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141e année

Plus de médecins dans les territoires de l’Occitanie

Service. L’Occitanie est le premier territoire français à mettre en place un service public de la santé en vue de juguler le fléau des déserts médicaux.

Plus de médecins dans les territoires de l'Occitanie
Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé, et Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, le 17 juin dernier (Crédit : DR)

Fruit d’un an de travail et de concertation, l’Occitanie devient une terre d’expérimentation d’un dispositif inédit en France. De fait, il y a un an, Carole Delga, la présidente de Région, lançait avec son équipe la préfiguration du service public régional de la santé. Après une première assemblée générale du dispositif « Ma santé, ma région » organisé en juin et coordonné par Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé, ce sont désormais deux centres médicaux qui ont ouvert depuis juillet, l’un en Ariège à Saintes-Croix-Volvestre et l’autre à Salviac dans le Lot, avec, pour l’heure, deux médecins chacun.

Vincent Bounes, qui accompagne également les services dans la montée en expertise autour de la santé, n’en démord pas : « Une personne sur 10 vit dans un désert médical. Nous avons plus de 80 % de zones en tension médicale en Occitanie. Tous les territoires ont perdu entre 20 et 30 % de médecins, ce qui est considérable, une perte en partie liée à la formation et à la nouvelle génération. En 2021, il y avait 123 médecins pour 100 000 habitants en France, contre 131 médecins généralistes sur 100 000 habitants en Occitanie. Notre territoire se situe au-dessus de la moyenne nationale mais il y a 10 ans le nombre de médecins s’établissait à 157. Nous avons une problématique de démographie médicale. Notre objectif est ambitieux mais il reste atteignable ».


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D’ici la fin de l’année, une vingtaine de médecins sera recrutée. L’objectif final est fixé à 200 professionnels dispatchés dans les 13 départements à la fin du mandat. « Nous visons l’ouverture d’un centre par mois. Cela assure une permanence des soins et des visites à domicile pour les plus fragiles. Mais avant l’ouverture d’un centre, nous devons identifier les médecins, les sages femmes et les infirmiers. » La Région met ainsi en place un maillage de partenaires, – 17 actuellement – via une structure qui a pour vocation à gérer les nouveaux centres de santé.

Attirer les jeunes

Les trois quarts des médecins recrutés proviennent d’Occitanie et du Nord de la Loire. « Les jeunes médecins formés dans la région sont notre coeur de cible. Nous ne fermons cependant pas la porte à des candidatures extérieures. Parmi les dossiers, trois profils se dégagent. Les jeunes issus de l’internat, les médecins intermédiaires d’une cinquantaine d’années qui souhaitent changer de cadre de vie et les retraités qui ont envie de transmettre, et que nous engageons à temps partiel », détaille le vice-président. Pour attirer les talents, la Région propose également un bonus aux jeunes médecins venus d’Occitanie. D’autres corps de métiers en libéral ont vocation à se greffer aux centres de santé. Comment naît un centre de santé ?

« La Région est sollicitée par un territoire qui peut fournir des locaux pour une future installation. Le dispositif prend en charge le fonctionnement du centre de santé, dont le budget s’élève d’une dizaine de milliers d’euros à 100 K€. Pour la création de locaux, le budget se porte à une centaine de milliers d’euros. Généralement, un centre atteint l’équilibre financier entre deux et quatre ans après sa mise en service », conclut Vincent Bounes. Pour l’heure, une enveloppe de 1,5 M€ est prévue d’ici la fin 2022. D’autres actions sont menées en parallèle par le Conseil régional telle que la création de campus universitaires médicaux dans les territoires pour inciter les jeunes médecins à s’y établir.

Jennifer Legeron