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Que faire à Toulouse pendant ce dernier week-end de vacances d’été ?

Culture. Exposition au Japon des « évaporés », concerts à la Halle des Machines, festival de graffeurs latinos et cinéma en plein air entre science-fiction et féerie… Pour cet ultime week-end avant la rentrée, samedi 29 et dimanche 30 août 2026, la rédaction a sélectionné quatre sorties culturelles dans la Ville rose.

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Ce samedi 29 août 2026, le festival cinéma en plein air organisé par la Cinémathèque de Toulouse projette son dernier film avant la reprise de la saison 2026-2027. (©Franck Alix)

Un voyage photographique au Japon des évaporés

« Je me sens moi-même une créature éphémère » : une phrase poétique qui se traduit en japonais par « Hakanai Sonzai ». Quelle richesse que celle de la langue japonaise, capable d’exprimer un sentiment complexe en seulement un ou deux mots. Ce sont en tout cas les mots que le photographe Pierre-Elie de Pibrac a choisis pour intituler le travail qu’il a mené au Japon en 2020, proposant ainsi une étude anthropologique de la société japonaise.

La galerie du Château d’Eau, située au bord de la Garonne, dans le quartier Saint-Cyprien, propose un retour sur ce voyage culturel profondément touchant jusqu’au dimanche 30 août. L’exposition entremêle couleurs et noir et blanc autour du « mono no aware », un concept esthétique et spirituel japonais qui peut se traduire par « l’empathie envers les choses » ou la « sensibilité à l’éphémère ».

Dans cette exposition, l’artiste, né à Paris dans les années 1980, cherche à décrire une société qui a forgé des règles collectives exigeantes afin de faire face à l’hostilité d’une nature qui impose sa loi. Son travail s’inscrit dans la continuité d’une démarche similaire initiée à Cuba. Ici, il interroge une population traumatisée par la catastrophe du tremblement de terre et du tsunami qui a frappé le pays le 11 mars 2011, faisant 19 759 morts et plus de 2 500 disparus. Les témoins racontent le traumatisme ainsi que leurs inquiétudes psychiques et intimes.

Dans une démarche d’investigation, Pierre-Elie de Pibrac accorde une importance particulière au récit des histoires personnelles à travers des profils singuliers : yakuzas, rescapés de la catastrophe de Fukushima, hikikomori (c’est-à-dire des personnes coupées du monde et des autres, souvent cloîtrées dans leur chambre) ou encore des « évaporés » ayant disparu volontairement.

C’est ainsi que le photographe propose une sélection de portraits aussi touchants que porteurs d’un témoignage puissant, dans une société qui se reconstruit malgré des plaies encore ouvertes. Il travaille ici avec une chambre photographique, l’un des premiers dispositifs de prise de vue issus de la camera obscura, donnant ainsi un caractère intemporel à ses productions : des portraits saisis au fil de ses rencontres et des témoignages qu’il recueille.

Exposition « Hakanai Sonzai » de Pierre-Elie de Pibrac au Château d’eau, 1 place Laganne à Toulouse, jusqu’au dimanche 30 août 2026, de 11 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et pour accéder à la billetterie, cliquez-ici.

Bouquet final à la Halle des Machines

Si, cette année, la Halle des Machines et ses chars grandeur nature n’ont pas prévu de défilé dans la Ville rose, le dernier week-end du festival Halle Night Long est l’occasion de redécouvrir Astérion le Minotaure, sur la Piste des Géants. Comme chaque année, l’événement investit le quartier de Montaudran pendant tout l’été pour présenter une série de concerts d’artistes venus du monde entier.

RoRock, électro, rap, pop, funk ou encore latino... les organisateurs explorent l’ensemble du spectre musical avec une liste d’invités qui fait vibrer la scène toulousaine le temps d’un été. Ambiance tantôt dansante, tantôt envoûtante, mais toujours placée sous le signe de la bonne humeur : le festival accueille le public dans un espace guinguette.

Ce samedi 29 août, le micro est donné au groupe Zingabe, un ensemble composé de onze musiciens qui proposent un mélange explosif de funk, soul, jazz et musiques afro-cubaines, un mariage artistique inspiré par l’un des créateurs de l’afrobeat, Fela Kuti. Le groupe est également profondément influencé par Antibalas, ensemble musical originaire de Brooklyn, imprégné de funk et de jazz, qui fait la part belle aux cuivres et aux percussions.

En 20 ans d’expression et de composition, Zingabe a rempli des salles et participé à des festivals à travers toute la France, tels que le Glazart à Paris, le Havana à Toulouse et le festival Radio France à Montpellier, ainsi qu’au Montreux Jazz Festival en Suisse. Parcourant depuis peu les routes du jazz, le groupe a intégré un nouveau chanteur afin d’apporter de nouvelles sonorités à l’ensemble.

Le dimanche 30 août, le quatuor excentrique de Kapouzi Mon Amour monte sur scène pour proposer un surf rock aux sonorités grecques. Fondé en 2020, le groupe mêle un répertoire inspiré des années 1960 à des influences méditerranéennes, notamment celles du groupe moyen-oriental Boom Pam. Les quatre artistes jouent habilement d’un rock aussi dansant que celui des Beach Boys, avec des accents venus de la mer Égée.

Festival Halle Night Long, 3 avenue de l’Aérodrome de Montaudran. Samedi 29 et dimanche 30 août, de 19 heures à 22 heures. Pour plus d’informations, cliquez-ici.

