Nos quatre idées pour sortir ce week-end à Toulouse... suivez le guide
Culture. De la musique, classique comme contemporaine, des photos en veux-tu, en voilà, ou encore la der d’une exposition événement… Les temps forts ne manquent pas pour s’évader dans la Ville rose ce samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026.
Deux concerts pour soutenir la replantation du canal du Midi
Bien cachée en plein cœur de Toulouse à proximité du pont des Demoiselles, la cale du Radoub sert une nouvelle fois de cadre aux concerts solidaires donnés en faveur de la replantation du canal du Midi. Après le succès des deux premières éditions, la Mission Mécénat de Voies navigables de France (VNF) renouvelle en effet son grand rendez-vous musical destiné à collecter des fonds auprès des particuliers et des entreprises mécènes. Ce troisième opus des Mélodies du canal s’enrichit avec la programmation d’une soirée supplémentaire.
Ce samedi 12 septembre, les artistes toulousains Mouss & Hakim Amokrane retrouvent leur public pour une soirée mêlant chansons populaires, textes de Claude Nougaro et créations originales. Dimanche 13 septembre, place aux femmes avec les artistes Cléa Vincent et Mathilde Fernandez qui proposeront chacune à leur tour une performance piano-voix à la fois sensible et intense.
Depuis 2006, les platanes qui bordent cette voie d’eau, qui s’étend entre Toulouse et l’étang de Thau (près de Sète) sur une longueur d’environ 240 kilomètres, sont décimés par le chancre coloré. Pour limiter la propagation de cette maladie, les arbres malades doivent être abattus avant d’être remplacés par de nouvelles essences plus résistantes. À ce jour, plus de 33 400 platanes ont été abattus et 22 400 arbres ont déjà été replantés. La mobilisation reste essentielle pour poursuivre cette restauration d’envergure et préserver durablement ce patrimoine inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Site exceptionnel, la cale du Radoub a été construite entre 1834 et 1839 par l’ingénieur Urbain Maguès. Ce vaste plan d’eau central (appelé gare), en communication avec le canal par une passe marinière, se compose de quatre bassins, nommés cales de radoub (qui signifie réparation de bateaux en langage naval), disposés symétriquement autour de la gare. Ils permettent la mise à sec des bateaux. Sous la gestion de VNF Sud-Ouest, ils accueillent toute l’année des bateaux pour y être entretenus ou restaurés.
Les Mélodies du canal, les samedi 12 et dimanche 13 septembre, à partir de 18 h 30. Cale de Radoub, 65 allée des Demoiselles à Toulouse. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.
Vadym Kholodenko aux Jacobins, hommage à l’Ukraine
Le 47e festival Piano aux Jacobins se déroule jusqu’au 30 septembre sous les voûtes du cloître des Jacobins. Quinze concerts en tout qui permettent de découvrir et d’apprécier la fine fleur de la scène pianistique, entre grands noms et artistes en devenir. Cette nouvelle édition ne déroge pas à la règle avec de jeunes pianistes tels que Magdalene Ho, Nabeel Hayek, Ilyun Bürkev ou Ignasi Cambra, mais aussi des virtuoses comme Elisabeth Pion et Anna Petrova-Forster, toutes deux dans des programmes très originaux.
À l’affiche ce vendredi 11 septembre, le pianiste classique ukrainien Vadym Kholodenko. À 40 ans, le musicien compte parmi les plus immenses de ce début de XXIe siècle. Il interprétera la titanesque Hammerklavier de Beethoven et les redoutables Études d’après Paganini de Liszt. Également au programme de ce concert exceptionnel Trois Préludes, op. 38 de Boris Liatoshynsky, figure majeure de la création ukrainienne du siècle dernier. Son œuvre porte la mémoire d’une culture et d’une patrie au destin profondément marqué, tout en affirmant une voix musicale singulière, nourrie de romantisme tardif et de modernité. À travers Liatoshynsky, ce récital prend ainsi la forme d’un hommage à l’Ukraine, à son histoire et à sa culture.
Sont également très attendus les concerts du jazzman Paul Lay qui s’est vu confier une carte blanche par les organisateurs du festival (lundi 14 septembre), Pierre-Laurent Aimard qui a imaginé un programme sous forme d’une labyrinthique promenade-dialogue entre l’art polyphonique de Bach et des miniatures tirées du fascinant Játékok de de György Kurtág (mardi 15 septembre). À ne pas manquer non plus la prestation de l’artiste native de Saint-Petersbourg Anna Petrova-Forster qui nous permettra de redécouvrir Jan Václav Voříšek, compositeur méconnu pourtant véritable inventeur de l’Impromptu, genre que Schubert allait ensuite porter à un degré exceptionnel de maturité et de popularité (17 septembre).
Piano Jacobins, concert de Vadym Kholodenko, vendredi 11 septembre à 20 heures au cloître des Jacobins, allée Maurice Prin, place des Jacobins à Toulouse. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.
