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L’avenir de l’incinérateur de Toulouse-Mirail en débat

Environnement. L’avenir de l’usine d’incinération des déchets dans le quartier de la Lafourgette va faire l’objet d’une concertation.

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L'avenir de l'incinérateur de Toulouse-Mirail en débat
L’UVE traite près de 285000 tonnes de déchets chaque année. (Crédit : DR)

L’incinérateur de déchets du Mirail dont la haute silhouette domine depuis 1968 le quartier de Lafourguette à Toulouse va faire l’objet d’une consultation publique au sujet de son avenir. Le Syndicat mixte Decoset, établissement public chargé entre autres du traitement des déchets ménagers collectés par huit intercommunalités dont la métropole toulousaine, soit 152 communes, plus d’1,1 million d’habitants et près de 80% de la population de la Haute-Garonne, envisage de faire évoluer le site. L’Unité de valorisation énergétique (UVE) traite chaque année près de 285000 tonnes de déchets et produit 200 à 250 Gigawatt heures/an (GWh/an) de chaleur.

Cette production de chaleur correspond au chauffage d’environ 40 000 logements. La production d’électricité de l’usine, à savoir 45 GWh/an, correspond, quant à elle, à la moitié de la consommation électrique d’une commune comme Balma. Pour autant, au regard de la vétusté des équipements de l’UVE, et afin de répondre aux enjeux de la gestion des déchets dans les années à venir (réduction, réglementation, périmètre d’intervention, démographie) et aux enjeux environnementaux, Decoset envisage trois solutions d’évolution qui seront ainsi portées à la concertation du public : la rénovation de l’UVE, sa reconstruction ou son maintien en l’état.


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La rénovation de l’UVE vise à améliorer le traitement des fumées et à diminuer la consommation d’eau grâce à une refonte du traitement actuel des fumées. Elle vise également à améliorer la performance énergétique de l’usine en intégrant de nouveaux équipements et/ou procédés plus performants et enfin à permettre une meilleure exploitation de l’usine en travaillant notamment sur la problématique d’affluence des déchets et de sécurisation du quai. Cette solution de rénovation dont le coût avoisine 139 à 166 M€ en fonction du niveau de rénovation envisagé, auxquels s’ajoutent 120 M€ pour remplacer les fours et chaudières, permettrait à l’UVE de fonctionner à horizon 2040. Elle engendrerait trois à quatre années de travaux.

TROIS SOLUTIONS D’ÉVOLUTION

Autre solution envisagée, la construction d’une nouvelle usine, d’une durée de vie de 40 ans, permettrait de répondre à un certain nombre de critères, dont celui de l’intégration urbaine, grâce au choix d’un emplacement plus adapté. Cette nouvelle usine offrirait également de meilleurs rendements énergétiques grâce à l’introduction d’innovations. Elle permettrait aussi d’assurer, dès sa conception, de meilleures conditions d’exploitation et de maintenance. Le coût de construction est estimé à 330M€ pour une mise en service à l’horizon 2030. La dernière option envisagée est le maintien du statu quo. Les travaux de rénovation réalisés récemment permettent un fonctionnement de l’usine jusqu’en 2032.

Mais prévient Decoset, « dans cette solution, la vétusté des équipements nécessitera de programmer la fermeture de l’usine. Cette fermeture aurait un impact sur la collecte, le transfert et le traitement des déchets ainsi que sur l’alimentation du réseau de chaleur de la ville de Toulouse. » Une concertation préalable sur l’avenir de l’UVE sera donc organisée du 20 septembre au 27 novembre, consultation dont le périmètre couvre l‘ensemble du territoire de Decoset. C’est l’occasion pour le public de s’informer, d’échanger et d’exprimer son avis sur le projet. Plus globalement, à travers cette consultation, il sera également amené à s’exprimer sur les grands enjeux de la gestion des déchets à horizon 2050 sur le territoire. À cette fin, cinq réunions publiques, quatre ateliers de concertation et 11 débats mobiles seront organisés.

La réunion publique de synthèse aura, elle, lieu le 21novembre. Un site internet dédié à la concertation : https://colidee.com/concertation-UVEToulouse, sera prochainement mis en ligne. À l’issue de la concertation préalable, dans un délai d’un mois, les deux garants désignés par la Commission nationale du Débat Public, Isabelle Barthe et Renaud Dupuy, devront établir un bilan de la concertation, lequel sera rendu public. Decoset aura alors un délai maximum de deux mois pour publier sa réponse dans laquelle il devra indiquer les enseignements qu’il aura tirés de la concertation, les mesures qu’il juge nécessaires de mettre en place pour tenir compte de ces avis et ses décisions quant au projet. Ces différents rapports et documents seront également publiés sur le site internet dédié à la concertation.