Le plein d’idées sorties pour ce week-end des 31 janvier et 1er février
Culture. Un spectacle de danse ludique, un festival de chant professionnel et amateur, l’avant-première d’un thriller japonais et une pièce de théâtre burlesque, voici notre programme culturel pour ce week-end à Toulouse et ses environs.
Une pièce façon Daniel Pennac au Théâtre du Grand Rond
Envie de redécouvrir une grande pièce dans un grand théâtre de la Ville rose ? Le Grand Merdier reprend du service au Grand Rond. Cette pièce burlesque, créée il y a 20 ans par Frédéric Naud, raconte la drôle d’histoire d’un petit village bousculé par la fermeture de l’usine de chaussures voisine, d’un vieil homme qui part à Paris pour faire la promotion de son dernier modèle « les Pompiers », d’un puits sans fond dans un cimetière, comme un trou vers une autre dimension, dans lequel on jette les mauvaises pensées.
Deuxième volet d’une trilogie, après Ma Mère l’Ogre (2002) et avant Le Sourire du Fou (2008), Le Grand Merdier (2005) rappelle l’œuvre déroutante et humoristique d’un certain Daniel Pennac, auteur entre autres de Monsieur Malaussène, Au bonheur des Ogres et la Fée carabine.
Plus largement, la pièce évoque la relation tendre et bourrue d’un grand-père avec son petit-fils, avec comme toile de fond ce drame économique. Mais, si le résumé cite une multitude de personnages, seuls deux acteurs se prêtent au jeu : Frédéric Naud au récit et Jeanne Videau à l’accordéon et au chant. Pendant une heure, le duo entraîne les spectateurs dans un tourbillon d’émotions, ponctué de rires, et clame un message en toile de fond : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de la vie ».
Un message et une pièce qui font d’ailleurs écho à la situation du théâtre du Grand Rond. Fondée en 2002, cette institution culturelle de la Ville rose a annoncé en septembre dernier être menacé de fermeture définitive en juillet 2026, faute de moyens. La salle qui accueille près de 45 000 spectateurs par saisons, mise principalement sur des prix accessibles pour démocratiser le sixième art.
Le Grand Merdier, au théâtre du Grand Rond, 23 rue des potiers à Toulouse, le 31 janvier à 21 heures. Pour plus d’informations et pour prendre des places, cliquez ici.
Petits Détours de chant
La 25ᵉ édition du festival Détours de Chant fait vibrer Toulouse jusqu’au 7 février, à l’occasion d’un véritable marathon musical dans toute la métropole. Pendant deux semaines, l’événement célèbre la chanson sous toutes ses formes : swing, jazz, pop, musiques du monde ou expérimentations contemporaines. Entre artistes confirmés et jeunes talents, les scènes toulousaines proposent des rencontres musicales surprenantes et originales.
Ce samedi 31 janvier à 17h30, le Théâtre du Pavé, dans le quartier Saint-Agne, ouvre ses portes à Armand Méliès. Auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste, il présente son dixième album Ambrosia, une invitation à voyager au cœur de son univers musical foisonnant. Plus tard dans la soirée, à 20h30, Chloé Lacan prend le relais avec Vagues à l’âme, un spectacle où elle explore son rapport à l’accordéon, entourée de l’accordéoniste Richard Posselt, entre émotions, improvisation et dialogues musicaux.
Au Théâtre du Grand Rond, à 19 heures, Fanny Roz propose un concert-spectacle où la chanteuse-harpiste devient véritable femme-orchestre, jonglant entre voix, piano, percussions, loop-station et instruments inattendus. Pour une expérience plus intime et participative, Le Bijou, dans le quartier de la Croix de Pierre, offre une scène ouverte à 20h30.
Dimanche 1er février, le Théâtre du Pavé accueille à 18 heures Guillaume Lopez, chanteur, multi-instrumentiste et conteur musical toulousain. Avec son spectacle Perqué pas ?, il explore l’occitan et l’espagnol dans un mélange audacieux de jazz, rock progressif et musiques planantes. Accompagné d’Étienne Manchon (claviers) et Simon Portefaix (batterie), le trio propose une énergie rythmique et sonore qui surprend à chaque instant.
