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141e année

Go, go, Goho

Textile. À 37 ans, Clément Lequime vient de lancer Goho, une marque de textile éthique, des polos made in France à glisser sous le sapin.

Clément Lequime, fondateur de Goho. DR

Des polos en coton bio, fabriqués dans le Tarn et dont les ventes permettent de soutenir l’action d’une association qui lutte pour la protection des gorilles… Vous en rêviez, le toulousain Clément Lequime l’a fait. Il a lancé en octobre une nouvelle marque de textile écoresponsable et éthique et un site de vente en ligne. Dans la gamme, pour l’instant restreinte, on trouve des polos en coton bio fabriqué en France, plus exactement près de Castres, dans le Tarn.

Pour expliquer sa démarche, ce Tarnais d’origine, qui travaille depuis une quinzaine d’années dans le secteur du sport et de la publicité, l’avoue : « J’aime beaucoup les polos, mais je ne trouvais pas de marque qui corresponde à ce que je voulais porter. J’avais ce projet depuis de nombreuses années, et pendant le premier confinement je me suis dit que c’était le moment ou jamais. Or, depuis la naissance de nos enfants, mon épouse et moi sommes de plus en plus sensibles à l’écologie, et durant cette période, nous avons changé beaucoup de choses dans notre façon de consommer. Je ne me voyais pas en 2020-2021, lancer une marque qui ne soit pas écoresponsable. »

Étoffer la gamme

Sans expérience dans le domaine du textile, il a dû batailler un peu avant de trouver les fournisseurs et fait fabriquer une dizaine de prototypes avant de trouver le bon et d’engager une campagne de crowdfunding. Les 4700 € récoltés lui ont permis de lancer la production et son site de vente en ligne, « après avoir fait beaucoup d’erreurs », s’amuse-t-il. Le coton bio certifié GOTS est cultivé en Turquie, puis filé au Portugal. Mais ce sont ensuite des entreprises françaises qui fabriquent la maille piquée, et les accessoires qui entrent dans la confection des polos. « Les boutons sont en polyester recyclé, les étiquettes en polyester et satin recyclés, l’écusson en fil certifié Oekotex », ajoute le fondateur de Goho.

« Ça me paraissait important de travailler avec des artisans et de faire revivre des savoir-faire locaux ». Animé par de très fortes convictions, Clément Lequime a souhaité aller plus loin encore en s’inscrivant dans « une démarche éthique globale ». Il a fait le choix de prendre pour logo un gorille – « un animal fort, mais pacifique, en voie de disparition et pourtant très proche des humains » – et décidé par contrat de reverser 1% du chiffre d’affaires à l’association Gorilla. Depuis l’ouverture du site d’e-commerce, les retours sont bons et le trentenaire est enthousiaste, même s’il reconnaît qu’il lui faut encore « gagner en visibilité » et accroître sa communauté.

Il espère rapidement pouvoir « faire des événements, participer à des salons et trouver des ambassadeurs » ou des influenceurs. La prochaine étape ? L’embauche, avec peut-être l’appui de la Région, d’un chef de projet pour l’accompagner dans le lancement de la marque. L’autre objectif est d’étoffer la gamme. Un prototype de T-shirt devrait sortir avant la fin de l’année. « L’idée est de proposer d’autres articles textile en fonction des saisons, et des accessoires », conclut le dirigeant qui table sur un chiffre d’affaires de 80 K€ l’an prochain.

Agnès Bergon