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Les bons plans du week-end en Occitanie pour les 27 et 28 juin

Culture. Entre l’ultime saison d’un tiers-lieu emblématique de Toulouse, un one-man-show déjanté, une parenthèse musicale au parc et la découverte des trésors du patrimoine local, le programme s’annonce riche pour ce dernier week-end de juin à Toulouse et ses envrions.

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Ouvert pour la première fois en 2024, Chez Babayaga est un tiers-lieu culturel et éphémère qui rassemble les œuvres de 54 artistes de street art. (©Nikita - Chez Babayaga)

Quand le street art rencontre le conte slave

Elle a fait vibrer Toulouse pendant deux étés. Inspiré de l’une des figures les plus célèbres de la mythologie slave, le tiers-lieu Chez Babayaga, dans le quartier Saint-Cyprien, rouvre ses portes ce vendredi 27 juin pour une ultime saison. Dans les contes russes, Baba Yaga est une sorcière terrifiante aux cheveux blancs ébouriffés, qui vit au cœur de la forêt et nourrit depuis des siècles l’imaginaire des enfants.

À Toulouse, la référence est bien plus festive. Fondé par le collectif Salade Suprême, Chez Babayaga mêle street art, peinture et vie culturelle. En deux ans, ce lieu éphémère a accueilli plus de 15 000 visiteurs. Mais l’aventure touche à sa fin : cette dernière saison marquera sa fermeture définitive.

Dans cette maison de 340 m² repeinte du sol au plafond, une cinquantaine d’artistes ont pris leurs quartiers. À partir d’une bâtisse cossue laissée à l’abandon, grapheurs et bénévoles ont créé un véritable cabinet de curiosités, sans dénaturer les anciennes pièces de vie. Le lieu abrite aujourd’hui une buvette et 17 salles d’exposition réparties sur trois étages.

Pour cette dernière édition, qui se déroule sur cinq week-ends jusqu’au 27 juillet, le collectif investit chaque pièce de la maison autour de thématiques artistiques imaginées par ses membres et ses anciens résidents. Nouveauté cette année : les visiteurs sont invités à laisser une trace sur les murs, au dessin ou à la peinture, grâce au matériel mis à disposition à prix libre.

L’objectif ? Transformer la maison en un immense livre d’or artistique, témoin de sa seconde jeunesse. « Nous voulions revenir à l’essence même du projet : créer ensemble. Faire de cette dernière édition une œuvre commune, accessible à toutes et tous, amateurs d’art ou non », a expliqué Quentin Kūn Lhommeau, coordinateur de Salade Suprême, au journal Toulouscope.

Cette ultime ouverture est aussi l’occasion de soutenir le prochain projet du collectif : le café culturel et associatif Capharnaüm, dont l’ouverture est prévue le 4 septembre 2026 dans le quartier Minimes-Barrière-de-Paris. Les recettes des prochains week-ends contribueront à financer une cagnotte de 30 K€ destinée au futur lieu.

Chez Babayaga, 114 rue de Cugnaux à Toulouse. À partir du vendredi 26 juin et tous les week-ends jusqu’au dimanche 27 juillet 2026. Ouvert de 15 heures à 21 heures. Pour plus d’informations sur le projet, cliquez-ici.

La vie burlesque et théâtrale d’un « serial killer »

Il s’agit sans doute de l’un des plus grands succès de l’auteur, acteur et metteur en scène Gérard Pinter, alias Édouard Pey. Écrite dans les années 1980, Un putain de conte de fée raconte l’histoire improbable d’un chômeur qui, dans un accès de colère ou de désespoir, plante son épée dans une affiche. Derrière le décor se cache sa belle-mère. Après ce premier meurtre, la panique s’installe. Par tous les moyens, il tente alors de dissimuler son crime et d’empêcher quiconque d’entrer dans son appartement. Serial killer ou simple paranoïaque ?

Trente ans après les premières représentations, Charles Pey interprète la pièce Un putain de conte de fée, écrite par son père Gérard Pinter, alias Édouard Pey. (©3T)

Un huis clos qui rappelle l’esprit du Père Noël est une ordure et emprunte avec brio certains codes de Reservoir Dogs, de Quentin Tarantino. Sur scène, Charles Pey, acteur et fils d’Édouard et Corine Pey, fondateurs du café-théâtre des 3T, interprète le chômeur mais aussi plusieurs autres personnages, dont l’avocat et le juge.

Face à lui, un seul autre comédien, dissimulé dans l’obscurité et derrière les portes, incarne les victimes qui se succèdent à un rythme effréné. Peu à peu, le personnage principal perd pied dans un tourbillon d’absurdités et de maladresses qui déclenche les rires du public.