Festival Détours de chant, jusqu’au 7 février 2026 dans différentes salles à Toulouse et dans les communes périphériques. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie des différents concerts programmés, cliquez-ici.
À L’Escale, les mots entrent dans la danse
Et si l’apprentissage de la lecture redevenait un jeu ? Un terrain d’exploration joyeux où les lettres se mettent à bouger, où les mots prennent corps et où l’imaginaire danse à plein régime ? C’est exactement ce que propose la Compagnie Labkine avec Béaba, un spectacle imaginé par l’artiste chorégraphe italienne Valeria Giuga et l’écrivain-performeur français Anne-James Chaton.
Une création sensible, et surtout inventive, à découvrir en famille ce dimanche 1er février sur la scène de L’Escale, à Tournefeuille. Dans un univers où se rencontrent danse, poésie, musique et sculpture, deux danseuses se lancent dans une aventure aussi ludique que poétique. Ici, le langage s’apprend comme on joue aux Lego : une lettre, un geste, un son… et tout s’assemble peu à peu pour donner naissance à un véritable poème chorégraphique. Le mouvement appelle le mot, le mot provoque le geste, et l’ensemble compose une partition joyeusement inattendue, accessible au jeune public à partir de cinq ans.
Autour d’elles, tout est vivant. Les sculptures imaginées par le plasticien Jacques Julien semblent respirer, les sons se glissent entre les formes, les pas dessinent un paysage fantastique peuplé de créatures oniriques. Les vers du Bestiaire de Guillaume Apollinaire surgissent comme par enchantement, un oiseau traverse la scène, et l’on se laisse porter par cette fable sensorielle où chaque détail éveille la curiosité. Rien n’est figé, tout est en mouvement, parfois congru, parfois délicieusement incongru.
Béaba, c’est surtout un spectacle qui fait confiance à l’intelligence sensible des enfants. Loin de toute leçon, il célèbre le plaisir d’apprendre, d’imaginer, de ressentir. Un voyage au pays des premiers mots et des premiers gestes, là où naissent les rudiments de l’expression et où se construisent les imaginaires de demain. Un moment rare, à ne surtout pas manquer.
Béaba, à l’Escale, 1 place de la Mairie à Tournefeuille. Dimanche 1er février, à partir de 17 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Le film japonais Sham, à Toulouse
Ce n’est pas encore la saison des cerisiers en fleurs, l’Hanami. Mais bien celle du festival de cinéma japonais Hanabi. Après une édition 2025 portée par un succès qui a rassemblé 40 000 personnes, l’événement qui permet de visionner sept films nippons en avant-première revient dans les salles obscures partenaires, parmi lesquelles l’American Cosmograph à Toulouse.
Le samedi 31 janvier à 21h30, le cinéma projette le film Sham, de Takashi Miike, un thriller judiciaire, particulièrement actuel, qui observe la frontière entre vérité et mensonge et le rapport que la société entretient avec l’information et le fait divers.
L’histoire se construit autour du personnage de Seiichi Yabushita, professeur d’école élémentaire accusée par une mère d’avoir humilié son fils. Alors que la presse s’en mêle et que la rumeur enfle, l’enseignant tente de se défendre face à un déchaînement de violence sociale. Le film décrit habilement cette machine infernale d’une société dont les membres jugent par l’opinion.
Réalisateur de plus d’une centaine de films traitant aussi bien des Yakuzas que des Samouraïs, des genres de l’action, à la comédie en passant par l’horreur, Takashi Miike a plusieurs fois été nominé pour la Palme d’Or à Cannes. Dans cette nouvelle production, le réalisateur explore des thèmes auxquels le public japonais et international est sensible : l’école, le harcèlement et le stress post-traumatique. Mais, Miike traite du sujet avec un regard particulier, piégeant le spectateur entre le doute et l’interprétation.
Les Saisons Hanabi à l’American Cosmograph, projection de Sham le samedi 31 janvier à 21h30 au 24 rue Montardy à Toulouse. Pour plus d’informations et pour prendre vos places, cliquez ici.