Nos quatre idées sorties à Toulouse pour ce samedi 17 et dimanche 18 janvier
Culture. La rédaction de la Gazette du Midi voit dévoile ses quatre coups de cœur du week-end. Trois pièces signées Balzac, Corneille et Samuel Caprini, mais aussi un festival du film des droits humains. Autant d’occasion de pousser un peu plus loin la réflexion sur le monde qui nous entoure.
Balzac, côté scène au Théâtre Garonne
Dernière chance avant que le rideau ne tombe définitivement. Ce samedi 17 janvier 2026, à 18 heures, la pièce Illusions perdues investit une ultime fois le Théâtre Garonne de Toulouse, après trois représentations. Adaptée et mise en scène par Pauline Bayle, directrice du Théâtre Public de Montreuil, cette revisite du chef-d’œuvre de Balzac, créée en 2020, a été saluée par le Grand Prix du Syndicat de la Critique en 2022.
Publié entre 1837 et 1843, Les Illusions perdues s’inscrit au cœur de La Comédie humaine. Honoré de Balzac y suit Lucien de Rubempré, jeune poète plein d’ambitions, happé par le monde de l’imprimerie, des salons et du journalisme parisien sous la Restauration. Rêves de gloire, compromissions, vertige du succès : la littérature se frotte à la loi du marché, et l’idéal se fracasse contre le réel.
Sur scène, cinq comédiens et comédiennes incarnent une vingtaine de personnages avec une jubilation contagieuse. « Une veste enfilée, un foulard noué, et les identités glissent. Les corps se croisent, s’agrègent, se poursuivent ; les pas martèlent le sol et dessinent la brume d’un Paris tentaculaire, où les espoirs brûlent aussi vite que les passions. Un parcours initiatique mené tambour battant, qui révèle les mécanismes d’une société sans pitié », comme le résume le théâtre sur son site.
Fidèle à son goût pour les grandes œuvres littéraires, Pauline Bayle signe ici un spectacle ample et nerveux de 2h30, porté par une foi intacte dans la puissance du récit. Chevalier des Arts et des Lettres, également récompensée pour son engagement en faveur de l’égalité dans la culture, celle qui est à la fois metteuse en scène, autrice et comédienne s’impose plus que jamais comme l’une des voix majeures du théâtre contemporain.
Illusions perdues, au Théâtre Garonne, 1 avenue du Château d’Eau, à Toulouse. Samedi 17 janvier, à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Films et droits humains sur grand écran
À Toulouse et dans sa métropole, les écrans se font consciences. La 19ᵉ édition du festival des droits humains se poursuit jusqu’au 22 janvier, fidèle à son ambition : faire dialoguer cinéma engagé et réflexion collective.
Résolument militant, l’événement propose cette année encore projections et débats autour de 22 films sélectionnés par des organisations de solidarité internationale comme Amnesty International, ACAT, le CCFD Terre Solidaire, Médecins du Monde ou Médecins Sans Frontières. Des œuvres qui interrogent le monde, suivies d’échanges menés par des spécialistes des thématiques abordées.
Le festival investit de nombreux lieux de Toulouse Métropole, de Blagnac à Colomiers, de Tournefeuille au cœur de Toulouse, avec des projections au Ciné Rex, à Véo Grand Central, à Utopia Tournefeuille, mais aussi à l’ABC, à l’American Cosmograph, au Cratère, à Utopia Borderouge, à Véo Cartoucherie, aux Abattoirs ou encore à la salle du Sénéchal.
Ce week-end s’annonce particulièrement dense. Samedi 17 janvier à 18h30, le Ciné Rex de Blagnac programme Covas do Barroso de Paulo Carneiro, long métrage remarqué en 2024 dans de grands festivals, dont la Quinzaine des cinéastes à Cannes. Le réalisateur portugais y fait rejouer aux habitants d’un village du nord du pays leur mobilisation contre l’implantation de mines de lithium à ciel ouvert sur un site écologique classé, mêlant lutte collective, mémoire et mise en scène du réel.
