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140e année

La recherche dans le sang

Santé. La jeune chercheuse Laura Poillet-Perez vient de recevoir un des prix Jeunes Talents de la fondation L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science.

Laura Poillet-Perez. Jean-Charles Caslot – Fondation L'Oreal

« Rendre les femmes scientifiques visibles, les accompagner et contribuer à leur valorisation au sein de la recherche », c’est ce que tente de faire depuis 15 ans la Fondation L’Oréal, avec l’appui de l’Académie des sciences et de la Commission nationale française pour l’Unesco, à travers les prix Jeunes Talents. « Le regard et l’expertise des femmes sont absolument nécessaires pour construire un monde résilient, durable et inclusif, explique en effet Alexandra Palt, DG de la Fondation L’Oréal. Il faut que les femmes puissent occuper la place qui leur revient dans la recherche, car les biais de genre limitent la portée et l’impact des découvertes d’avenir ».

De fait, les femmes représentent 33 % des chercheurs dans le monde et 28 % en France. Dans l’Hexagone justement, la fondation a récompensé cette année, 35 chercheuses d’exception, parmi lesquelles une Toulousaine d’adoption, Laura Poillet-Perez dont les travaux, menés au sein du laboratoire du Dr Jean-Emmanuel Sarry, Metamal, au centre de recherche en cancérologie de Toulouse, portent sur les mécanismes impliqués dans la résistance des leucémies aux thérapies. Originaire de Montbéliard, la jeune femme, passionnée par la biologie, a effectué son parcours universitaire à Besançon où elle a obtenu un master en biologie, poursuivi par une thèse en biologie du cancer.

Lutter contre les maladies neurodégénératives

Elle s’intéresse plus particulièrement à l’autophagie, un mécanisme physiologique de destruction de la cellule par ses propres lysosomes dont la dérégulation est notamment impliquée dans des maladies neurodégénératives ou le cancer. Pour son postdoctorat, Laura Poillet-Perez fait le choix de partir aux États-Unis où elle travaillera pendant près de cinq ans au sein du Rutgers Cancer Institute of New Jersey, aux côtés d’Eileen White, une sommité dans ce domaine, devenue pour le coup son mentor, parce qu’à la fois « femme en sciences, reconnue et respectée par ses pairs, directrice de son propre labo, à la tête de différentes institutions, mère de famille et chef d’entreprise, détaille Laura Poillet-Perez. J’étais vraiment honorée de travailler dans son laboratoire. »

Rentrée en France en 2020, elle a rejoint l’équipe du Dr Sarry pour poursuivre ses travaux et tenter de comprendre l’implication de l’autophagie dans la résistance thérapeutique des leucémies. « Ce qui m’importe dans ce que je fais, c’est que cela ait un sens. Même si les recherches que nous menons n’aboutissent pas tout de suite, j’ai l’impression d’apporter ma petite pierre à l’édifice et que ce que je fais aujourd’hui aidera peut-être d’autres chercheurs dans quelques mois et, on peut l’espérer, aboutira à de nouveaux traitements dans quelques années. »

Les 20000€ de dotation du prix Jeunes Talents lui permettront de financer sa participation à des congrès internationaux pour présenter ses recherches ainsi que certaines expériences très coûteuses, ajoute celle qui se rêve déjà à la tête de son propre labo.

Agnès Bergon