Nos coups de cœur pour sortir à Toulouse ce samedi 23 et dimanche 24 mai
Culture. Nuit européenne des musées, concert, expositions, cirque, performances… tel est l’éclectique programme que vous propose la rédaction pour ce long week-end de mai. Alors à vos agendas !
Nuit des musées : Toulouse passe en mode nocturne
Samedi 23 mai au soir, Toulouse troque les néons des bars contre les lumières des musées. Pour la nouvelle édition de la Nuit européenne des musées, ce sont plus d’une quinzaine de lieux culturels qui ouvrent gratuitement leurs portes jusqu’à minuit avec une promesse simple : faire vivre le patrimoine autrement. Et cette année encore, la Ville rose ne fait pas les choses à moitié.
Visites décalées, concerts, performances, ateliers, théâtre, danse, projections… Le temps d’une soirée, les musées quittent leur costume poussiéreux pour devenir de véritables terrains de jeu nocturnes. Premier arrêt conseillé, le musée Saint-Raymond dès 19 heures pour « La Nuit de la Force ». Le musée archéologique plonge ses collections gallo-romaines dans une galaxie lointaine, très lointaine avec une soirée immersive entre antiquité et science-fiction. Au programme : combats de sabres laser orchestrés par l’association L’Enclave du Dernier Ordre, animations cosplay avec Hobos Cosplay et ambiance intersidérale au pied de Saint-Sernin.
Changement total d’atmosphère quelques rues plus loin à la Galerie 3.1 avec « 31 In Da House ». L’événement marque le clap de fin de l’exposition Au moment voulu, une création mouvante réunissant l’artiste protéiforme Ekaterina Bunits, le plasticien Pierre Fauret et la performeuse Gilivanka Kedzior. Pensé comme un projet évolutif, l’ensemble bouscule les codes classiques de l’exposition : ici, les œuvres se transforment, l’espace mute et le public devient presque un acteur du processus artistique. Pour cette ultime soirée, la galerie pousse encore plus loin l’expérience en se métamorphosant en véritable dancefloor arty. Entre house dance, waacking, hustle et jam session, la soirée casse les frontières entre expo et clubbing. À 19 heures, les chorégraphes Lola-Maria Guy-Jammes et Marion Michel ouvrent le bal avec un atelier participatif avant que les DJs Tagus et Camisole ne prennent les commandes pour une session improvisée où curieux, passionnés et danseurs aguerris se retrouvent sur le même parquet.
Autre incontournable : le musée des Augustins et son spectacle « Dedans / Dehors », toujours à partir de 19 heures. Ici, l’expérience se vit autant dans les salles que sous les étoiles. Musique live, projections vidéo, danse, cirque, performances aériennes et installations visuelles investissent les espaces intérieurs comme extérieurs dans une scénographie spectaculaire imaginée par Albin Warette avec la Cie Millimétrée et le Collectif Culture en Mouvements. Autour de la nouvelle entrée du musée, le public pourra notamment découvrir un “engin extraordinaire” accompagné de numéros aériens et de performances chorégraphiques. À l’intérieur, les collections profitent d’une mise en lumière inédite et d’accrochages retravaillés pour offrir un nouveau regard sur les œuvres. Des visites guidées et interventions artistiques ponctueront également la soirée.
Pour découvrir l’ensemble des événements programmés pour cette nouvelle édition de la Nuit européenne des musées dans la Ville rose (Muséum d’histoire naturelle - Jardin des plantes, musée des arts précieux Paul-Dupuy, Les Abattoirs, musée Ingres Bourdelle dans le 82, etc.) et le reste de l’Occitanie, [cliquez-ici >https://nuitdesmusees.culture.gouv.fr/programme#/search@43.5965623,1.4444500,12.00].
Concert romantique à la Halle aux Grains
Respighi, Chausson, Ropartz sont au menu du prochain concert de l’Orchestre national du Capitole programmé le 23 mai à 20 heures à la Halle aux Grains. Sous la direction de Roberto González-Monjas, la formation toulousaine interprète Fontaines de Rome puis Pins de Rome d’Ottorino Respighi, des œuvre composées en 1916 et 1924 qui ressuscitent les fantômes glorieux de la Rome antique, évoquent le murmure de l’eau ou le parfum des résineux qui bordent parcs et jardins. À la manière d’un Debussy, et plus tard d’un John Williams, le compositeur italien mort en 1936 donne l’impression d’une musique vivante, mouvante, pleine de relief.
