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Toulouse : nos coups de cœur sorties pour ce week-end des 14 et 15 mars

Culture. En panne d’inspiration pour votre programme du week-end ? Pas de panique. La rédaction a cherché et déniché pour vous les évènements culturels à ne pas manquer ce samedi 14 et dimanche 15 mars 2026 à Toulouse et ses environs. Alors, à vos agendas !

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La compagnie Sans Gravité propose ce week-end plusieurs spectacles à La Grainerie, à Balma.(©Christophe Trouilhet)

Toulouse rit aux éclats

Ils sont partout ! « Ils », ce sont les humoristes français. Sur scène, à la télévision, à la radio, sur les plateformes numériques ou encore sur les réseaux sociaux, les comiques n’ont jamais été aussi nombreux ni aussi populaires. Aujourd’hui, ils sont des centaines à remplir des salles aux quatre coins de la France, tout au long de l’année.

Alors que le printemps pointe déjà le bout de son nez en ce mois de mars, les humoristes tiendront plus que jamais le haut de l’affiche avec le lancement, ce vendredi 13 mars, de la nouvelle édition du Printemps du rire, la 32e du nom. Créé en 1994, cet événement est devenu, au fil des ans, l’un des plus grands festivals d’humour en Europe.

Comédie, stand-up, one-woman et one-man show, théâtre amateur, concert… Cette année encore, tous les styles et toutes les formes d’humour seront représentés. À Toulouse, l’édition 2026, qui se poursuivra jusqu’au 12 avril, démarre sur les chapeaux de roue, avec une dizaine de spectacles programmés.

Samedi 14 mars, à 21 heures, la mythique salle indépendante du Bijou, avenue de Muret, donne carte blanche aux Fils de ta mère. Depuis 2012, ce collectif toulousain de “plus ou moins” chanteurs comme ils aiment à se qualifier s’amuse à monter des cabarets autour de répertoires thématiques, explorant avec humour les chansons connues, oubliées ou insolites. Pour cette soirée, ils seront en trio : Manu Galure, Simon Chouf et Gaël Carigand. Ensemble, ils piochent dans les tubes d’hier, les bides mémorables ou les perles cachées pour composer un show musical aussi libre qu’imprévisible car en partie improvisé ! Un spectacle volontairement irrévérencieux qui perpétue, avec humour, la tradition des reprises de chansons.

Dimanche 15 mars, à 18 heures, le théâtre du Fil à Plomb, situé dans le quartier Arnaud-Bernard, accueillera Juliette Clocher pour son one-woman show. Lauréate 2025 du Tremplin Jeunes Talents du festival, l’humoriste incarne l’une des nouvelles voix montantes du stand-up francophone. Née dans les années 2000, époque où les comédies romantiques glorifiaient volontiers les relations toxiques et mettaient en scène des amitiés féminines réduites à la rivalité, l’artiste s’amuse aujourd’hui à démonter ces clichés. Sur scène, elle interroge l’éducation sentimentale, les liens familiaux et célèbre la force des solidarités féminines. Co-créatrice du « Sorcières Comedy Club », collectif dédié aux humoristes féminines et aux personnes queer, Juliette Clocher revendique un humour engagé mais résolument accessible.

Le Printemps du Rire, plus de 70 spectacles d’humour en tous genres dans une multitude de lieux culturels de la région Occitanie. Pour découvrir la programmation détaillée et accéder à la billetterie, cliquez-ici.

Double dose de plaisir à La Grainerie

À deux pas du terminus de la ligne A du métro, à Balma-Gramont, La Grainerie s’est imposée au fil des années comme l’un des hauts lieux du cirque contemporain dans l’agglomération toulousaine. Dédié à la création, à la répétition et à l’entraînement des professionnels des arts du cirque, ce vaste espace cultive une approche résolument ouverte de la discipline, où se croisent danse, théâtre, musique ou encore vidéo.

Brouillon, un spectacle de la compagnie Sans Gravité avec Jérémy Philippeau. (©Frédéric Besse)

Ce week-end, le lieu ne déroge pas à sa réputation et propose une riche programmation mêlant spectacles et ateliers, dont une initiation à la magie. La rédaction vous recommande particulièrement deux seuls en scène singuliers, où l’imaginaire et la poésie prennent le pouvoir.

Samedi 14 mars, à 15h30, la compagnie Sans Gravité installe son univers sous le chapiteau avec Brouillon, un conte théâtralisé de et avec Jérémy Philippeau. Un show joyeusement désordonné où l’imaginaire s’empare de la page blanche. Et si le chaos était le début de l’aventure ? Dans cette ode au désordre et aux chemins de traverse, un écrivain en quête d’inspiration se laisse guider par ses idées éparses. Sous l’œil complice de marionnettes-animatronics, il griffonne, déchire, s’égare… avant de mieux se retrouver. Une fable farfelue qui invite à regarder l’erreur autrement et à retrouver le plaisir simple d’essayer.

Le lendemain, dimanche 15 mars, à 16 heures, Jérémy Philippeau revient sur scène avec Prélude pour un Poisson Rouge, une odyssée aussi musicale que loufoque. Cette « épomélopée » – à la fois épopée et mélopée – raconte la quête improbable d’un homme parti à la recherche de son poisson rouge. À bord d’un étonnant bateau-violoncelle, vents et vagues deviennent musique. Dans ce voyage fantasque, l’artiste passe sans prévenir du violoncelle à la perceuse électrique, jongle avec balles et archets, convoque magie et arts martiaux. Un joyeux désordre qui laisse apparaître, en filigrane, une réflexion plus profonde sur la quête d’un bonheur simple.

