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141e année

Minute Papillons relance la photographie argentique de rue

Art. Avec leur « photomaton » argentique et leur carriole photo, Maritxu Iriart-Borda et Flo Gales donnent un sérieux coup de vieux au numérique.

Minute Papillons relance la photographie argentique de rue
(Crédit : Minute papillons)

Avec leur cabine « photomaton » à développement argentique, Maritxu Iriart-Borda et Flo Gales nous rappellent que la photographie a quelque chose de magique. « Chaque tirage argentique est unique », affirment en effet les cofondateurs de Minute Papillons. Les deux photographes amateurs font partie de ces derniers passionnés à promouvoir encore ce procédé photographique relégué au rang d’objet préhistorique depuis l’avènement du numérique. Avec la foi des croyants, ces deux-là consacrent en effet toute leur énergie à faire revivre l’art de la photographie de rue des années 20. Ingénieur en informatique, Flo Gales a fabriqué lui-même sa cabine « photomaton », grâce à l’impression 3D et à ses connaissances en électronique. Le prototype, installé aux 500, à la Cartoucherie, avant de rejoindre les futures Halles gourmandes, développe à l’ancienne, en cinq minutes, quatre photos différentes au format identité, des clichés vintage au charme désuet.

Un projet vieux de cinq ans

« À l’aide d’une afghan camera box (une boîte photographique, utilisée en Afghanistan pour réaliser, dans la rue, des photos d’identité, NDLR), j’ai pratiqué la photo argentique en amateur à l’occasion de plusieurs événements tels que le Burning Man aux USA, l’AfrikaBurn en Afrique du Sud et Nowhere en Espagne. Et puis en 2017, étant très intéressé par le processus photographique, j’ai eu envie de m’acheter un photomaton. Mais à l’époque, les cabines coûtaient de l’ordre de 30 K€, c’était beaucoup trop cher. Je me suis dit que j’allais la construire moi-même ! ». Il mettra cinq ans à la mettre au point ! Le fabricant historique a cessé la production des cabines argentiques il y a près de 30 ans, et il n’en reste que très peu aujourd’hui encore en activité dont quelques-unes à Paris. C’est en se photographiant avec son fils dans l’une d’elles que Maritxu Iriart-Borda, commerciale indépendante, « est tombée en amour » pour ces cabines d’un autre âge et a rêvé d’en faire l’acquisition. Il y a trois ans, un ami commun leur a permis de se rencontrer avant qu’ils ne décident de se lancer dans ce projet.

Une deuxième cabine est en construction. Elle devrait voyager jusqu’en Espagne pour la prochaine édition de Nowhere début juillet, puis rejoindre en septembre l’espace Écureuil sur la place du Capitole, avant d’être installée dans un container du festival photographique Manifesto. Les deux gérants de Minute Papillons aimeraient implanter leurs drôles de machines dans différents lieux culturels de la Ville rose en attendant de s’étendre dans le Sud-Ouest, de la Méditerranée jusqu’au Pays basque d’où est originaire Maritxu Iriart-Borda. Ces amateurs de photo alternative ont aussi développé une carriole photographique conçue sur le principe de l’afghan box qui permet de développer les photos dans la foulée sur du papier argentique au format 100x150. Avec cet outil, les deux créateurs, qui ont fait des sessions dans des Ehpad, proposent leurs prestations aux entreprises, aux lieux d’événementiels et festifs. La mairie de Carmaux vient de faire appel au duo pour faire des clichés en milieu scolaire… Le papillon prend son envol.

Agnès Bergon