Subtile changement d’ambiance avec le baryton Stéphane Degout qui déclamera d’autres regrets, tout aussi lyriques et sophistiqués dans le Poème de l’amour et de la mer, chef-d’œuvre d’Ernest Chausson. Lui aussi nous raconte une histoire d’eau. Dans cette mise en musique de deux poèmes de son ami Maurice Bouchor, Ernest Chausson nous rappelle qu’il était l’un des grands princes de la mélodie française symboliste et raconte une autre rêverie.
Enfin en dernier partie de concert, l’orchestre donnera les Quatre poèmes d’après l’Intermezzo d’Heinrich Heine revus par Guy Ropartz, une œuvre qui chante l’épanouissement et la fin d’un amour. Chantre de l’âme, des passions exacerbées, des remous intérieurs, le romantique Heinrich Heine a inspiré à Schubert, Robert et Clara Schumann, Mendelssohn, Brahms, Liszt, Tchaïkovski, Wagner et bien d’autres.
Concert de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse le samedi 23 mai à la Halle aux Grains. Pour plus d’informations et réserver vos billets, cliquez ici.
Une expo sensible au Château d’eau
Derniers jours pour visiter à la galerie du Château d’eau l’expo Parce que. Ici. La photographe Anne Desplantez a travaillé pendant deux ans avec 24 enfants de la maison d’enfants à caractère social (MECS) du Sarthé, près de Lectoure (Gers). Il résulte de ce projet collaboratif une œuvre riche de sens et de diversité.
Sous l’objectif, les enfants entrent dans une forme concrète de résistance en se mettant ainsi à nu, sans faux-semblant, mais avec beaucoup de pudeur. Le projet prend alors la forme d’un message plus politique, qui relève du savoir être ensemble dans une société qui marginalise souvent, isole parfois, questionnant en creux les limites d’un système mis en place au départ pour protéger nos enfants jusqu’à leur majorité, un système qui s’essouffle et qui s’épuise à force d’être oublié.
« Chacun à leur tour, ils ont décidé de prendre de leur temps et de leur énergie pour poser ici un bout de leur histoire, sans tricher », confie la photographe. « Ils m’ont confié ce qu’ils avaient de plus précieux, j’en prends soin depuis bientôt deux ans. Je les ai vus tour à tour crier de douleur et de rage, rire à en perdre haleine et danser sous les étoiles jusqu’à transformer l’ordinaire en une symphonie unique et singulière. Ils ont entre 8 et 18 ans et portent déjà en eux le secret d’une vie en marge des standards attendus. Une vie qui leur échappe, une vie pourtant dont ils devraient tous être fiers tant ils se battent au quotidien sans jamais rien lâcher pour la construire du mieux qu’ils peuvent. »
Galerie du Château d’eau, 1 place Laganne à Toulouse. Samedi 23 et dimanche 24 mai, de 11 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et réserver vos billets, cliquez ici.
Du sable, du hip-hop et du cirque à La Grainerie
À Balma, sous le chapiteau de La Grainerie, ça ne tourne jamais rond. Et tant mieux. Depuis près de trente ans, ce temple du cirque contemporain fait voltiger les habitudes avec une programmation qui mélange audace, spectacluaire et poésie. Cette week-end encore, le lieu accueille une création qui promet de remuer autant les corps que les neurones.
Vendredi 22 mai à 19h30 et samedi 23 mai à 18h30, La Mio Company débarque avec M.I.T.E, une création sous haute tension. Née à Toulouse en 2015, la compagnie s’est taillée une réputation à part dans le paysage culturel occitan : ici, l’acrobatie dialogue avec le théâtre, le clown croise la musique live et chaque spectacle aborde des thématiques contemporaines.
Dans M.I.T.E, cinq artistes plongent tête la première dans les grands récits de l’humanité pour mieux les secouer. Ça creuse, ça chute, ça danse dans le sable sur fond de hip-hop révolté. Entre performance physique et poésie explosive, le spectacle transforme la scène en terrain de résistance. Une sorte de défouloir collectif où l’on questionne notre époque sans jamais oublier de jouer. Avec Valentina Jara Vargas, Lola Bréard, Clément Delperié, Élisa Delorme et Jérémie Chevalier, la troupe livre un cirque contemporain nerveux, généreux et sacrément vivant.
M.I.T.E, de La Mio Company à La Grainerie, située 61 rue Saint Jean, à Balma Balma. À partir de 8 ans. Durée 1 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.