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140e année

Faites ce qui vous chante

Divertissement. Anthony Closa et Marie Mouret ont de beaux projets pour leur concept Karioka, l’unique karaoké box & bar de Toulouse.

Karioka

Ramener au cœur de la Ville rose le concept de karaoké privatisé qui cartonne en Asie, tel est le défi relevé haut la main par Antony Closa et Marie Mouret. C’est en effet, au détour d’un voyage au long cours en Indonésie que le couple de trentenaires, alors propriétaire d’un restaurant à Perpignan, est tombé sous le charme de ce concept. « Nous commencions à avoir fait le tour de notre activité et nous avons plaisanté sur l’éventuelle ouverture d’un lieu comme celui-ci en France ».

Lors de la vente du restaurant début 2018, « un ami nous a rappelé cette idée, que nous avons décidé de creuser, poursuit le cofondateur. À l’époque déjà, ce marché commençait à évoluer en France, notamment à Lyon, Paris et Lille, et d’autres ouvertures ont suivi à Bordeaux, Montauban, Marseille, etc. Preuve que nous avions finalement une idée économiquement viable. » Le duo décide alors de démarrer cette nouvelle aventure entrepreneuriale sur fonds propres à Toulouse, une ville qu’il considère comme « dynamique ».

Après un investissement global de près de 600 K€, et un coup de pouce de la part d’Initiative Haute-Garonne dédié aux travaux, les entrepreneurs démarrent enfin l’activité de l’unique karaoké box & bar de Toulouse, une ouverture qui intervient une semaine avant le début du premier confinement. Suspendu au gré des décisions gouvernementales, le couple s’accroche pour ne pas mettre la clé sous la porte. « Nous avons reçu des aides tels que le fonds de solidarité qui nous a permis de payer les locaux. Nous avons également fait appel au PGE. De plus, nous avons profité d’une période de confinement pour monter en compétences notamment en pâtisserie, en préparation de cocktails, etc., afin d’ajouter des petits plus à nos prestations. »

Intensifier ses actions auprès des entreprises

Pour l’heure, après une activité en berne l’été, et un mois de septembre creux, l’activité de Karioka s’annonce sous de meilleurs auspices. Quid de l’ADN de Karioka ? « Vendre un bon moment aux gens. Tout le monde aime chanter mais pas forcément devant des inconnus. L’objectif est aussi de ne pas être frustré après n’avoir chanté que deux ou trois chansons ». La structure, qui compte pour l’heure sept salons privés pouvant accueillir de cinq à 15 personnes avec des décors différents de New York à Kyoto en passant par Bornéo ou Marrakech, dispose d’un catalogue de 33000 chansons.

« Au départ, nous voulions créer des salons avec des thèmes musicaux mais nous nous sommes ravisés, car en une soirée, les clients désirent parfois changer de registre ». Aussi, le cogérant insiste sur le fait que le concept de Karioka, c’est avant tout « un lieu où les clients chantent et grignotent. Nous ne voulons pas qu’il viennent pour profiter uniquement du bar ». Ainsi, les propriétaires ont mis en place une expérience complète, qui permet de commander des boissons et snacks maisons directement depuis une tablette pour rester dans une ambiance immersive.

« Le snacking devrait représenter un tiers de notre chiffre d’affaires et la location des salles, les deux tiers, en sachant que le samedi, nous générons 40% de notre CA de la semaine, avec en moyenne une vingtaine de groupes ». Si le cœur de cible de Karioka reste les particuliers, le duo entend intensifier ses actions auprès des entreprises, soit 10% de l’activité, d’autant plus que la demande de team building augmente fortement au sortir de la crise. Les entrepreneurs, qui souhaitent ouvrir deux salons supplémentaires, envisagent de surfer sur les dates clés de l’année, dont Halloween. Le couple, qui vise 450 K€ en 2022, ambitionne de devenir un acteur régional.

Jennifer Legeron