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141e année

AntigoneS brise le mythe

Théâtre. Au Garonne du 8 au 12 mars, une coproduction avec le Théâtre Sorano.

Antigone, une figure multiple. FABIEN LE PRIEULT

Nathalie Nauzes présente au Théâtre Garonne AntigoneS, un spectacle conçu à partir du roman Antigone d’Henry Bauchau et de Les Antigones de George Steiner, d’un dialogue entre George Steiner et Pierre Boutang sur le mythe d’Antigone Les mythes nous aident à vivre, ils se réactualisent le plus souvent en nous à notre insu. Parfois, certaines figures s’imposent comme une évidence, parce que l’époque les appelle. Nathalie Nauzes croise régulièrement des Antigones, elle les devine dans la rue. Des femmes prêtes à dire non, mais pas que : ni mère, ni épouse, Antigone n’est pas que femme. Elle est universelle, non assujettie à un genre, un statut social ou un mode d’action. C’est cette figure multiple qu’est allée chercher cette adaptation dans la prose sublime de Bauchau.

Personnage et narratrice, de retour d’exil avec son père Oedipe, elle retrouve à Thèbes le noeud politique et familial de sa lignée maudite. Lumineuse, profondément incarnée, soignante et mendiante autant que fille de roi, à la fois fragile et intrépide, elle peut douter, souffrir, désirer. À travers elle se font entendre les voix de ses parents, de ses frères, de sa soeur, de son amour, du tyran. Sur le plateau, les six comédiennes l’abordent par l’intime, par les chambres et les fantômes. Par les corps qui rêvent, qui s’aiment, qui s’attachent et se libèrent. Par les silences et les découpages du temps. Une approche sensorielle et poétique, profondément engagée.

Rédaction GdM