Collectivités

Contrôles, enquêtes, recommandations : le bilan 2025 de la CRC Occitanie

Bilan. Souvent discrète, la chambre régionale des comptes veille au bon usage des deniers publics et à la transparence de la gestion des collectivités. Son rapport d’activité 2025 revient sur une année marquée par plusieurs enquêtes emblématiques en Occitanie et évalue l’impact de ses recommandations, suivies totalement ou partiellement dans 8 cas sur dix.

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Depuis 2023, la chambre régionale des comptes d’Occitanie est présidée par la magistrate financière Valérie Renet. (©CRC Occitanie)

63 rapports publiés, 58 avis de contrôle budgétaire, près de 40 Md€ de finances publiques susceptibles d’être contrôlés. Le rapport d’activité 2025 de la chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie, publié le 16 juillet dernier, donne un aperçu de l’activité de cette juridiction chargée de contrôler les collectivités territoriales et les organismes publics locaux.

Pour mener à bien ses missions, la CRC Occitanie s’appuie sur une équipe de 81 personnes, composée notamment de 35 magistrats et de 26 vérificateurs, ainsi que de personnels administratifs et d’appui au contrôle. L’an dernier, elle a mené une soixantaine d’examens de gestion et contrôlé l’équilibre budgétaire d’une cinquantaine de collectivités.

Depuis 2023, la chambre est présidée par Valérie Renet. Installée à Montpellier, elle connaît bien le territoire pour y avoir déjà exercé comme présidente de section au sein de la CRC Occitanie. Cette Bordelaise de naissance, qui a grandi à Lyon, présente un parcours atypique parmi les magistrats financiers : agrégée d’anglais, elle a d’abord enseigné avant de rejoindre le ministère des Affaires étrangères.

Des dossiers emblématiques en 2025

L’un des principaux enseignements du document concerne le suivi des recommandations formulées par la Chambre régionale des comptes. Selon la CRC, 80 % d’entre elles ont été totalement ou partiellement mises en œuvre par les collectivités et organismes contrôlés. Un indicateur scruté de près par les juridictions financières, qui cherchent à mesurer l’effet concret de leurs observations sur la gestion publique locale.

Parmi les travaux qui ont marqué l’année figure l’enquête consacrée à la situation financière des 13 départements d’Occitanie. Publié en novembre dernier, ce rapport a dressé un constat préoccupant : cinq départements (le Gard, le Gers, la Haute-Garonne, l’Hérault et le Tarn) se trouvent dans une situation critique, tandis que les huit autres voient également leurs marges financières se réduire. La CRC pointe notamment un modèle de financement fragilisé, avec des recettes plus volatiles et des dépenses sociales en hausse continue.

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Autre sujet suivi de près en 2025, l’évaluation de l’offre TER à 1 euro mise en place par la Région Occitanie entre 2019 et 2024. À travers cet audit flash, la juridiction financière a analysé les effets du dispositif sur la fréquentation du réseau, le report modal vers le train, son impact environnemental, mais aussi son coût pour les finances régionales, afin d’évaluer l’efficacité de cette politique publique.

Des recommandations aux effets concrets

Au-delà de la publication des rapports, la CRC met en avant les conséquences de ses contrôles sur la gestion des collectivités. Certaines enquêtes ont ainsi débouché sur des mesures directes. Le rapport d’activité cite notamment la suspension pendant six mois du président de la CCI du Gard par le préfet d’Occitanie, la reprise en main de la gestion du port d’Agde par la municipalité ou encore la condamnation définitive du maire de Sète, ayant entraîné son inéligibilité.

Parallèlement, le ministère public près la chambre a procédé à quatre transmissions pénales et neuf déférés au parquet général. Au total, 86 échanges ont été recensés avec les autorités judiciaires.

Gagner toujours plus en visibilité

Créées en 1982 lors des lois de décentralisation, les chambres régionales des comptes demeurent relativement méconnues du grand public malgré leur rôle dans le contrôle de l’utilisation des deniers publics. Depuis 2021, elles sont engagées dans le projet stratégique « Juridictions financières 2025 », destiné à moderniser leur fonctionnement et à produire des contrôles « plus diversifiés, plus rapides et plus accessibles ».

L’un des objectifs est également de mieux associer les citoyens aux travaux des juridictions financières. Depuis 2022, une plateforme nationale leur permet de proposer des thèmes de contrôle ou d’enquête. Plus de 90 sujets issus de cette participation ont déjà été intégrés aux programmes de travail des juridictions financières.

En Occitanie, cette démarche a déjà conduit la CRC à se saisir de sujets issus des préoccupations locales, comme les soutiens publics à la corrida ou le recours des collectivités aux cabinets de conseil, deux enquêtes publiées en 2025. En 2026, alors que la campagne de participation citoyenne s’est achevée le 22 juin dernier, plusieurs propositions ont déjà émergé, dont le coût de la troisième ligne de métro de Toulouse ou encore les subventions aux associations.

Cette volonté de rendre ses travaux plus visibles se traduit aussi dans sa communication. En 2025, la CRC Occitanie a organisé dix conférences de presse, généré 1 343 retombées médiatiques, en hausse de 13 %, et participé à cinq événements ouverts au public. En parallèle, elle expérimente l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses méthodes de travail, s’est dotée d’un conseil scientifique réunissant une vingtaine de chercheurs et a constitué un panel de lecteurs citoyens chargé d’améliorer la lisibilité de ses publications.