Hommes et chiffres

Qui est Michaël Mourez, le nouvel homme fort de l’école d’ingénieurs de Purpan ?

Nomination. Passé par de grands établissements publics et privés, l’ingénieur de formation prend la tête d’une vénérable institution. Fondée en 1919, l’école toulousaine forme chaque année quelque 1 700 étudiants dans les domaines des sciences du vivant, de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Il aura pour mission de poursuivre sa modernisation pour répondre aux enjeux écologiques et sociétaux.

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Michaël Mourez est le nouveau directeur général de l’école d’ingénieurs de Purpan. Il a pour lui une forte expérience en gestion de projet. Passé par de grandes institutions publiques et privées, il connaît bien l’établissement toulousain pour l’avoir rejoint il y a cinq ans d’abord comme directeur de l’Innovation, puis comme directeur de l’enseignement et directeur général adjoint. (©EI Purpan)

Michaël Mourez est le nouveau directeur général de l’école d’ingénieurs de Purpan. Il succède à Éric Latgé qui occupait ses fonctions depuis neuf ans. Le nouveau DG connait bien l’institution puisqu’il l’a rejointe en 2020, d’abord comme directeur de l’Innovation, puis comme directeur de l’enseignement et directeur général adjoint.

1 700 étudiants formés chaque année

Fondé en 1919 à Toulouse, l’établissement est spécialisé dans les sciences du vivant, l’agriculture et l’agroalimentaire. Il forme chaque année près de 1 700 étudiants (du Bac+3 au Bac+5) et emploie près de 200 salariés dont 85 enseignants ou enseignants-chercheurs permanents, auxquels s’ajoutent près de 450 vacataires.

Le nouveau directeur général aura à cœur de poursuivre les chantiers menés par son prédécesseur. Pendant cinq ans, aux côtés d’Éric Latgé, Michaël Mourez a eu en charge la modernisation des formations, la transition numérique de l’école ainsi que le renforcement des partenariats internationaux. L’établissement a aujourd’hui des liens avec des écoles partenaires dans une cinquantaine de pays.

Une modernisation que le nouveau dirigeant entend bien poursuivre. Il souhaite désormais adapter les parcours et les méthodes d’enseignement « aux défis des transitions écologiques et sociétales », précise l’école dans un communiqué daté du 5 janvier 2026. « J’ai vu l’école de Purpan se transformer : intégration à l’établissement public expérimental-Université de Toulouse, essor des doubles diplômes, rayonnement accru de notre recherche, gestion de la crise du Covid, arrivée sur ParcourSup, et bien d’autres réalisations majeures comme la naissance d’un nouveau bâtiment ou la mise en forme de notre engagement RSE », détaille ainsi Michaël Mourez. Et d’ajouter :

Aujourd’hui, je prends la suite avec une ambition simple : poursuivre cet élan, en renforçant notre singularité pédagogique et notre attractivité, tout en restant fidèle à l’héritage d’excellence et d’innovation qui fait la force de notre école. »

Passé par X, l’institut Pasteur et Harvard…

Pour mener à bien la mission qu’il s’est donnée, Michaël Mourez pourra s’appuyer sur sa forte expérience dans la gestion de projets au sein de grandes institutions tant publiques que privées.

Ingénieur de l’École Polytechnique, Michaël Mourez a obtenu un doctorat en microbiologie à l’Institut Pasteur de Paris et a poursuivi sa formation postdoctorale au sein de la prestigieuse école de médecine de Harvard, à Boston, où il a travaillé sur les toxines de l’anthrax.

À l’issue de ce brillant parcours académique, à partir de 2003 il a occupé le poste de professeur adjoint puis de professeur titulaire à l’université de Montréal, au Canada. Au sein de l’école de médecine vétérinaire, il a notamment développé un programme de recherche sur la bactérie Escherichia coli pathogène. Le chercheur est l’auteur ou le coauteur de plusieurs publications scientifiques.

Puis par Sanofi et Evotec

Huit ans plus tard, en 2011, Michaël Mourez rejoint l’industrie. D’abord chez Sanofi, géant français de la biopharmacie, en tant que responsable du portefeuille de recherche antibactérienne dans le domaine thérapeutique des maladies infectieuses, puis chez Evotec après le transfert de cette activité par Sanofi. Chez Evotec, l’ingénieur a supervisé les plateformes technologiques ciblant les infections bactériennes graves, notamment la résistance aux médicaments. Un poste qu’il a occupé jusqu’à son recrutement il y a cinq ans par l’école d’ingénieurs toulousaine.

Aujourd’hui, l’EI Purpan, ce sont deux sites de formation : celui de Toulouse et celui de Lamothe à Seysses. L’établissement toulousain est ainsi l’une des deux seules écoles françaises dotée de son propre domaine agricole. Il y allie depuis 1973 production, pédagogie et recherche sur 250 ha pour former notamment ses étudiants aux enjeux de l’agroécologie et du bien-être animal. L’école compte également sept plateformes et laboratoires de recherche de haut niveau portées par 75 enseignants-chercheurs.

En avril 2024, l’école d’ingénieurs a démarré la construction d’un nouveau bâtiment d’enseignement de 2 700 m² intégrant notamment deux amphithéâtres de 320 places. Livré à la rentrée 2025, il a représenté un investissement de 8 M€. Objectif ? Répondre à ses besoins pédagogiques. En effet, en cinq ans, l’école a quasiment doublé de taille pour atteindre désormais les 350 ingénieurs et 60 agro-bachelors diplômés par an.