Sortir à Toulouse : notre sélection pour ce samedi 24 et dimanche 25 janvier
Culture. Un opéra donné pour la première fois en France, un festival du livre de jeunesse, une pièce d’une autrice écossaise et la première édition du festival Scéno dédié à la scénographie, voilà le programme que nous vous avons concocté pour ce week-end…
Première française de La Passagère au Théâtre du Capitole
1960. Sur un paquebot de luxe en route vers le Brésil, Lisa et Walter Kretschmer savourent une seconde lune de miel. Walter vient d’être nommé diplomate, tout semble parfait pour le couple allemand. Soudain, Lisa croit reconnaître parmi les passagers une femme qu’elle pensait morte depuis quinze ans : Marta. Ce choc déclenche une série de flashbacks vertigineux. Lisa s’est en effet évertuée pendant des années à soigneusement dissimuler son passé d’ancienne gardienne SS à Auschwitz. Avec sa dignité inébranlable, Marta, l’ex-prisonnière polonaise, irrite autant qu’elle fascine son ex-geôlière… Tel est l’argument de La Passagère, l’opéra de Mieczysław Weinberg (1919-1996) à l’affiche du Théâtre du Capitole jusqu’au 29 janvier.
Une œuvre aussi puissante que rare et que les Toulousains découvriront sans doute pour l’occasion. De fait, c’est la première fois en France que se joue cet opéra bouleversant d’un des plus grands compositeurs du XXe siècle, inspiré d’un récit autobiographique de la romancière polonaise Zofia Posmysz. Et pour cause : ce chef-d’œuvre lyrique composé en 1968 a d’abord subi la censure soviétique avant de sombrer dans l’oubli pendant quarante ans. En 1996, Weinberg mourra sans avoir entendu son œuvre.
L’opéra est joué pour la première fois au festival de Bregenz en 2010 avant d’entamer une carrière internationale. De Varsovie à Chicago, l’œuvre s’impose comme un événement mémoriel puissant. Le Théâtre du Capitole accueille sur sa scène une nouvelle production de l’œuvre, celle du Tiroler Landestheater d’Innsbruck distinguée en 2023 comme la « meilleure production d’opéra » par le Prix autrichien du Théâtre musical.
La Passagère, au Théâtre du Capitole, les vendredi 23 janvier à 20 heures et dimanche 25 janvier à 15 heures. Pour plus d’informations et acheter vos billets, cliquez ici.
Festival du Livre de Jeunesse : le grand final
Le rideau tombe ce samedi 24 et dimanche 25 janvier sur la 24ᵉ édition du Festival du Livre de Jeunesse Occitanie, événement incontournable de la littérature jeunesse dans la région. Déployé depuis le 14 janvier à Saint-Orens de Gameville et dans plusieurs communes de Toulouse Métropole, l’évènement culturel a cette année mis la poésie à l’honneur sous le titre « Tout un poème ».
Au programme : animations, d’ateliers, expositions, rencontres et séances de dédicaces permettant aux familles de découvrir le travail d’une trentaine d’artistes de renom, parmi lesquels le poète et calligraphe Saïd Benjelloun, le dessinateur de livres jeunesse Benjamin Chaud, la romancière belge Marie Colot, l’illustratrice toulousaine Louise de Contes, le peintre-affichiste Ronald Curchod, la musicienne et autrice Agnès Domergue ou encore l’autrice-illustratrice Cécile Hudrisier. Une véritable plongée dans l’univers créatif de la littérature jeunesse, le tout dans une atmosphère décontractée.
Le week-end promet des temps forts à ne pas manquer. Samedi 24 janvier, à 11 heures, le poète et romancier toulousain Thomas Vinau proposera une lecture pas comme les autres de deux de ses ouvrage au Lycée Pierre Paul Riquet de Saint-Orens, accompagné des professeurs et élèves de l’école de musique. Dimanche 25 janvier, toujours à 11 heures à l’auditorium du lycée, la compagnie L’Arbre à Sons présentera La Glaneuse, conte théâtralisé qui questionne notre rapport aux objets et au temps à travers des histoires magiques et poétiques.
