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141e année

Contrer les techniques de vol

Numérique. Fort de sept ans d’expérience dans le secteur de l’IoT, Stéphane Loiseau a imaginé une solution qui permet de retrouver rapidement un objet volé.

Stéphane Loiseau, fondateur de Owley. DR

Fournir aux entreprises une solution clé en main qui augmente la capacité à retrouver des biens en cas de vol, tel est en substance le projet de Stéphane Loiseau, ancien directeur commercial chez Sigfox, qui bénéficie de l’appui de son cofondateur Christophe Fourtet. « 150 000 véhicules sont en moyenne volés tous les ans en France. Nous souhaitons combattre ce fléau. À l’origine, un de nos clients souhaitait compléter la solution que nous proposions qui manquait de précisions et souhaitait retrouver les objets sur les derniers km. Nous avons imaginé une plateforme qui non seulement résiste aux techniques de dissimilation mises en oeuvre par les voleurs, et qui améliore les indicateurs clés qui sont le taux de récupération de 90% au lieu de 60% et le temps de récupération. Or, plus le temps s’écoule, moins les chances de retrouver l’objet sont grandes », souligne ce diplômé en électronique et d’un MBA, qui a créé Owley en 2021.

L’entrepreneur s’apprête à lancer sur le marché, au printemps, la deuxième version de son démonstrateur, la première version étant déjà passée au crible de betâ testeurs en France, en Allemagne, en Autriche et en Afrique du Sud. « Nous nous sommes appuyés sur les retours pour améliorer l’interface homme machine. Notre outil se compose d’un récepteur physique, d’une application mobile associée qui permet à l’opérateur d’avoir une aide, et d’une application web qui capitalise et centralise l’ensemble des informations issues du terrain. Cela permet de connaître le statut des opérateurs terrain, d’avoir des données sur les signaux émis, etc. et d’être ainsi plus efficace. Nous sommes en discussion pour signer des contrats avec des entreprises de pays tests ». Parmi les marchés visés d’ici 2023, figure en premier lieu, celui des véhicules volés « Nous ciblons des sociétés spécialisées dans la géolocalisation de véhicule afin d’implémenter notre système. »

Conquérir le marché international

En parallèle, la jeune pousse s’est rapprochée de la start-up toulousaine Morio qui entend juguler le fléau des vols de vélos électriques. « Nous testons nos deux systèmes sur Toulouse avec une société de télésurveillance qui se chargerait de récupérer les vélos notamment dans des quartiers sensibles. » La pépite entend également se positionner sur la sécurisation des marchandises, car, comme pointe Stéphane Loiseau, « de nombreux biens en cours de transport sont volés sur les hubs que sont la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Allemagne, etc. » D’ailleurs, la France devrait représenter que 10% de l’activité d’Owley, dont le marché se situe, surtout, à l’international. « La France représente approximativement 10% du volume des véhicules volés en Europe, au Moyen-Orient et Afrique, le plus gros marché européen étant l’Italie ».

Lorsque la pépite se sera développée dans ces secteurs, elle envisage de partir à l’assaut de l’Amérique du Sud. Autre axe stratégique sur lequel la start-up ambitionne de se positionner : la sécurisation des personnes. « Les personnes âgées ou atteintes de la maladie d’Alzheimer ont parfois des bracelets mais la couverture n’est pas assurée partout. Notre solution accouplée à leurs bracelets permettrait de leur venir en aide plus rapidement. » Pour assurer le développement de sa solution, le fondateur, qui a investi 30 K€ en fonds propres, a déposé un dossier auprès de la bourse French Tech. Tourné déjà vers l’avenir, il espère également recevoir un coup de pouce de Créalia pour le développement de la troisième version qui concernera notamment l’interopérabilité de l’interface web. La pépite, qui espère atteindre une trentaine de clients d’ici deux ans, entend générer 900 K€ en 2024.

Jennifer Legeron