La photographie investit Saint-Cyprien
Jusqu’au 27 septembre 2026, le festival de photographie MAP Toulouse investit deux lieux emblématiques du quartier Saint-Cyprien : la caserne Jacques Vion et le Château d’Eau. Pour sa 16e édition, ce grand rendez-vous du 8e art en France réunit grands noms de la photographie et talents émergents autour d’expositions, de rencontres, d’ateliers... Gratuit et ouvert à tous, il entend démocratiser la photographie tout en soutenant la jeune création.
À la caserne Jacques Vion, les travaux des 14 photographes invités, parmi lesquels Edward S. Curtis, Julie Glassberg, Marine Lanier, Marvin Bonheur, Bénédicte Kurzen ou encore Stéphane Lavoué, seront présentés du 11 au 27 septembre. Le Château d’Eau accueille de son côté l’exposition PODA, consacrée à 22 artistes internationaux, jusqu’au 13 septembre, ainsi que les lauréats 2026 du Prix Photo Sociale, Valérie Horwitz, Naïma Lecomte et François Le Guen, jusqu’au 4 octobre.
Ce week-end sera particulièrement animé. Samedi 12 septembre, Christophe Brachet, photographe de plateau de cinéma et de télévision, également réalisateur de courts métrages et de making-of, donnera à 11 heures une rencontre-conférence consacrée à son métier et à la mémoire du cinéma. À 14 heures, il animera également un workshop Sony, sur pré-inscription, tandis qu’une séance de signatures et de rencontres avec plusieurs photographes invités se tiendra au même moment. Une table ronde sur les pratiques photographiques réunira ensuite, à 16 heures, Anaïs Ondet, Zen Lefort, Bénédicte Kurzen, Stéphane Lavoué et Richard Volante. À 17h30, les lauréats du Prix Photo Sociale seront à leur tour à l’honneur.
Dimanche 13 septembre, le Château d’Eau proposera à 11 heures une présentation de l’exposition PODA, en présence de ses créateurs, ainsi que des photographes Stéphane Lavoué, spécialiste du portrait, et Marine Lanier, lauréate du Prix Ruinart 2025. À 14 heures, la caserne Jacques Vion accueillera une table ronde autour d’une question portée par le photographe autodidacte Marvin Bonheur, lauréat du Prix du public du festival Circulation(s) : « Pourquoi et comment photographier les banlieues ? ».
À noter que cette nouvelle édition de MAP s’inscrit dans la programmation 2026 d’Une Saison Photo à Toulouse.
Festival de Photographie MAP Toulouse, édition 2026. Dans le quartier Saint-Cyprien, jusqu’au 27 septembre. Pour plus d’informations, cliquez-ici.
La dernière lumière de Sorolla
Pour les Toulousains qui n’auraient pas encore pris le temps de pousser les portes de l’Hôtel d’Assézat, c’est le moment ou jamais. Ce week-end marque en effet le clap de fin de l’une des expositions les plus enthousiasmantes de 2026 : « Joaquín Sorolla, Maître de la lumière », proposée par la Collection Bemberg jusqu’à ce dimanche 13 septembre.
Dans ce cadre majestueux, en plein cœur de la Ville rose, cette rétrospective invite à redécouvrir Joaquín Sorolla, figure incontournable de la peinture espagnole du tournant du XXe siècle. Fruit d’un partenariat exceptionnel avec le ministère de la Culture espagnol, la Fundación Museo Sorolla, le Museo Sorolla de Madrid et le musée national de la Renaissance - Château d’Écouen, elle réunit plus de 60 œuvres majeures.
Dès la première salle, le visiteur est plongé dans les paysages maritimes chers au peintre. Celui que l’on surnomme le « peintre de la lumière » y déploie ses scènes de plages éclatantes. Né à Valence, Sorolla n’a cessé de peindre la Méditerranée, ses pêcheurs au travail, ses enfants courant sur le sable, ses bateaux échoués et ses élégantes promenades balnéaires. De Saint-Sébastien, en passant par Biarritz, ses toiles restituent avec une intensité saisissante les couleurs et l’atmosphère du littoral espagnol.
Le parcours révèle aussi un Sorolla plus intime. Sa femme, ses enfants et ses proches occupent une place importante dans son œuvre, aux côtés des grandes figures de la société madrilène et de représentants des classes populaires espagnoles. Des portraits qui témoignent d’un regard attentif, doux et spontané porté sur l’humain.
Enfin, les jardins offrent une conclusion plus paisible au voyage. À partir des années 1910, après la construction de sa maison-atelier à Madrid, Sorolla en fait l’un de ses sujets de prédilection. Fontaines, végétation, jeux d’ombre et lumière filtrée composent alors des scènes d’une grande sérénité.
« Quand on entre dans le studio de Joaquin Sorolla, il semble que l’on arrive à la plage et au ciel ; ce n’est pas une porte qui se ferme sur nous, c’est une porte qui s’ouvre au midi », écrivait le poète Juan Ramón Jiménez. Une invitation pour quelques jours encore...
Joaquín Sorolla, Maître de la lumière, une exposition proposée par la Collection Bemberg jusqu’au 13 septembre 2026 à Hôtel d’Assézat, à Toulouse. Samedi 12 et dimanche 13 septembre, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.