Tout au long du week-end, les visiteurs pourront également profiter d’ateliers menés par les illustrateurs, de débats autour de l’actualité littéraire, de spectacles et d’animations continues pour tous les âges. La librairie de la Renaissance proposera une sélection d’ouvrages jeunesse , et deux prix – le Prix des Ados et le Prix des Enfants – seront remis par les élèves des écoles de Saint-Orens de Gameville.
Festival du Livre de Jeunesse Occitanie, à Saint-Orens de Gameville (à 18 minutes du centre-ville de Toulouse). Pour plus d’informations sur la programmation, les lieux et les horaires des différents ateliers et spectacles, cliquez-ici.
Cold Cuts, une pièce choc mais nécessaire
Ce samedi 24 janvier à 21 heures, La Cave Poésie René-Gouzenne, en plein cœur de Toulouse, accueille Cold Cuts, une pièce forte et nécessaire portée par les compagnies Memento Anima & Voie A. Inspirée d’une expérience autobiographique et commandée à l’autrice écossaise Linda McLean par Amnesty International, cette création aborde sans détour le sujet difficile des violences conjugales.
Dans une cuisine, Ian ferme doucement la porte du réfrigérateur. Il est en colère mais se maîtrise. Molly entre. Elle semble avoir commis une faute… mais est-ce vraiment si grave ? Cold Cuts décortique les mécanismes d’emprise, de domination et de violence psychologique et physique, tout en montrant le combat d’une femme pour se libérer, accompagnée de son fils, et retrouver sa dignité.
Créée pour la première fois en France par Amandine du Rivau et Régis Lux, la pièce a été augmentée d’une suite construite avec le concours d’associations de victimes et de psychologues spécialisés, donnant au récit une profondeur nouvelle et aussi... un message d’espoir.
Un échange avec le public est prévu à l’issue de la représentation, pour prolonger la réflexion et partager des expériences. Une soirée à ne pas manquer pour sensibiliser et comprendre, au-delà de l’émotion brute que suscite ce huis clos effrayant. À noter que la pièce a été traduite et éditée par la maison toulousaine Le Pôticha.
Cold Cuts, une pièce de théâtre à retrouver sur la scène de la Cave Poésie René-Gouzenne, 71 rue du Taur, à Toulouse. Samedi 24 janvier, à partir de 21 heures. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici.
Scéno, le festival dédié aux scénographes
Dans le cadre de la première édition du festival Scéno, accueilli jusqu’au 31 janvier au Théâtre Garonne, Philippe Quesne, scénographe et metteur en scène, fondateur de la compagnie Vivarium Studio qui fut directeur du Théâtre des Amandiers puis de la Ménagerie de Verre, propose Le paradoxe de John, une pièce programmée les vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 janvier.
Cette nouvelle création d’après un texte original de Laura Vazquez ranime le souvenir d’un des premières pièces du metteur en scène. En 2007, L’effet de Serge donnait à voir un être solitaire qui, dans son appartement, organise chaque dimanche des spectacles pour ses proches. La pièce dessinait un imaginaire poétique et drôle mais aussi un territoire étrange où coexistent la solitude de l’inventeur mélancolique et l’attention de son cercle d’amis.
C’est de cette tension entre recherche obsessionnelle et besoin de partage que naissent aujourd’hui, dans Le Paradoxe de John, les péripéties du groupe d’amis, affairé à l’aménagement d’une galerie d’art. Cette petite communauté délicatement décalée interroge avec humour et mélancolie la place de l’art dans notre vie quotidienne. « Un sommet de maîtrise et de poésie, porté par une formidable troupe », pour les Inrockuptibles.
Le festival Scéno met en lumière le travail des scénographes, ces metteurs en scène, plasticiens et chorégraphes qui créent l’espace de représentation. Car avant les corps, avant les mots, il y a la scénographie, « promesse silencieuse d’un théâtre à venir », écrit Aurélien Bory, directeur du Théâtre Garonne et de la Compagnie 111, qui inaugure cette première édition de Scéno.
Le Paradoxe de John, au Théâtre Garonne 1, avenue du Château d’eau à Toulouse. Les vendredi 23 et samedi 24 à 20 heures ainsi que le dimanche 25 janvier à 17 heures. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.