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141e année

Business

Agnès Bergon

Face à une inflation galopante, la mobilisation en faveur des augmentations de salaires se renforce. Un peu partout en France, et ailleurs en Europe. Pointant ces hausses de prix qu’on peine parfois à s’expliquer, la juste colère des salariés ne désigne peut-être pas le bon coupable, du moins pas le seul. C’est ce que suggère une étude américaine dont Pauline Grosjean, professeure d’économie d’une université australienne, se fait l’écho dans Le Monde. L’étude relève en premier lieu une stagnation des salaires depuis trois ou quatre décennies. Depuis 1990, ils auraient ainsi seulement progressé de 0,6 % en France, et de 0,3 % aux États-Unis depuis 1980. Les scientifiques américains avancent une explication originale à ce phénomène : l’arrivée de diplômés de business schools à la tête des entreprises, plus préoccupés par les réductions de coût et la création de valeur pour les actionnaires que par le pouvoir d’achat de leurs collaborateurs. L’arrivée aux manettes de titulaires de MBA s’accompagne d’une baisse de 5 % des salaires et de 6 % de la part de la valeur ajoutée allouée aux travailleurs, sans pour autant que les performances des entreprises ne s’améliorent...

Agnès Bergon