Où sortir à Toulouse pour ce dernier week-end de 2025 ?
Culture. 2025 n’a pas encore dit son dernier mot ! Avant de tourner définitivement la page, la rédaction de la Gazette du Midi vous a concocté une sélection de quatre sorties incontournables pour ce samedi 27 et dimanche 28 décembre à Toulouse et ses environs. Prêts à en profiter jusqu’au bout ? À vos agendas !
Un Noël enchanté à la Halle de la Machine
Pour prolonger la magie des fêtes, la Halle de la Machine se transforme en véritable théâtre d’hiver en ce mois de décembre. Astérion le Minotaure invite petits et grands à vivre des moments hors du commun à Montaudran, entre créatures monumentales, contes fantastiques et douceurs de saison. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte, pour une évasion garantie !
Dès la tombée du jour, Astérion parcourt la piste des Géants, torche en main, sous le regard de Long Ma, la monumentale jument-dragonne chinoise. Une ultime occasion d’admirer cette créature mythique à la Halle de la Machine avant son envol vers de nouvelles aventures. Les voyages à dos de Minotaure, moments toujours spectaculaires, prennent une dimension encore plus féerique à la lueur de l’hiver.
Tout au long du week-end, les “contes d’hiver et variés” rythment les après-midis. Ces fables loufoques et poétiques, racontées et mises en musique par les véritables machinistes, invitent à dévaler la piste de l’imaginaire. Les séances ont lieu samedi et dimanche à 15h30 et 17h15, en accès libre et gratuit. À noter : la séance du 27 décembre à 17h15 est traduite en langue des signes française.
Les gourmands ne sont pas oubliés. Sur le parvis, la buvette de Noël réchauffe l’atmosphère avec gaufres, crêpes, chocolat chaud et vin chaud, tandis que braséros et marrons grillés créent une ambiance feutrée. À l’intérieur, le “déjeuner des petites mécaniques”, proposé sur réservation le midi, mêle repas-spectacle et machines étonnantes.
Autre temps fort du week-end : les “extr[ART]dinaires ventes à la criée”, organisées samedi 28 et dimanche 29 décembre l’après-midi. Sous les coups de marteau des commissaires-priseurs fantasques, les œuvres réalisées par les machines imaginées par François Delaroziere (directeur artistique de la compagnie La Machine) cherchent preneur dans une ambiance joyeusement décalée. Enfin, impossible de repartir sans un tour sur le manège Carré Sénart, qui tourne tous les jours pendant les vacances.
Le Noël d’Astérion, jusqu’au 4 janvier à la Halle de la Machine, 3 avenue de l’Aérodrome de Montaudran, à Toulouse. Samedi 27 et dimanche 28 décembre, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Henri-Georges Adam, une rétrospective monumentale
C’est l’un des grands temps forts culturels de la saison. Du 18 septembre 2025 au 18 janvier 2026, la Ville de Toulouse rend un hommage inédit à Henri-Georges Adam (1904-1967), figure majeure de l’art moderne d’après-guerre, à travers une exposition d’envergure déployée dans quatre lieux emblématiques du patrimoine toulousain. Une invitation à redécouvrir une œuvre puissante, engagée et profondément spirituelle.
Graveur, sculpteur, peintre et tapissier, Henri-Georges Adam a marqué son époque par la monumentalité de ses formes et la force expressive de son langage plastique. À Toulouse, son univers se dévoile au fil d’un parcours scénographié qui fait dialoguer art moderne et lieux chargés d’histoire. Le grand public toulousain connaît d’ailleurs déjà son travail, souvent sans le savoir : à l’entrée de la Cité de l’espace, un bâtiment à la silhouette singulière, longtemps surnommé « la cocotte », s’inspire directement de l’une de ses sculptures majeures, La Chapelle blanche.
Premier arrêt au musée des arts précieux Paul-Dupuy, où le visiteur découvre une vision d’ensemble de son travail pluridisciplinaire : sculptures, dessins, tapisseries et médailles y retracent la richesse et la cohérence de son œuvre. À la chapelle de La Grave, dix sculptures monumentales prennent place dans un cadre patrimonial exceptionnel, renforçant la dimension spirituelle de la démarche de l’artiste.
Le parcours se poursuit au Castelet de l’ancienne prison Saint-Michel, où dessins de guerre, masques de théâtre et sculptures entrent en résonance avec l’histoire du lieu, la Résistance et l’engagement humaniste d’Adam. Enfin, au Monument à la Gloire de la Résistance, le public peut admirer Le Gisant de la Résistance, œuvre emblématique présentée en écho direct à l’architecture commémorative.
