Informations régionales économiques et juridiques
141e année

Apprentis

Agnès Bergon

Alors que le gouvernement s’est beaucoup gargarisé de l’envolée du nombre des contrats d’apprentissage — ils sont passés de 290 000 par an en 2018 à plus de 730 000 en 2021 -, une mesure inquiète bon nombre de secteurs qui, pour recruter, dépendent souvent de ce dispositif très incitatif. En cause : un coup de rabot sur les dotations destinées aux centres de formation des apprentis. Victime de son succès, la voie de l’apprentissage, mise en avant depuis la réforme de 2018, coûte a priori cher à l’État. D’où la préconisation de France Compétence, Autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage, de réduire de 10 % en moyenne les niveaux de prise en charge afin de « concourir à l’équilibre financier du système », sachant que l’institution affiche un déficit de 2,9 Mds€ en 2021. Ces coupes pourraient être d’importance très variable selon les secteurs, de l’ordre de 20 à 30 % dans la restauration et jusqu’à près de 35 % évoqués pour la formation d’aide-soignant dont on manque cruellement… Incompréhensible.

Agnès Bergon