Nos quatre idées sorties pour ce week-end de Toussaint
Culture. Deux exceptionnelles expositions aux Abattoirs de Toulouse et au musée Soulages de Rodez, une expérience poétique au Jardin des Plantes ou encore une plongée dans le cinéma d’animation japonais, voilà nos propositions pour passer de très agréables moments en famille ou entre amis ces vendredi 30 et samedi 31 octobre et 1er novembre 2026.
Louise Nevelson, une rétrospective au musée Soulages
Après le Centre Pompidou-Metz, c’est au musée Soulages de Rodez qu’a pris place la rétrospective consacrée à Louise Nevelson. Présentée jusqu’au 7 mars 2027, il s’agit de la première exposition en France dédiée à la grande sculptrice américaine. Une artiste hors norme qui a étendu le champ de la sculpture à une expérience totale et immersive, quasi architecturale.
Le parcours réunit près d’une centaine d’œuvres (sculptures, collages, gravures et films), réparties en cinq grandes sections. Il met en lumière la pratique de la sculptrice et son dialogue avec la danse, puis l’ensemble conçu autour du « jardin magique », avant d’aborder les constructions symboliques dédiées à l’aube et au crépuscule, les maisons de rêve, et de s’achever sur de vastes murs abstraits et géométriques. Des sculptures provenant d’environnements noirs, dorés et blancs y côtoient de nombreux collages et gravures, révélant toute la diversité de l’oeuvre de l’artiste.
Née en Ukraine en 1899, décédée en 1988, Louise Nevelson partageait avec Pierre Soulages la démarche d’exploration de la couleur noire, de sa radicalité et des jeux d’ombres et de lumières qu’elle occasionne. L’artiste américaine a parfois été associée du cubisme ou aux pratiques dadaïstes. Mais son œuvre se déploie pourtant bien au-delà. Débarquant à New York en 1920, elle apprendra l’art, le chant, le théâtre et la danse, qui prendra une place prépondérante dans son processus de création.
Louise Nevelson. Mrs. N’s Palace, au musée Soulages, Jardin du Foirail, avenue Victor Hugo à Rodez, jusqu’au 7 mars 2027. Samedi 31 octobres et dimanche 1er novembre de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et réserver vos billets, cliquez ici.
Au Quai des Savoirs, le nez dans les nuages
Ancien avocat, Mathieu Simonet est aujourd’hui écrivain. Depuis 2022, il invite le maximum de personnes à s’allonger sur l’herbe pour regarder les nuages et écrire ce qu’elles voient. Tous ces textes constituent une « pétition poétique » pour réfléchir au droit des nuages, qui n’est actuellement pas réglementé. Cette question est importante puisqu’une cinquantaine de pays « ensemencent » les nuages pour accélérer le processus de pluie, sans certitude sur les effets secondaires potentiels.
Plus de 5 000 personnes sur les cinq continents ont déjà participé à cette action poético-politique. Depuis, cette démarche a eu des premiers effets concrets auprès des juristes et des politiques. Après Washington, Lisbonne et Paris, les Toulousains ont à leur tour l’occasion de plonger le regard dans les nuages. Dans le cadre du festival Lumières sur le quai, le Quai des Savoirs leur propose en effet de se joindre à l’expérience en leur donnant rendez-vous samedi 31 octobre à 11 heures, à la terrasse du Café Euclide. Prévoir des vêtements adaptés ou de quoi s’allonger dans l’herbe !
Le festival, lui, se prolonge jusqu’au dimanche 1er novembre. Au menu des expositions, des installations immersives, des projections, des spectacles, des ateliers pour les jeunes et moins jeunes. À l’occasion de ses 10 ans, le Quai des Savoirs nous invite en effet à imaginer les 10, 20 ou 30 prochaines années… À noter la table ronde organisée samedi 31 octobre à 10 heures sur le thème : « La science-fiction peut-elle sortir de la dystopie ? » Avec Lloyd Chéry, rédacteur en chef adjoint de Métal Hurlant, Adrien Vinay, éditeur et rédacteur en chef adjoint du magazine, Richard Guérineau et Joseph Falzon, auteurs et dessinateurs de bande dessinée. Mondes post-apocalyptiques, explorations spatiales qui tournent à la dystopie... sous le crayon des dessinatrices et dessinateurs de BD, le futur ne fait pas toujours rêver. Alors, pourquoi est-ce si difficile d’imaginer des récits positifs ? Chez Métal Hurlant, magazine culte de science-fiction, les numéros dédiés aux utopies existent. Auteurs, rédacteurs et éditeurs partageront leur façon d’explorer le futur et de rêver demain.