Dernières séances en plein air

La Cinémathèque de Toulouse organise son dernier week-end cinématographique avant la rentrée des classes, ce samedi 29 août 2026. Et pas des moindres, avec, à l’affiche, Challengers à 18h30. Sorti en 2024, le film raconte l’histoire de Tashi Donaldson (Zendaya), ancienne joueuse de tennis devenue entraîneuse, mariée à un champion sur le déclin, Art (Mike Faist). Elle se retrouve face à un dilemme amoureux lorsque ce dernier doit affronter son ex-petit ami, Patrick (Josh O’Connor).

Dans ce triangle amoureux envoûtant et sensuel, les trois acteurs jouent la tension du dilemme avec brio, sur un pitch vieux comme le monde qui, pourtant, réserve quelques surprises. Le quatrième personnage ? Le tennis.

À 21h30, l’institution culturelle prévoit la projection de Rencontres du troisième type, chef-d’œuvre du réalisateur Steven Spielberg, en version originale sous-titrée. Véritable voyage à travers les méandres du cosmos, le film invite à redécouvrir les plus grands mystères de la science autour d’une simple question : sommes-nous seuls dans l’univers ?

Sortie en 1977, alors que son réalisateur n’avait que 31 ans, cette épopée est notamment portée par Richard Dreyfuss, qui interprète Roy Neary, un réparateur de câbles électriques. Lors d’une coupure d’électricité dans sa ville de l’Indiana, il voit une soucoupe volante passer au-dessus de sa voiture. Aux quatre coins du monde, plusieurs personnes assistent alors à des événements aussi spectaculaires qu’inexplicables.

Dès sa sortie, le film a rencontré un succès tant artistique que commercial, avec plus de 300 M$ de recettes dans le monde. Il a également reçu plusieurs prix et nominations, parmi lesquels un Oscar en 1978, ainsi que des nominations aux Golden Globes et aux Saturn Awards la même année, puis aux BAFTA en 1979. Il a également été largement acclamé par l’American Film Institute.

Après ce dernier week-end consacré aux séances estivales, la Cinémathèque de Toulouse lancera sa saison 2026-2027 dès le 10 septembre prochain. La nouvelle saison sera présentée à 18h30 dans la salle 1, avant la projection de L’Invraisemblable Vérité de Fritz Lang à 20h30 dans la salle 2.

Festival Cinéma en plein air, à la Cinémathèque de Toulouse. Samedi 29 août, à 18 h 30 et à 21 h 30, 69 rue du Taur. Pour plus d’informations sur la programmation et accéder à la billetterie, cliquez-ici.

Les délires du collectif Latino Graff

Pour ceux qui ne sont pas partis en voyage, le voyage vient dans le quartier de Saouzelong à Toulouse en cette fin de mois d’août, avec les 10 ans du festival Latino Graff, qui fait le pont entre des artistes graffeurs venus d’Amérique latine et les murs des grandes villes européennes. Lors de cette édition 2026, le collectif organisateur étale son art dans la Ville rose jusqu’au samedi 29 août, avant d’investir les murs de Clermont-Ferrand du 1er au 7 septembre. Ce samedi, l’événement se clôturera par une journée de concerts et de rencontres avec les différents artistes présents, de 17 heures à 23 heures.

Pour l’occasion, le collectif a invité Oscar González Guach, dit « Guache », qui puise ses inspirations dans l’héritage de l’art indigène colombien et entremêle le muralisme colombien aux formes du design contemporain. Reconnu internationalement, il a déjà présenté des expositions individuelles au Museo de Arte Contemporáneo de Bogotá en 2014 et à Berlin la même année, puis, de retour à Bogotá, au Centre Colombo Americano en 2016. Il s’est ensuite exporté dans des galeries à Toulouse, Paris et New York en 2017.

Le festival met également à l’honneur sa compatriote Maria Tarazona et ses peintures murales aux tons pastel. En tournée européenne, l’artiste colombienne est passée par Madrid et Clermont-Ferrand avant de poser ses pinceaux à Paris en septembre. Son univers, simple et touchant, met en scène des moments du quotidien : deux enfants qui sourient, une femme donnant le sein ou encore des ancêtres contemplant le temps qui passe, dans une palette dominée par le jaune doré.

La street-artiste Margot Margay sera également présente pour partager sa vision naturaliste et humaniste du monde. La Grassoise, partie vivre au Mexique en 2015, a déjà exposé dans plusieurs pays d’Amérique centrale, ainsi qu’en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni et au Maroc. Son travail est marqué par sa volonté constante d’intégrer ses œuvres au paysage et de s’adapter aux différents supports.

Enfin, Latino Graff invite l’artiste colombien Kozte, originaire de Medellín et auteur de peintures murales géantes dans son pays natal. Ce dernier y déploie son univers coloré et rêveur, composé de visages et de corps allongés et étendus. Il ose la représentation de scènes du quotidien colombien sous des formes qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut, sur des hôtels ou des façades en centre-ville.

Les quatre invités sont rejoints par les artistes toulousains Antistak et Massa, ainsi que par le Clermontois Lowhite. Le collectif Latino Graff prévoit par ailleurs différentes conférences sur l’art urbain ainsi que des sessions de live painting.

Festival Latino Graff. Jusqu’au samedi 29 août 2026 à 23 heures, dans le quartier de Saouzelong, au Club seniors, 44 avenue de Rangueil. Pour plus d’informations sur l’événement, cliquez-ici.