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Chômage : pour les jeunes et les contrats courts, l’aide au retour à l’emploi devient plus accessible

Solidarité. Une mesure en faveur des demandeurs d’emploi « primo-entrants » est entrée en vigueur le 1er avril 2026. En effet, la condition d’affiliation minimale est désormais réduite pour les personnes qui n’ont pas déjà été couvertes par un droit à l’Assurance chômage au cours des 20 dernières années.

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Les 16 et 24 ans devraient représenter les deux tiers des allocataires bénéficiaires, la mesure devant apporter une meilleure couverture aux personnes dont les parcours sont moins stables. (©Pixabay)

Pour percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), les salariés doivent en règle générale avoir travaillé au moins six mois (soit 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées) au cours des 24 mois précédant la fin du contrat de travail. Pour les salariés de 55 ans ou plus, il faut avoir travaillé au moins six mois au cours des 36 derniers mois.

La convention du 15 novembre 2024 relative à l’Assurance chômage assouplit ces règles pour certaines catégories de demandeurs d’emploi. Ainsi, elle entérine une réduction de la durée d’affiliation minimale pour les « primo-entrants ». Sont considérés comme tels les salariés demandeurs d’emploi n’ayant jamais perçu d’allocations chômage ou qui n’en ont pas perçu depuis plus de 20 ans.

Une indemnisation plus rapide

Cette disposition de la convention d’assurance chômage vient d’être agréée par arrêté pour les salariés privés d’emploi à compter du 1er avril 2026 (décret 2026-214 du 28 mars 2026 et arrêté TRSD2604366A du 28 mars 2026).

Depuis cette date, les « primo-entrants » peuvent ainsi bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi s’ils ont travaillé au moins cinq mois (soit 108 jours ou 758 heures travaillés) au cours des 24 mois précédant la fin du contrat de travail (36 mois pour les salariés de 55 ans ou plus).

Parallèlement, l’aide au retour à l’emploi est versée aux « primo-entrants » pendant une période minimale de cinq mois (152 jours calendaires), contre six mois (180 jours) en règle générale. Les autres conditions d’attribution et de calcul de l’aide au retour à l’emploi suivent la règle générale (inscription à France Travail, recherche d’emploi, cumul ARE et emploi, différés d’indemnisation, etc.)

Travailleurs saisonniers déjà concernés

La condition minimale d’affiliation réduite à cinq mois s’applique déjà depuis un an (avril 2025) aux travailleurs saisonniers (CDD, contrat de travail temporaire ou contrat vendanges), autant pour l’ouverture initiale des droits que pour leur rechargement. La durée d’indemnisation minimale est également réduite à cinq mois.

De fait, selon l’Unedic, cette mesure bénéficiera principalement à deux populations : les jeunes et les salariés en contrat à durée limitée, du fait des deux mécanismes :

  • La probabilité qu’un demandeur d’emploi ait déjà connu une période de chômage indemnisé augmente avec l’âge. Par conséquent, la probabilité d’ouvrir un droit chômage en tant que primo-entrant est plus élevée pour les jeunes actifs ;
  • La condition minimale d’affiliation touche les personnes qui occupent des contrats courts. Par conséquent, les bénéficiaires d’une condition minimale d’affiliation réduite sont souvent des personnes qui occupent un contrat à durée limitée avant leur ouverture de droit (CDD, mission d’intérim). En effet, les CDI sont plus rarement rompus après quelques mois seulement.

Ainsi, les 16 et 24 ans devraient à terme représenter les deux tiers des allocataires bénéficiaires, la mesure devant apporter une meilleure couverture aux personnes dont les parcours sont moins stables, sachant que le recours au RSA ne peut se faire qu’à partir de 25 ans (sauf exception). Toujours selon l’Unedic, ce nouveau dispositif devrait entraîner une hausse de 0,7 % du nombre d’allocataires et, ce faisant, une augmentation des dépenses d’indemnisation de l’ordre de 100 M€ en 2026 et 130 M€ en année pleine.