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141e année

L’œnologie, comme vous le voulez !

Tourisme. Barthelemy Lavoinne et Jérôme Isnardi. Ils ont fondé il y a sept ans, la plateforme Rue des Vignerons, laquelle ne cesse de séduire et de grandir.

Rue des vignerons, le tourisme des vignobles
Barthelemy Lavoinne (à droite) et Jerôme Isnardi (à gauche) fondateur de Rue des Vignerons.

C’est un peu le Airbnb du vin et des spiritueux. À l’aube de l’été, les passionnés d’œnotourisme ne peuvent pas passer à côté de l’application toulousaine Rue des Vignerons, lancée en 2015 par Barthelemy Lavoinne (à droite sur la photo) et Jerôme Isnardi (à gauche sur la photo), respectivement à l’époque, chef de projet et responsable marketing chez Bouygues Telecom, à Paris. L’initiative est née de Barthelemy Lavoinne, entrepreneur dans l’âme, qui rencontrait des difficultés à trouver une expérience œnologique originale sans se heurter à un manque de disponibilité de la part des domaines, à une offre trop large délivrée par les offices de tourisme, à des informations peu lisibles ou à une prestation qui ne correspondait pas à son souhait. Ni une ni deux, son collègue passionné de vin depuis plus de 20 ans l’a rejoint dans cette aventure digitale, « destinée à simplifier la découverte des vignobles français, via des activités œnologiques qualitatives, triées sur le volet », précise Jérôme Isnardi, le cofondateur, qui pilote la partie commerciale et financière depuis La Rochelle.


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Depuis sa création, la plateforme, dont le siège est situé au cœur de la Ville rose, place de la Bourse, ne cesse de prendre de l’ampleur, et ce, malgré la crise qui a conduit à quelques mois d’inactivité. Bien que d’autres plateformes spécialisées dans ce domaine existent, Rue des Vignerons – qui capte 70 % du marché national –, se différencie « par une offre nationale représentative du vignoble français, assure-t-il. Cela signifie que nous nouons des partenariats autant avec des grands crus classés que des grandes maisons de champagne, ou encore des petites propriétés familiales, des domaines bio, ou qui travaillent en biodynamie, etc. Nous sommes apporteurs d’affaires pour nos partenaires, nous prenons une commission fixe à chaque visiteur, nous n’avons pas de modèle d’abonnement. L’année dernière nous avons reçu des centaines de demandes, mais nous n’en avons sélectionné qu’une trentaine, car la qualité est notre credo. Nous rentrons en moyenne une quarantaine de vignobles par an. »

Une activité croissante

La plateforme réunit à ce jour près de 400 partenaires dispersés sur toute la France, bien qu’il reste encore des zones grises. « L’intégration du Jura est prévue pour juin, et nous devrions ajouter la Savoie et la Corse d’ici la fin de l’année. » Pour l’heure, les vignobles de Bordeaux, de Bourgogne et de Champagne arrivent en tête, représentant 75 % des réservations et du trafic sur le site. « À la différence que le bordelais attire aussi pour d’autres atouts touristiques alors que la Champagne et la Bourgogne sont surtout réputées pour leurs routes des vins. » La pépite, qui a attiré 150 000 visiteurs en 2021, espère en séduire 200 000 cette année.

« Ça reste un petit marché, souligne le cofondateur. Les amateurs visitent en général les vignobles une fois par an. Nous ciblons prioritairement les amateurs de vins connectés, âgés entre 25 et 45 ans, des novices ou des personnes plus averties qui veulent améliorer leurs connaissances. » Forte de 10 collaborateurs (dont quatre commerciaux pour tisser le réseau), la start-up entend se diversifier. Depuis trois ans, elle planche en interne sur une V2, prévue en 2023, laquelle mettra en avant des expériences inédites et de nouveaux segments de marché encore confidentiels. « Ce que je peux vous dévoiler, c’est que parmi les nouveautés, figurent des rhumeries de Guadeloupe et Martinique dès cet été », souffle Jerôme Isnardi. En parallèle, Rue des Vignerons prévoit une levée de fonds dans les mois à venir afin d’accélérer son développement, de renforcer son équipe, et peut-être de s’internationaliser.

Jennifer Legeron