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141e année

L’économie régionale encore résiliente, mais des incertitudes pour 2023

Economie. La Banque de France ajuste les résultats de son enquête de conjoncture annuelle.

L'économie régionale encore résiliente, mais des incertitudes pour 2023
(Crédit : Pixabay)

Selon une nouvelle en quête de la Banque de France Occitanie, réalisée auprès de 1400 établissements de la région au mois de juillet et août 2022, les dirigeants d’entreprises de l’industrie et des services marchands ont revu à la hausse leur prévision de croissance de début d’année. Les industriels de la région, portés par le regain d’activité dans le secteur aéronautique, tablent en effet sur une hausse de 8% de leur chiffre d’affaires cette année (contre +6 % annoncés en février). Les dirigeants d’entreprises du secteur des services marchands pronostiquent, eux, une croissance de 11 % de leur chiffre d’affaires en 2022, soit trois points de plus qu’en début d’année. Des évolutions qui s’expliquent principalement par « la hausse des prix de vente liée à l’inflation », pointe la Banque de France.

À l’opposé, le BTP a abaissé d’un point ses prévisions de croissance pour 2022, ramenées à 2 %, contre 3 % projetés. En conséquence, le secteur ne prévoit qu’une hausse modérée de ses effectifs : +1% comme annoncé il y a six mois. L’industrie a, pour sa part, abaissé de deux points ses prévisions de croissance des effectifs : +1% désormais. Une prudence qui s’explique, selon la Banque de France, par « les fortes tensions sur le marché du travail et des perspectives d’activité moins favorables ». Ce n’est pas le cas du secteur des services marchands qui a, au contraire, relevé de deux points ses prévisions de croissances des effectifs, à +6%. Soutenu par la bonne dynamique de l’activité aéronautique, l’industrie entend, en revanche, accélérer ses investissements (+25 % au lieu de +23% annoncés en février). Les services marchands ont fait de même, boostant leurs investissements de15% contre -1% prévu en début d’année.

Une croissance plus mesurée de l’activité en 2023

Le secteur du BTP annonce pour sa part un recul plus marqué des investissements, à -3 % cette année. Dans ce contexte marqué par l’inflation et une forte hausse des coûts de l’énergie, les dirigeants anticipent une dégradation de la profitabilité de leur entreprise. « Tous les secteurs ont rencontré de grandes difficultés pour répercuter les hausses subies, notamment dans le BTP où des reports de chantier voir des dénonciations de contrat ont dû être opérés, pointe la direction régionale de la Banque de France. Ainsi, une entreprise sur quatre annonce une baisse de sa rentabilité dans l’industrie et le bâtiment contre une sur 10 en début d’année. Malgré un fort repli, seuls les services marchands annoncent un solde d’opinion positif de leur profitabilité (+6 points contre +27 points en début d’année). »


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À l’horizon 2023, les prévisions de la Banque de France, à l’échelle de l’Hexagone, font état d’une croissance beaucoup plus mesurée de l’activité. « Pour 2023, la projection est entourée d’incertitudes très larges liées à l’évolution de la guerre russe en Ukraine. Les aléas portent à la fois sur les quantités et les prix d’approvisionnement en gaz, ainsi que sur l’ampleur et la durée des mesures gouvernementales de protection des ménages et des entreprises. C’est pourquoi nous avons choisi de retenir des fourchettes de prévisions. Pour la variation annuelle du PIB, elle s’établirait entre 0,8% et – 0,5 %, avec des taux d’inflation compris respectivement entre 4,2% et 6,9% », indique l’institution dans une note parue mi-septembre. Pour 2024, la Banque de France se veut résolument optimiste, prévoyant « une reprise de l’expansion économique » : « À l’horizon 2024, dans un contexte de détente graduelle des tensions sur les marchés de l’énergie, l’économie française renouerait avec une croissance plus soutenue. Sur la base du scénario de référence, le PIB augmenterait de 1,8 % et l’inflation totale reviendrait fin 2024 vers l’objectif de 2% (2,7% en moyenne annuelle). »

Agnès Bergon