Dans un entretien accordé à La Dépêche du Midi en 2012, Édouard Pey expliquait : « J’ai écrit tout cela à une époque où nous rêvions tous d’être Philippe Caubère et, comme lui, de faire vivre sur scène cinquante personnages. En fait, le rôle relève d’une technique théâtrale énorme. Le spectateur a le sentiment que c’est de l’improvisation, mais tout est écrit, à la virgule près. »

Dans une forme de transmission naturelle, son fils Charles reprend aujourd’hui le flambeau avec succès. Depuis les premières représentations de la pièce fin 2023, le trentenaire joue presque systématiquement à guichets fermés. La relève semble assurée.

Un putain de conte de fée, au café-théâtre des 3T, 40 rue Gabriel Péri à Toulouse. Le vendredi 26 juin à 20 heures. Pour plus d’informations et pour prendre vos places, cliquez-ici.

25 ans de siestes !

Se lever pour mieux dormir ! C’est ce que propose le festival Les Siestes, organisé du jeudi 25 au dimanche 28 juin au jardin Compans-Caffarelli. L’occasion de s’allonger dans l’herbe, à l’ombre des arbres, au rythme des musiques planantes de cette 25e édition.

De 17 heures à 22 heures, le samedi 27 juin, le festival s’ouvre avec une programmation dédiée aux jeunes pousses. Almond Butyl, membre du groupe Agar Agar, propose un conte musical qui entraîne le public dans une forêt enchantée peuplée de fées. Kim Khan lui succède avec une performance électronique aux sonorités hypnotiques, avant le rock électrique de Brokenchord, dont le titre Door Shutter cumule déjà près de cinq millions d’écoutes sur Spotify. La programmation accueille également Florence Sinclair, qui mêle hip-hop, grime britannique et influences country. La journée s’achève avec le R&B puissant de la chanteuse Tracey.

Dimanche 28 juin, aux mêmes horaires, le multi-instrumentiste japonais Yuri Umemoto ouvre le bal avec un univers mêlant voix, piano et musique électronique. Emily Wittbrodt prend ensuite le relais avec ses compositions théâtrales et sensibles, avant les sonorités funk et soul de La Rat. Pour clôturer cette édition, DJ Travella, figure incontournable du singeli, livrera un set au rythme effréné pour un réveil explosif.

25e édition du festival Les Siestes, jardin Compans-Cafarelli, boulevard Lascrosses à Toulouse. Jusqu’au dimanche 28 juin, de 17 heures à 22 heures. Pour plus d’informations, cliquez-ici.

Visiter les châteaux et moulins du territoire

Avant les Journées européennes du patrimoine, organisées chaque année à la mi-septembre, place aux Journées du patrimoine de pays. Jusqu’au dimanche 28 juin, des sites méconnus du patrimoine local ouvrent leurs portes au public et proposent visites et ateliers.

Depuis leur première édition en 1998, les Journées du patrimoine de Paysont accueilli 120 000 visiteurs et organisé plus de 1 000 animations pour valoriser le patrimoine local. (©Géraldine Garcia)

En Haute-Garonne, l’association Mémoires de l’Arbas, implantée dans le village du même nom, organise dimanche 28 juin un parcours sur les traces des habitants qui ont contribué au peuplement du hameau d’Arbas, en Catalogne espagnole. À l’époque, ce petit village d’une vingtaine d’habitants accueillait des migrants venus de trois communes du Comminges.

L’atelier vise à retracer les parcours migratoires de ces Commingeois, considérés comme les pères fondateurs du village. À Montbrun-Lauragais, la mairie et l’association Au Four et au Moulin ouvrent également les portes du moulin communal, achevé en 1680, pour des visites guidées.

Dans le Tarn-et-Garonne, une dizaine de sites emblématiques participent à l’événement. Samedi, la chapelle Lapeyrousse, à Lafrançaise, propose des visites libres ou commentées à partir de 14 heures. La cité médiévale de Lauzerte est quant à elle accessible gratuitement dès 15 heures. À 17 heures, la commune, étape importante du GR65 et du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, organise une conférence intitulée « Cheminer vers Compostelle ».

Les plus manuels pourront participer, samedi et dimanche, aux ateliers de fabrication d’adobes proposés par le Moulin à vent de Montes. Ces briques de terre crue servent à restaurer l’intérieur du fût du moulin. Enfin, dimanche à 14 h 30, le moulin à huile de noix de Saint-Antonin-Noble-Val sera mis en fonctionnement pour dévoiler ses mécanismes aux visiteurs. Installé dans une maison du XVe siècle, il abrite au rez-de-chaussée une meule monolithe en granit du XIXe siècle, actionnée par un cheval, qui servait à broyer les cerneaux de noix.

Les Journées du patrimoine de Pays, en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne, samedi 27 et dimanche 28 juin 2026, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et pour accéder au programme, cliquez-ici.