Le même soir, à 20h30 au Cratère, place à Ernest Cole de Raoul Peck. Le cinéaste haïtien revient sur le destin du photographe sud-africain qui révéla au monde les horreurs de l’apartheid avant de s’exiler à New York et en Europe. À travers ses errances, sa colère et la redécouverte tardive de milliers de négatifs oubliés, le film dresse le portrait poignant d’un artiste confronté au silence et à la complicité du monde occidental.
Enfin, dimanche 18 janvier à 20h30, toujours au Cratère, Émile Navarro présente Des années de silence, appelés en Algérie (1954-1962). Un film nécessaire qui donne la parole à ces anciens appelés longtemps murés dans le silence, marqués à vie par une guerre dont les blessures, individuelles et collectives, continuent de résonner dans le présent.
19ᵉ édition du festival des droits humains dans plusieurs lieux des projections à Toulouse et ses sa métropole. Jusqu’au jeudi 22 janvier. Pour plus d’informations, cliquez-ici.
Corneille au Théâtre de la Cité
À l’affiche du Théâtre de la Cité jusqu’au 21 janvier, le groupe Badinger vous invite à une aventure théâtrale aussi jubilatoire qu’inattendue. La troupe, qui regroupe de jeunes comédiens issus de l’AtelierCité, structure de professionnalisation du théâtre toulousain, s’empare en effet de L’illusion comique du grand Pierre Corneille.
Une tragi-comédie dans lequel l’auteur, alors tout juste âgé de 29 ans, laisse éclater sa virtuosité littéraire. Dans ce grand classique où tout le monde joue à être dupe, un père autoritaire traque son fils en fuite. Un mage lui révèle la vie de ce dernier, de sa fuite à son assassinat. Le père s’effondre, le rideau tombe… et le fils se relève pour compter la recette. Tout n’était que théâtre…
Cette mise en abyme offre aux jeunes comédiens une belle matière pour repousser les frontières entre fiction et réalité, passé et présent. « L’Illusion Comique est pour nous le moyen d’explorer plus en profondeur les textes classiques. Cette pièce, que Corneille lui-même qualifie “d’étrange monstre“, mêle la rigueur d’une langue poétique rythmée à la folie de changements de ton permanents. Truffée de maladresses et d’erreurs d’impression, elle est un terrain de jeu fascinant pour notre quête artistique : insuffler un nouveau souffle à l’alexandrin tout en poursuivant une exploration joyeuse et espiègle du travail des acteurs », détaille la troupe.
L’illusion comique au Théâtre de la Cité, 1 rue Pierre Baudis à Toulouse le samedi 17 janvier à 18 heures. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.
Tom au Grenier Théâtre
Avant de partir au Festival d’Avignon cet été, Tom revient au Grenier Théâtre pour trois nouvelles dates dont les vendredi 16 et samedi 17 janvier. Fresque intime et collective, le spectacle est un hommage vibrant à une génération disparue, une histoire de vie, d’amour et de mort. Présentée pour la première fois en 2025 au Grenier Théâtre, la pièce a immédiatement touché le public.
De fait, la nouvelle création du toulousain Samuel Caprini nous replonge 40 ans en arrière : 1986 à San Francisco. L’épidémie de Sida frappe de plein fouet la communauté gay. Au cœur de cette tempête, un homme : Tom, jeune trentenaire, charismatique, solaire, amoureux de la vie. Il attire, il fascine, il fédère. La pièce n’est pas seulement l’histoire de cet homme malade. C’est celle d’un monde qui vacille.
L’auteur, également metteur en scène et comédien, signe un texte longuement mûri, profondément ancré dans son histoire personnelle. « Tom vit en moi depuis de longues années. Volontaire à Aides, j’ai connu l’impuissance face au Sida, la peur, la honte qu’on nous imposait. Jeune gay, découvrant ma sexualité, j’étais paralysé par ce qu’on qualifiait alors de “cancer gay”. Toute cette époque, tous ces morts qui, par leur nombre, imposent un anonymat, ont déclenché en moi le besoin de les représenter, d’au moins raconter l’un de ces destins », confie Samuel Caprini.
Tom au Grenier Théâtre, 14 impasse Gramont à Toulouse, les 16 et 17 janvier à 20 h 30. Pour plus d’information et acheter vos billets, cliquez ici.