La décision européenne d’interdire la vente des véhicules thermiques à partir de 2035 a été remise en question. Ce ne sera plus 2035 mais 2040 ou 2045. Bref plus tard. Faut-il s’en alerter ? Probablement un peu ! Ce n’était pas qu’un simple symbole : c’était un cap stratégique pour notre avenir collectif. Reculer devant l’obstacle a rarement permis de mieux le franchir quelque temps plus tard. Le Grec Thémistocle commentant la deuxième guerre du Péloponnèse opposant Sparte à Athènes écrivait déjà « qu’une chute nous préserve d’une chute plus grande encore ».
Pour autant, aucune évolution ni encore moins transformation ne s’est faite de manière linéaire ! Alors, à l’échelle de l’histoire, 2035 ou 2040… cela ne fera pas une grande différence. Mais croire qu’en repoussant l’échéance nous pourrons contrer les produits chinois, car c’est bien là qu’est l’argument, c’est franchement nous beurrer les lunettes ! La transition vers la mobilité électrique est au cœur de notre lutte contre le changement climatique. Elle conditionne notre indépendance énergétique, notre compétitivité industrielle et notre capacité à offrir à nos enfants un monde vivable.
Reculer maintenant, c’est envoyer un signal d’incertitude aux acteurs économiques, freiner l’innovation et compromettre des investissements déjà engagés. Ce recul, c’est peu celui du condamné « Cinq minutes encore monsieur le bourreau ! ». Franchement, avons-nous si peu confiance dans notre capacité à innover, à être compétitif, et à règlementer aussi ? Les enjeux climatiques et sociétaux actuels méritent mieux !