Sorties à Toulouse : que faire pour le pont de l’Ascension ?
Culture. Entre jazz et électro, deux festivals de musique et deux expositions aux univers radicalement opposés : voilà ce qui vous attend côté sorties pour ce week-end prolongé des vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 mai. Un grand écart culturel aussi riche que dépaysant.
Joaquin Sorolla, la lumière en grand à Toulouse
« Quand on entre dans le studio de Joaquin Sorolla, il semble que l’on arrive à la plage et au ciel ; ce n’est pas une porte qui se ferme sur nous, c’est une porte qui s’ouvre au midi », écrivait le poète Juan Ramón Jiménez à propos du peintre espagnol. Une phrase qui résonne parfaitement avec l’exposition événement du printemps à Toulouse.
Jusqu’au 13 septembre 2026, la Collection Bemberg accueille dans le cadre majestueux de l’Hôtel d’Assézat une rétrospective consacrée à Joaquín Sorolla, figure incontournable de la peinture espagnole du tournant du XXe siècle. Fruit d’un partenariat exceptionnel avec le ministère de la Culture espagnol, la Fundación Museo Sorolla, le Museo Sorolla de Madrid et le musée national de la Renaissance - Château d’Écouen, l’exposition rassemble plus de 60 œuvres majeures.
On y retrouve tout ce qui a fait la renommée de celui que l’on surnomme le « peintre de la lumière » : des scènes de plages éclatantes, des portraits intimistes et des jardins baignés de soleil. Sorolla capte les mouvements, les reflets et les instants fugaces avec une précision presque photographique, héritée de sa découverte très précoce de cette technique auprès de son beau-père valencien Antonio García Péris.
Le parcours plonge d’abord les visiteurs dans les paysages maritimes chers au peintre. Né à Valence, sur les rives de la Méditerranée, Sorolla n’a cessé de peindre la mer et ceux qui vivent autour d’elle. Pêcheurs au travail, enfants courant sur le sable, bateaux échoués ou élégantes promenades balnéaires : ses toiles donnent presque la sensation de sentir la chaleur et la lumière du littoral espagnol. Certaines scènes peintes à Valence, Saint-Sébastien ou Biarritz frappent par leur intensité lumineuse, au point d’éblouir le regard.
L’exposition explore aussi un aspect plus intime de son œuvre à travers les portraits. Sa femme, ses enfants et ses proches deviennent des sujets récurrents, peints avec douceur et spontanéité. Sorolla réalise également les portraits des grandes figures de la société madrilène, tout en portant son regard sur les classes populaires espagnoles. Cette diversité de modèles témoigne de son attention constante au réel et à l’humain.
Enfin, les jardins ferment le parcours dans une atmosphère plus calme et méditerranéenne. À partir des années 1910, après la construction de sa maison-atelier à Madrid, le jardin devient l’un de ses sujets favoris. Jeux d’ombre, fontaines, végétation et lumière filtrée composent des tableaux d’une grande sérénité.
Joaquín Sorolla, Maître de la lumière, une exposition proposée par la Collection Bemberg jusqu’au 13 septembre 2026 à Hôtel d’Assézat, à Toulouse. Samedi 16 et dimanche 17 mai, de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Clap de fin en jazz majeur à Saint-Gaudens
Véritable institution dans le paysage culturel régional, le festival Jazz en Comminges tire sa révérence ce week-end après cinq jours de concerts à Saint-Gaudens. Depuis plus de deux décennies, ce rendez-vous incontournable réunit des milliers de passionnés autour des plus grands noms du jazz et des nouvelles figures de la scène internationale. Porté par l’association CLAP, le festival cultive cette même ambition : faire dialoguer les grands classiques du genre avec les sonorités d’aujourd’hui. Et pour cette 23e édition, la soirée de clôture du samedi 16 mai promet un final à la hauteur de sa réputation.
Direction le Parc des expositions du Comminges pour une soirée en deux temps. À 20h30, le Paul Lay Trio ouvre le bal avec un hommage singulier à Jean-Sébastien Bach. Pianiste virtuose et figure majeure du jazz européen, Paul Lay s’est imposé ces dernières années comme l’un des musiciens français les plus récompensés de sa génération. Entouré du contrebassiste Clemens van der Feen et du batteur Donald Kontomanou, il revisite les Préludes, Fugues et chorals du compositeur allemand dans une lecture moderne, élégante et profondément rythmique.
Le trio navigue entre écriture classique et liberté jazz avec une grande fluidité. Les thèmes de Bach y croisent l’univers d’Oscar Peterson ou encore l’esprit feutré de Miles Davis. Entre swing subtil, improvisations et atmosphères lumineuses, le concert joue autant sur la virtuosité que sur l’émotion.
En deuxième partie de soirée, changement d’ambiance avec l’arrivée sur scène d’Ana Carla Maza. La chanteuse, violoncelliste et compositrice cubaine viendra défendre les morceaux de Caribe, son troisième album, véritable déclaration d’amour aux musiques latino-américaines. Révélation de la scène jazz actuelle, elle enchaîne les grandes scènes européennes, de Jazz à Vienne au Blue Note Milano, grâce à son énergie communicative et son univers métissé.