Brouillon et Prélude pour un Poisson Rouge à La Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance. 61 rue Saint Jean, à Balma. Pour plus d’informations et accéder à la billetterie, cliquez-ici ou appeler directement au 05 61 24 33 91.

Trois cygnes au Capitole

Le Ballet de l’Opéra national du Capitole donne une nouvelle interprétation du Lac des cygnes à travers trois créations : Cantus Cygnus de Nicolas Blanc, Incantation de Jann Gallois et Black Bird de Iratxe Ansa et Igor Bacovich. Ici le danseur Minoru Kaneko. (©David Herrero)

Du ballet contemporain à l’affiche du Théâtre du Capitole ! Programmé jusqu’au 19 mars Trois cygnes réunit les créations de Nicolas Blanc avec Cantus Cygnus, Jann Gallois avec Incantation et Iratxe Ansa et Igor Bacovich avec Black Bird. Sollicités par Beate Vollack, directrice de la danse du Ballet de l’Opéra national du Capitole, les quatre chorégraphes, aux parcours et aux styles très différents, se sont approprier le célèbre Lac des cygnes de Tchaïkovski pour en explorer à leur manière les grands thèmes : l’homme et l’animal, le noir et le blanc, le bien et le mal…

Devenu, dans la version de Marius Petipa de 1895, l’un des monuments du ballet académique, l’œuvre s’inspire d’une légende allemande. L’intrigue conte l’histoire d’un prince en âge de se marier. Mais plutôt que de choisir l’une de ses nobles prétendantes, Siegfried tombe follement amoureux d’une princesse-cygne, Odette. Celle-ci est victime d’un sort jeté par le sorcier Rothbart : le jour, elle prend l’apparence d’un cygne blanc et, la nuit, elle retrouve son apparence humaine.

Parmi les quatre créateurs, Nicolas Blanc est le régional de l’étape. Résidant désormais à Chicago, ce Montalbanais d’origine a suivi une formation classique de haute volée, de l’Académie Princesse Grace de Monaco à l’École de danse de l’Opéra de Paris. Chorégraphe reconnu aux États-Unis, il y a créé Mothership pour le New York City Ballet et de nombreuses pièces pour le fameux Joffrey Ballet de Chicago. Il n’avait encore jamais créé en France.

Issue des danses urbaines, Jann Gallois, après un riche parcours d’interprète, est la fondatrice en 2012 de la Cie BurnOut, basée en Île-de-France. Depuis, elle a créé une quinzaine de pièces données plus de 500 fois en France et à l’étranger. De leur côté, les artistes Iratxe Ansa et Igor Bacovich dirigent la compagnie contemporaine madrilène Metamorphosis Dance. Leur chorégraphique défie les catégories : entre pure énergie explosive et puissance à l’état brut.

Trois cygnes, au Théâtre du Capitole, place du Capitole à Toulouse, samedi 14 mars à 20 heures et dimanche 15 mars à 15 heures. Pour plus d’informations et réserver vos places, cliquez ici.

Grand-peur et misère du IIIe reich au Théâtre de la Cité

Mise en scène par Julie Duclos, Grand-peur et misère du IIIe Reich de Bertolt Brecht est à l’affiche du Théâtre de la Cité. (©Simon Gosselin)

Jusqu’au 18 mars, Bertolt Brecht est à l’affiche du Théâtre de la Cité. Julie Duclos y met en scène Grand-Peur et misère du IIIe Reich du dramaturge allemand. Dans cette œuvre écrite entre 1935 et 1938, l’auteur décrit la vie quotidienne sous le régime fasciste de l’Allemagne nazie des années 30. Pour Julie Duclos, s’emparer de cette pièce poétique, vivante et d’une grande actualité, est une façon de comprendre comment et par où s’introduit le fascisme et, de manière sournoise, comment il en vient à déchirer la confiance et la bienveillance des rapports humains.

La pièce est composée de tableaux qui s’enchaînent depuis l’accession au pouvoir d’Hitler en 1933 jusqu’aux débuts de la guerre en 1938. À travers les mots puissants de Bertolt Brecht, on comprend rapidement que, dès 1933, tout est déjà là. La peur, mécanique vicieuse du fascisme, traverse tous les niveaux de la société et n’est plus seulement ressentie sur le champ de bataille ou en réunion politique, mais bien dans l’intimité d’une cuisine, d’une chambre ou d’un bureau. Les rapports sont transformés, abîmés, la parole devient dangereuse et mortelle. On ne peut plus faire confiance à personne, on se méfie et on ment pour survivre.

« J’ai découvert la pièce en 2022 et ai été frappée par sa force, sa forme et son intense charge émotionnelle, écrit la jeune femme. Tout l’enjeu de la mise en scène est de faire entendre la pièce dans toute sa contemporanéité, et non comme un simple témoignage du passé. Il faut absolument que cette œuvre, sans nier le contexte précis des années 30 qui la constitue, nous apparaisse et nous parle dans toute son actualité. Et si cela arrivait aujourd’hui ? C’est à nos portes et nous le savons. » Le spectacle a été salué par la critique. Philippe Chevilley dans Les Échos y voit « Une fresque rétrofuturiste puissante qui résonne dangereusement avec les dérives du monde d’aujourd’hui. »

Grand-peur et misère du IIIème Reich, au Théâtre de la Cité, 1, rue Pierre Baudis à Toulouse, en partenariat avec Odyssud, samedi 14 mars à 17 h 30. Pour plus d’information et réserver vos places, cliquez ici.