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141e année

L’art de la Comédie

Théâtre. Sylvia Costes présente au Garonne deux créations : Comédie de Beckett et Wry smile Dry sob.

Dans Comédie, le vaudeville façon Beckett se transforme en une nasse bien serrée. SIMON GOSSELIN

L’artiste italienne Silvia Costa – qui fut longtemps collaboratrice de Romeo Castellucci – recrée au Théâtre Garonne, en français, un spectacle qu’elle a conçu en allemand en 2019, composé de deux parties : Comédie, pièce en un acte de Samuel Beckett (1963). Sur scène, un trio, ou plutôt trois solistes, morts, rejouent chacun indéfiniment la partition de sa version de l’histoire triviale de leur triangle amoureux. Mais le jeu léger du vaudeville, ironique et superficiel, se change vite en une nasse serrée de laquelle aucun des trois personnages ne semble pouvoir sortir. Chez Beckett, l’horizon est une masse sombre qui s’approche parfois tant, qu’elle déborde sur la scène, réduit l’espace, cerne les personnages.

Si le rire n’est pas absent de ce deuxième théâtre beckettien (après Godot, qui tire plus encore vers l’abstraction), c’est bien à la chandelle de Dante qu’on lira le titre de cette oeuvre, une comédie métaphysique, mais bien humaine. Dans le volume d’air raréfié de ce huis clos, dans les murs mêmes de la pièce de Beckett, Silvia Costa et le musicien Nicola Ratti ont imaginé Wry smile Dry sob (Sourire en coin, sanglot sec), où les trois comédiens sont rejoints par trois danseuses. Celles-ci, comme émanant des personnages eux-mêmes, viennent donner corps à leur part d’ombre dans l’environnement liquide de la musique de Nicola Ratti, métamorphosant en gestes et en actions la mémoire du texte que le spectateur vient d’entendre.

Au Théâtre Garonne du 9 au 11 février.

Rédaction GdM