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La start-up toulousaine Miraïa installe son usine pilote à Colomiers

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L’équipe de Miraïa, qui emploie cinq collaborateurs, va ouvrir un site pilote à Colomiers pour valider sa technologie de valorisation de la biomasse. (©Miraïa)

Fondée en 2023 par Jean Escaffre et Thierry Dhuicq, la start-up Miraïa est spécialisée dans la production de charbon végétal ou biochar. Utilisé comme amendement dans l’agriculture, ce dernier a de nombreuses vertus : il améliore la qualité du sol, diminue le stress hydrique, augmente la productivité et la résilience des plants. Il peut également être utilisé pour produire de l’énergie ou pour assurer la filtration des boues des stations d’épuration et la décontamination de l’eau potable.

Pour produire ce biochar à partir de biomasse, la pépite utilise la pyrolyse, un procédé ancien peu gourmand en énergie. La technique consiste à brûler la matière, en l’occurrence du bois, à très haute température et sans oxygène dans un four vertical. Cela permet d’extraire des co-produits comme du gaz de synthèse ou des liquides pyrolytiques (ou biohuiles), également valorisables.

Tous types de bois (résineux et feuillus) peuvent être ainsi utilisés : les résidus d’exploitation forestière, le bois d’éclaircies nécessaire à l’entretien des forêts, le bois de recyclage, le bois malade, ainsi que le bois brûlé ou endommagé par des incendies. Avec leurs produits capables de séquestrer beaucoup de CO2, les cofondateurs de Miraïa espèrent ainsi contribuer activement à la lutte contre le réchauffement climatique.

En plein développement, la jeune pousse qui emploie cinq collaborateurs, va installer un premier site pilote à Colomiers, près de Toulouse. Une implantation soutenue par la Région via le programme régional FEDER-FSE+ 2021-2027 et par Ad’Occ, agence régionale de développement économique.

Ce démonstrateur, qui devrait s’accompagner de l’embauche de neuf personnes, doit permettre à Miraïa de valider sa technologie à échelle réelle. Le process de pyrolyse du bois pour la production du biochar est en effet éprouvé mais la valorisation de l’ensemble des coproduits reste un véritable défi.

Dans un bâtiment de 800 m2, le site pilote produira ainsi les premiers lots de biochar à destination des clients. « Des tests pourront aussi être réalisés afin de valider les propriétés des produits pour les différents usages et ainsi sécuriser les débouchés », précise Ad’Occ dans un communiqué daté du 18 décembre 2025.

Conçue comme une vitrine pour ses clients et investisseurs, l’unité de Colomiers doit également lui permettre de gagner du temps dans la mise en service des futures unités industrielles. Miraïa envisage en effet la création d’une unité de production à Garlin, dans les Pyrénées-Atlantiques pour valoriser la biomasse locale.