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141e année

Picabia et Speedy Graphito au MIB

Exposition. Les événements de l’été à Montauban.

Art - Culture - Exposition - Tarn-et-Garonne
Speedy Graphito expose au musée Ingres Bourdelle (à gauche - crédit : Emilie Sajot). Francis Picabia, Revue Littérature, n°10, 1922 (à droite - Collection Galerie Hervé Bize, Nancy).

Depuis sa réouverture et sa rénovation complète, le musée Ingres-Bourdelle (MIB) accueille chaque année un artiste contemporain en ses murs. Après Miguel Chevalier et Georges Rousse, c’est Speedy Graphito, un des pionniers du street art en France, qui depuis le début des années 80 imprègne la mémoire collective et les murs de Paris en les colorant de ses graphismes percutants, qui cet été, investit les lieux pour offrir une installation inédite aux visiteurs du musée montalbanais. Prenant racines dans la salle du Prince Noir située dans les sous-sols médiévaux de cette institution classée aux Monuments Historiques, l’œuvre de Speedy Graphito se déploie dans tout le musée, jusqu’aux salles des dessins d’Ingres.

LES FANTÔMES D’INGRES

L’exposition évoque une présence fantomatique dans l’ensemble du musée comme si les muses d’Ingres, toujours présentes, côtoyaient les visiteurs dans un parcours mystérieux et étrange. Dans ce « petit théâtre d’Ingres », les muses ondulent dans une danse chamanique. En arrière-plan, La Grande Odalisque apparaît dans une nature luxuriante où résonnent au loin les échos du violon d’Ingres. Les Fantômes d’Ingres parcourent ainsi les salles du musée pour entrer en résonance avec les collections. L’installation se prolonge de fait à travers des tirages photo exposés dans les escaliers donnant accès aux différents étages. Les muses d’Ingres se dévoilent alors à travers des images pixelisées ne pouvant se lire qu’avec un téléphone portable ou en plissant les yeux. Enfin, Speedy Graphito offre aux visiteurs sa réinterprétation de quelques dessins d’Ingres à retrouver dans les tiroirs du second étage.

PICABIA PIQUE À INGRES

Les salles d’expositions temporaires accueillent, elles, également pour l’été, une exposition-évènement intitulée « Picabia pique à Ingres ». Elle propose une rencontre aussi inattendue qu’évidente entre le maître montalbanais et le protagoniste incontournable du mouvement Dada qui, sous ses airs moqueurs, a si souvent puisé dans l’œuvre d’Ingres, tout en la raillant… L’humour, la dérision et l’indifférence feinte caractérisent la relation que Picabia entretenait avec Ingres. Si l’on sait que le maître de Montauban est l’une des références constantes de celui qui disait pourtant ne pas vouloir aller « chercher dans les musées ce que les conservateurs y ont enterré », la façon dont le Montalbanais apparaît dans l’œuvre graphique de Picabia est un peu moins connue.

Rédaction GdM