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À Argelès-sur-Mer, inauguration d’un projet majeur de réutilisation des eaux usées traitées

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L’eau issue de la REUT sera adaptée à l’irrigation goutte à goutte pour l’arboriculture et la viticulture. Elle permettra d’irriguer 600 hectares de terres agricoles entre Argelès-sur-Mer et Montesquieu-des-Albères. (©CC ACVI)

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, était à Argelès-sur-Mer, le samedi 20 juin, pour l’inauguration d’un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) de grande ampleur mené par la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris (CC ACVI).

Pour rappel, les Pyrénées-Orientales sont particulièrement touchées par la sécheresse et les tensions sur la ressource en eau. Ce projet innovant vise à apporter une réponse concrète aux défis posés par le changement climatique.

Premier lauréat au niveau national du plan hydraulique mis en place par l’État, le projet prévoit de valoriser 1,3 million de m³ d’eau en sortie de la station d’épuration d’Argelès-sur-Mer. Jusqu’à présent, cette eau était rejetée en mer.

Classée en catégorie B, l’eau issue de la REUT sera adaptée à l’irrigation goutte à goutte pour l’arboriculture et la viticulture. Elle permettra d’irriguer 600 hectares de terres agricoles entre Argelès-sur-Mer et Montesquieu-des-Albères, autant de volumes qui ne seront plus prélevés sur les ressources naturelles.

Pour rendre cela possible, la station d’épuration a été équipée par Veolia d’un module de traitement complémentaire. Un réseau de canalisations a également été créé afin d’acheminer l’eau vers les parcelles de sept agriculteurs ainsi que vers le réseau de l’Association syndicale autorisée (Asa) du canal des Albères. Des bornes d’irrigation connectées permettent aux exploitants de prélever l’eau de REUT pour compléter leurs besoins quotidiens.

En novembre 2025, un accord a été conclu fixant le prix de l’eau de REUT à 0,20 € par m³. «  Cela ne couvre pas totalement nos coûts de production et de distribution, mais nous assumerons la différence. Au-delà de l’enjeu de préservation de la ressource en eau, la REUT est un projet d’aménagement du territoire. Cet effort financier est une décision politique forte pour maintenir l’agriculture sur notre territoire », précise Antoine Parra, président de la CC ACVI, sur le site internet de la communauté de communes.

Le coût global du projet s’élève à 13 M€, dont 3,5 M€ consacrés au traitement de l’eau et 10 M€ aux travaux. La pose des canalisations - soit une quinzaine de kilomètres au total - a été réalisée par l’entreprise roussillonnaise Sol Frères.

L’opération a été financée à hauteur de 80 % par des subventions de l’Union européenne, de l’État, de la Région, du Département et de l’Agence de l’eau.