Pour prolonger la découverte, l’exposition propose également de nombreuses visites guidées au musée Paul-Dupuy, à la chapelle de La Grave et au Castelet, ainsi que des visites flash gratuites au Monument à la Gloire de la Résistance. Des ateliers et livrets de visite, pensés pour petits et grands, complètent le dispositif.
À la découverte de l’œuvre d’Henri-Georges Adam, dans quatre lieux culturels à Toulouse. Pour plus d’informations, cliquez-ici.
Deux classiques du théâtre à (re)découvrir au 3T
Vous avez envie d’une soirée qui mêle éclats de rire et moments de réflexion ? Rendez-vous au café-théâtre des 3T de Toulouse qui, ce samedi 27 décembre, mise sur deux valeurs sûres du répertoire contemporain. Deux pièces cultes, deux écritures incisives, pour une fin d’année placée sous le signe des mots qui claquent et des vérités qui dérangent.
À 18h45, place d’abord à « Le Prénom », comédie mordante d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, dans une nouvelle version mise en scène par Gérard Pinter. Créée en 2010 au théâtre Édouard VII, la pièce est devenue un véritable phénomène, couronné par une adaptation cinématographique à succès en 2012 (plus de 3 millions d’entrées).
Le point de départ est simple : lors d’un dîner familial, un futur père annonce vouloir appeler son fils « Adolphe ». Une provocation en apparence anodine qui va faire exploser les convenances, révéler rancœurs, non-dits et règlements de comptes. Une mécanique implacable, servie par une distribution solide, où l’humour le dispute à la cruauté des vérités mises à nu.
À la même heure, 18h45, le 3T propose également « Les Monologues du vagin », texte emblématique d’Eve Ensler, adapté et mis en scène par Dominique Deschamps. Portée par trois comédiennes tour à tour émouvantes, puissantes et drôles, cette pièce est bien plus qu’un spectacle : un phénomène de société, traduit en 45 langues et joué dans le monde entier.
Écrit à partir de plus de 200 entretiens avec des femmes aux parcours, âges et origines multiples, le texte donne voix à leurs sensations, leurs traumatismes, leurs colères et leurs joies. Un moment fort, nécessaire, à voir et revoir.
Le Prénom et Les Monologues du vagin au café-théâtre les 3T, 40 rue Gabriel Péri à Toulouse. Samedi 27 septembre, à 18h45. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Une exposition pop et jubilatoire aux Abattoirs
C’est l’événement culturel de cette fin d’année à Toulouse. Après avoir accueilli l’artiste américaine Mickalene Thomas, le musée des Abattoirs consacre une exposition exceptionnelle à Jean-Charles de Castelbajac, créateur de mode visionnaire et artiste protéiforme. Intitulée « L’Imagination au pouvoir », cette rétrospective spectaculaire invite le public à une plongée haute en couleur dans plus de cinquante ans de création libre et indisciplinée.
Dès l’entrée, la scénographie impressionne. Entièrement repensée, chaque salle se transforme en un univers à part entière, dévoilant près de 300 œuvres : vêtements iconiques, objets de design, dessins, photographies et pièces monumentales. Une déambulation jubilatoire qui révèle l’ampleur et la cohérence d’une œuvre foisonnante, guidée par une inventivité sans cesse renouvelée.
Icône avant-gardiste de la mode française, Jean-Charles de Castelbajac bouscule les codes dès ses débuts, en 1968, en transformant serpillières et couvertures de pensionnat en manifestes d’upcycling poétique. Sacré par Women’s Wear Daily comme « le Courrèges des années 70 », il fonde sa maison en 1978 et électrise les podiums avec ses créations pop, colorées et résolument joyeuses.
Des collaborations avec Max Mara ou Iceberg, pour lesquels il imagine les célèbres pulls « cartoons », à la direction artistique de Courrèges, Castelbajac impose un style unique, où l’imaginaire dialogue avec la culture populaire. Précurseur des croisements entre art et mode, il convie Keith Haring, Mapplethorpe ou Combas à ses défilés, transformant ses robes en véritables tableaux vivants.
Son univers, dominé par le bleu, le jaune et le rouge, s’exprime aussi hors des podiums, à travers des œuvres monumentales, de la fresque géante d’Orly à la sculpture L’Ange Géographe, inaugurée à Paris en 2024. Artiste à la fois spirituel et iconoclaste, Jean-Charles de Castelbajac a même marqué l’histoire en signant les vêtements liturgiques du pape Jean-Paul II, puis ceux du diocèse de Paris pour la réouverture de Notre-Dame.
L’Imagination au pouvoir, une exposition consacrée à Jean-Charles de Castelbajac, aux Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte à Toulouse, jusqu’au 23 août 2026. Samedi 27 et dimanche 28 décembre, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.