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141e année

Willy Eisenschitz, un peintre entre-deux-guerres, au Musée du Pays de Cocagne à Lavaur

Culture. Exposition ouverte jusqu’au 18 septembre

Grand paysage avec Le Coudon, Willy Eisenschitz, 1941, huile sur toile. (Crédit : DR).

Le Musée du Pays de Cocagne à Lavaur accueille jusqu’au 18 septembre une exposition d’une soixantaine d’oeuvre du peintre Willy Eisenschitz. Né en 1889 en Autriche, dans une famille bourgeoise aisée, Willy Eisenschitz a fréquenté les Beaux-Arts de Vienne, avant de s’installer à Paris en 1912 pour se perfectionner. À l’Académie de la Grande Chaumière, il rencontre Claire Bertrand qu’il épousera en 1914. Elle aura sa propre carrière artistique et exposera à plusieurs reprises avec lui. Arrêté en 1914 comme sujet autrichien, il est détenu dans un camp d’internement. Ses enfants Evelyn et David naissent dans le camp. En 1917, il contracte la tuberculose, effectue des séjours en Suisse. Après la guerre, Willy Eisenschitz découvre la lumière du Midi et s’installe en 1927 avec sa famille dans la propriété des Minimes à La Valette-du-Var. Il peint beaucoup de paysages de la région et s’investit dans la vie culturelle et artistique. Il expose aussi dans les principaux Salons parisiens et dans plusieurs galeries.

Nus, Willy Eisenschitz, 1927, huile sur carton. (Crédit : DR).

Naturalisé français en 1935, il continue à voyager en Espagne et réalise les illustrations de trois ouvrages de Jean Giono. Willy Eisenschitz reçoit la médaille d’or à l’exposition universelle de 1937. L’année suivante, il voyage dans les îles britanniques. En 1943, après avoir été inquiété par la police en raison de ses origines juives, il trouve refuge à Dieulefit, dans la Drôme, et y peint sous le pseudonyme Villiers. Son fils David est arrêté par les nazis en 1944. Il réintègre les Minimes en 1945. En 1959, il achète une maison dans les Alpilles. La galerie Durand-Ruel, à Paris, et le musée de Toulon exposent ses oeuvres. Claire Bertrand meurt en 1969. Il expose au Japon en 1972 et 1974. Il meurt à Paris d’un infarctus en 1974.

Portrait de fillette, Willy Eisenschitz, 1918, huile sur carton. (Crédit : DR).

Honoré par de très nombreuses expositions et présent dans plusieurs collections publiques et privées en France et à l’étranger, Willy Eisenschitz est un peintre aujourd’hui reconnu. L’exposition du Musée du Pays de Cocagne propose, autour d’une soixantaine d’oeuvres, de porter pour la première fois, un regard sur la période si féconde de ses travaux de l’entre-deux-guerres. Pour cette exposition, le Musée du Pays de Cocagne a reçu des prêts du Musée d’Amiens, de la Ville de Fontainebleau du Musée national d’art moderne et du Musée Sahut à Volvic.

Rédaction GdM