Humeur

Entrepreneuriat féminin

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Anne-Laure Charbonnier, directrice de l’incubateur régional Nubbo. (©Rémy Gabalda)

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain, il est important de rappeler que l’entrepreneuriat reste encore largement masculin. Dans l’écosystème des start-up, et plus largement de l’innovation, l’écart est particulièrement visible.
Chez Nubbo [NDLR : incubateur toulousain dédié aux entreprises technologiques], seulement 13 % des start-up accompagnées en 25 ans ont été fondées ou cofondées par des femmes. Ce chiffre ne traduit pas un manque d’ambition ou de talent. Il révèle plutôt une accumulation d’obstacles.
Le premier est l’accès au financement : les pépites fondées par des femmes captent encore une part très minoritaire des levées de fonds. Selon le 6e baromètre SISTA et BCG paru en décembre 2025, seules 10 % des jeunes pousses en Europe sont fondées par des équipes 100 % féminines qui ne captent que 2 % des fonds levés. À cela s’ajoute la question de la légitimité : trop souvent, les femmes doivent encore prouver plus que les autres.
La charge mentale, qui repose encore majoritairement sur les femmes, peut également freiner le passage à l’entrepreneuriat. Entre responsabilités familiales, professionnelles et personnelles, entreprendre devient un défi supplémentaire. Enfin, le sujet se joue bien en amont, dès les études secondaires. Les cursus scientifiques et technologiques restent encore trop souvent délaissés par les jeunes femmes.
Face à ces constats, des initiatives existent et doivent être soutenues. Des programmes comme Les Premières, qui accompagnent les femmes entrepreneures, ou Innov’Starther, qui sensibilise les femmes issues de la recherche publique à l’entrepreneuriat innovant, contribuent à faire émerger de nouvelles vocations.
Mais le chemin est encore long pour que les femmes prennent toute leur place dans l’entrepreneuriat innovant…