas à cette tendance, surtout du côté du marché féminin. Cette pratique, qui est néanmoins encore balbutiante pour les hommes, prend un nouvel essor grâce au nouveau service de la start-up toulousaine Menone, qui a vu le jour en novembre dernier, et dont le mantra est « Remplacer la possession par l’usage ». Tout est dit. S’offrir un nouveau look de manière ponctuelle, renouveler son dressing avec des pièces de qualité sans acheter plus, se faire plaisir tout en consommant différemment, tel est en substance le projet créé par deux jeunes entrepreneurs de 25 ans qui se sont rencontrés sur les bancs de l’université.

« Nous envisageons également de déployer un système de recyclage des fils pour les renvoyer à des marques et ainsi instaurer un cercle vertueux »

« Initialement, cette idée est venue lors d’une discussion avec mon colocataire à Paris. Nous aimions tous deux les beaux vêtements et étions frustrés car nous avions un budget limité. Nous avions hâte de gagner notre vie mais cela signifiait également consommer plus. Mon ami a d’ailleurs acheté un très beau vêtement mais l’a rendu rapidement car il s’est rendu compte qu’au final, il le porterait peu. Cet acte m’a fait réfléchir. À mon retour d’un stage dans une start-up barcelonaise, j’ai soumis ma réflexion à Laurianne, également étudiante à TBS. Nous avons ensemble réfléchi à une nouvelle manière d’accéder à un panel de vêtements sans payer le prix fort et de renouveler son vestiaire sans avoir un impact écologique. Le concept de location s’est dessiné. Nous avons ciblé les hommes âgés de 20 à 35 ans. C’est encore un marché de niche. De plus, les hommes ont un comportement de consommation différent de celui des femmes », détaille Maxence Lenoir.

Cultiver la notion d’écoresponsabilité

De son côté, Laurianne Aune, séduite par cette alternative entend « remettre en cause notre consommation et limiter l’impact de la production des vêtements ». Tous deux intègrent ainsi l’incubateur TBSeeds et sont notamment coachés par Arnaud Thersiquel, le fondateur de l’espace de partage toulousain At Home, au moment où la crise de la Covid fait également évoluer les comportements et booste l’e-commerce. Pour l’heure, Menone propose 150 pièces pour la collection printemps-été, avec l’ambition de doubler son offre d’ici un an. Pour ce faire, le duo s’est rapproché d’une dizaine de marques nationales et internationales auxquelles il achète les pièces et les loue 15% du prix boutique. Quid des critères de sélection ? « Nous sommes très sensibles à la qualité du vêtement, à sa fabrication, aux matières utilisées, et bien sûr au style. »

Le nouveau service a déjà séduit une trentaine de clients et a pour objectif d’en atteindre une centaine d’ici la fin de l’année sur le marché français. « Le client choisit les vêtements qu’il souhaite louer en fonction des pièces disponibles pour une durée de 30 jours. À l’issue de cette période, il peut décider de prolonger la location, de retourner les vêtements ou acheter une partie ou la totalité des pièces louées. En parallèle, nous apportons aussi des conseils sur la mode », détaille les cofondateurs. Le binôme, qui espère dépasser la barre des 100 K€ de CA en 2023, a bien d’autres idées en tête. Parmi les axes de développement à court terme, figure, entre autres, la diversification de l’offre avec la location d’accessoires.

Les fondateurs, accompagnés également par le Réseau Entreprendre, souhaitent à l’horizon de trois ans internaliser un service de pressing et faciliter l’accès au service Menone « via des box mises à disposition dans des lieux de passage, ce qui permettrait de mutualiser les retours et réduire l’empreinte carbone. » Ils cultivent sans conteste la notion d’écoresponsabilité : « Nous envisageons également de déployer un système de recyclage des fils pour les renvoyer à des marques et ainsi instaurer un cercle vertueux », conclut Maxence Lenoir.

Jennifer Legeron