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141e année

Rio Loco : douceurs lisboètes du 15 au 19 juin à Toulouse

Événement. La 27e édition du festival toulousain Rio Loco, qui battra son plein du 15 au 19 juin, mettra en avant la nouvelle vague et nouvelle onde portugaise. Tour d’horizon.

Pedro Da Linha, représentant la scène électro lisboète.
Pedro Da Linha, représentant la scène électro lisboète. (Crédit : DR)

Cette 27e édition du festival de musique Rio Loco, consacrée cette année à la « Nova Onda » (nouvelle onde) qui traverse le Portugal, mettra en avant tout aussi bien, parmi une programmation pléthorique, le brésilien Chico César, l’électro de la franco-portugaise Lucie Antunes – entre vibraphone, percussions, sons acoustiques, objets de récup’ et nappes électroniques, qui crée de nouvelles matières sonores pour offrir une véritable « traversée sensorielle universelle » –, le fado de Lina Raul Refree ou encore le rock progressif et expérimental de Paus. Direction aussi Lisbonne où la scène afro se révèle dynamique sous les influences des anciennes colonies que sont notamment le Cap-Vert ou encore la Guinée-Bissau.

« Je suis entre Bob Marley et D’Angelo, Lauryn Hill et Cesaria Evora. Toujours entre ces deux mondes. Et je me demande en permanence comment les mélanger »

Parmi les têtes d’affiche, on retrouve le DJ Lycox qui représente les producteurs les plus influents de la scène afro house music portugaise. D’origine angolaise, l’artiste marie et fusionne les styles Kuduro, synth pop, kizomba, baile funk, grime, etc. Ses sets ont fait le tour du monde, des clubs mythiques comme le Berghain, temple de la techno berlinoise, le XOYO de Londres ou encore le Silencio à Paris, aux plus grands festivals (Primavera Sound Porto, Un - sound Cracovie…). Le chanteur et producteur Dino D’Santiago, lui, originaire de l’île de Santiago, s’émancipe des sonorités capverdiennes traditionnelles (funaná, batuque) pour mieux les sublimer au travers du filtre de l’électro et de sa voix R’n’B. L’artiste le reconnaît : « Je suis entre Bob Marley et D’Angelo, Lauryn Hill et Cesaria Evora. Toujours entre ces deux mondes. Et je me demande en permanence comment les mélanger », souligne-t-il.

Depuis 2013, ce chantre de la musique créole a sorti quatre albums et se produira sur scène aux côtés du producteur électronique Branko, João Barbosa de son vrai nom, cofondateur du mythique Buraka Som Sistema, dans la banlieue nord de Lisbonne. Valoriser les sonorités créoles, dans l’esprit de la Nova Lisboa, cette nouvelle Lisbonne fait figure de haut lieu avant-gardiste en Europe. Le public retrouvera également Lass, qui est d’abord une voix. Ample, ronde, soyeuse, tantôt délicate et céleste, tantôt urbaine et explosive, sur des productions hip-hop, électro, afropop, m’balax, typées house, racées jazz… Ne pas manquer aussi l’artiste Pedro Da Linha, qui s’est rapidement fait une place de choix au sein de la scène électro lisboète. Ses productions, prometteuses et novatrices, reflètent un amour inconditionnel pour les sonorités cosmopolites et métissées qui font l’identité culturelle de la capitale portugaise.

Du 15 au 19 juin au Metronum de Toulouse

Autre style, venu cette fois tout droit de l’Uruguay, l’auteur- compositeur interprète Jorge Drexler, ovationné particulièrement en Espagne et en Amérique latine, qui emporte le public dans une communion quasi instantanée. Son style guitare voix est incomparable. Trente ans après la sortie de son premier album, près de cinq ans après le très acclamé Salvavidas de hielo (2017), Jorge Drexler présente lors de cette parenthèse toulousaine son nouvel opus Tinta y tiempo, sorti ce printemps. De son côté, la DJ et productrice Rita Maïa, curatrice sur Worldwide FM, la célèbre webradio de Gilles Peterson, et légende vivante de l’acid jazz (propriétaire du label éponyme, Acid Jazz Records), animera sur la scène toulousaine une émission baptisée « Migrant Sounds ». Il s’agira d’une véritable boîte de Pandore rassemblant des sons du monde entier. Dans toute sa diversité, le festival propose également d’accroître la visibilité des artistes féminines à travers un podcast inédit qui sera réalisé en direct et en public par les artistes et créatrices du festival au Metronum.

Cet espace sera dédié aux musiciennes et à leurs histoires artistiques et personnelles. Jeanne Lacaille qui animera ces temps forts, invitera Nina Goern, Emel Mathlouthi ou encore Flavia Coelho, marraine de la Women Metronum Academy, dispositif de mentorat qui soutient les artistes féminines. L’enregistrement de ce podcast aura lieu le mercredi 15 juin et le jeudi 16 juin, de 11 heures à 12h30, et sera à suivre en ligne ou en direct au Metronum à Toulouse. Le festival laisse également une place aux arts visuels : la street artiste portugaise Ana Martins proposera une oeuvre collaborative et évolutive tout au long du festival. Les visiteurs pourront ainsi tous participer à la confection d’une oeuvre. Il s’agit d’un mur sur lequel chacun pourra broder une croix, pour constituer une oeuvre murale complète à l’issue du festival. Des artistes d’Occitanie ont réalisé les portraits de huit personnalités ayant été engagées dans la lutte des droits civiques.

Billetterie sur : rioloco.festik.net

Rédaction GdM