Une exposition percutante au Castelet, à Saint-Michel
Bâtie en plein cœur de la ville, la prison Saint-Michel veille sur Toulouse depuis plus d’un siècle et demi. Œuvre monumentale imaginée par l’architecte Jacques-Jean Esquié à la fin du XIXe siècle, l’édifice est un joyau du patrimoine toulousain. Si la prison est fermée au public, l’ancienne partie administrative est devenue un espace culturel et mémoriel. Jusqu’au 2 août prochain, Le Castelet, c’est son nom, accueille une nouvelle exposition.
Avec « Le ciel nous vengera », l’artiste Nicolas Daubanes investit ce lieu chargé d’histoire pour poursuivre un travail qu’il mène depuis plus de quinze ans autour de la mémoire carcérale, de l’enfermement et des formes de résistance. Né en 1983 et installé entre Perpignan et Rome, le plasticien nourrit sa démarche de résidences immersives dans des maisons d’arrêt et d’expérimentations plastiques singulières. « J’investis des questions essentielles : la vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales qui les façonnent », explique l’intéressé, lauréat du Prix des Amis du Palais de Tokyo en 2018 et du Prix Drawing Now en 2021.
Dessins à la limaille de fer aimantée (poudre formée par usure d’un métal), incrustations d’acier incandescent sur verre, sculptures mêlant béton et sucre ou photographies révélées aux étincelles : Nicolas Daubanes explore des matières instables et fragiles, qui disent à la fois « la contrainte et la possibilité de l’évasion ». La limaille de fer renvoie ainsi aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent de s’en libérer.
Conçue dans la continuité de sa résidence à la Villa Médicis entre 2024 et 2025, l’exposition mêle créations contemporaines et références aux imaginaires carcéraux, notamment aux célèbres estampes réalisées par le graveur italien Giovanni Battista Piranesi, mettant en scène des vues architecturales de prisons souterraines imaginaires.
« Le ciel nous vengera », une exposition de Nicolas Daubanes au Castelet, 18 bis grande rue Saint-Michel, à Toulouse. Samedi 16 et dimanche 17 mai, de 11 heures à 18 heures. Entrée libre. Pour plus d’informations, cliquez-ici.
La colline de Pech-David passe en mode électro
Ce week-end, la Ville rose va vibrer au rythme des kicks, des basses et des sunsets panoramiques. Le Plein Phare Festival revient ce vendredi 15 et samedi 16 mai avec une édition qui voit les choses en grand : 35 heures de musique électronique non-stop, plus de 50 artistes et plusieurs spots emblématiques transformés en temples de la fête.
Du mythique Bikini à Ramonville-Saint-Agne au bouillonnant Le Rex avenue Honoré Serres, en passant par l’ambiance flottante de la péniche Le Cri de la Mouette sur les allées de Barcelone, le festival investit les lieux les plus vivants de la scène toulousaine. Mais le cœur battant de cette édition se jouera en altitude, sur la colline de Pech-David.
Là-haut, face à une vue imprenable sur Toulouse, le Plein Phare promet un Open-air monumental : grande scène, dancefloor couvert, coucher de soleil et line-up taillé pour faire danser jusqu’au bout de la nuit. Un rendez-vous pensé comme le grand rassemblement des acteurs de la scène électro locale, entre talents confirmés et nouvelles pépites.
Côté programmation, impossible de passer à côté de Censoredname. La DJ toulousaine construit depuis six ans des sets comme de véritables voyages sensoriels, naviguant entre house solaire, techno immersive et breaks plus nerveux. Une artiste qui soigne autant l’énergie du dancefloor que l’atmosphère qui s’en dégage.
Autre figure très attendue : Milio Ruando. Véritable fer de lance de la techno toulousaine, il enchaîne les sets puissants et imprévisibles, où trance, hard techno, acid et rythmiques brutes se répondent dans une tension permanente. Habitué des line-ups partagés avec des pointures comme Jeff Mills, Space 92 ou Sam Paganini, le DJ poursuit sa montée en puissance avec un nouvel EP taillé pour les heures de pointe des clubs : Ride with me.
Et pour ceux qui aiment les croisements explosifs entre électro et hip-hop, le duo Recklessboise s’annonce comme l’une des sensations du week-end. Les deux producteurs toulousains mélangent beats massifs, basses profondes et influences urbaines dans des lives immersifs à haute intensité. Une proposition libre, hybride et clairement taillée pour retourner le dancefloor.
Plein Phare Festival Open-air, sur la colline de Pech-David, à Toulouse. Vendredi 15 mai de 18 heures à minuit, et samedi 16 mai de 14 heures à minuit. Pour découvrir l’ensemble de la programmation du festival et accéder à la billetterie, cliquez-ici.