Observation des nuages au Jardin des Plantes, le samedi 31 octobre à 11 heures, Allée Matilda à Toulouse. Plus d’informations en cliquant ici.
Japanimation #2 à la Cinémathèque
En 1978 débarquaient sur les écrans de télévision français deux personnages qui allaient ouvrir une brèche spatio-culturelle pour toute une génération et celles qui suivraient. Il y a en effet eu un avant et un après Goldorak et Candy. Les enfants des années 1980 qui ont biberonné à « Récré A2 » n’en avaient alors pas conscience, mais c’est à une véritable révolution culturelle qu’ils assistaient. Depuis la déferlante n’est pas retombée avec dans le courant des années 1990 les sorties sur grand écran d’Akira, Le Tombeau des luciole, Porco Rosso, Ghost in the Shell, Perfect Blue, ou encore Mon voisin Totoro.
Sorti en France en 2000, Princesse Mononoké acheva le processus de transmutation : un véritable phénomène passé du rang de contre-culture dans les années 1990 à culture populaire aujourd’hui. Les enfants de Candy et Goldorak, devenus adultes, et leurs enfants après eux ont fait de la France le pays le plus grand lecteur de mangas derrière le Japon. C’est cette histoire que la Cinémathèque de Toulouse propose de traverser à travers une large programmation qui permet de revoir les grands chefs-d’œuvre du genre devenus des classiques.
Avec à l’affiche vendredi 30 octobre, Les Enfants loups, Ame et Yuki de Mamoru Hosoda (19 heures), Le château ambulant d’Hayao Miyazaki (21 heures), et samedi 31 octobre Miraï, ma petite sœur, également de Mamoru Hosoda, (16 heures), Miss Hokusai, de Keiichi Hara (19 heures) et Perfect Blue de Satoshi Kon (21 heures).
Japanimation à la Cinémathèque de Toulouse, 69 rue du Taur. Les vendredi 30 et samedi 31 octobre. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.
Miró fait sa révolution aux Abattoirs
Après le succès de « L’Imagination au pouvoir », consacrée à Jean-Charles de Castelbajac et qui a attiré près de 148 000 visiteurs, le musée des Abattoirs de Toulouse remet le couvert avec une nouvelle exposition événement. Jusqu’au 7 mars 2027, « Joan Miró. Protestation » réunit près de 200 œuvres de l’icône catalane de l’art moderne, dont certaines rarement montrées en France.
Peinture, sculpture, gravure, céramique : cette rétrospective XXL explore les multiples facettes d’un artiste prolifique, auteur de milliers de créations. Parmi ses œuvres emblématiques, La Ferme, peinte entre 1921 et 1922, transforme une scène de la vie rurale catalane en un tableau foisonnant de détails. Avec Femme et Oiseaux dans la Nuit, réalisée en 1945, Miró explore quant à lui un univers plus cosmique, peuplé de figures mystérieuses.
Mais au-delà de ses compositions colorées et de son imaginaire singulier, le parcours met en lumière une dimension moins connue de son travail : la contestation. Le titre de l’exposition fait référence à un tract de Louis Aragon et André Breton, publié en 1926 pour critiquer le ballet Roméo et Juliette de Serge de Diaghilev, dont Miró avait conçu les costumes.
Dans un contexte marqué par la guerre et le franquisme, l’artiste fait de la protestation un moteur de création, bouscule les codes de la peinture et collabore avec d’autres artistes engagés. Une rétrospective pour découvrir comment le « rêveur catalan » a transformé les critiques et les attaques contre son œuvre en matière créative.
Protestation, une exposition consacrée à Joan Miró aux Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte à Toulouse, jusqu’au 7 mars 2027. Samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.