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141e année

Tourisme en Occitanie : 2022, un très bon cru

Tourisme. Les chiffres collectés cet été par le comité régional du tourisme et des loisirs sont jugés très satisfaisants.

Tourisme en Occitanie : 2022, un très bon cru
Le littoral occitan a fait le plein cet été. Ici, Collioure, dans les Pyrénées-Orientales (Crédit : Pixabay)

L’été n’est pas encore terminé que déjà les professionnels du tourisme se frottent les mains. Les chiffres de fréquentation selon les destinations – mer, campagne, ville, montagne – se révèlent excellents. C’est ce qu’a indiqué Vincent Garel, président du Comité régional du tourisme et des loisirs (CRTL) d’Occitanie à l’occasion d’une conférence de presse organisée à Toulouse le 5 septembre. Très confiant en début de saison (lire la Gazette du Midi du 13 juin), le conseiller régional pronostiquait un été exceptionnel. Force est de constater que les prévisions se sont révélées fiables. « En 2021, année encore largement impactée par la crise sanitaire, le bilan était satisfaisant puisque la Région Occitanie avait peu ou prou retrouvé un niveau de fréquentation comparable à 2019, année de référence. Les résultats de cette période estivale sont bons, voire même très bons, assure le président du CRTL, puisque nous progressons encore par rapport à 2021 et de façon même très significative par rapport à 2019. »

« Depuis 2020, ce sont 130 M€ que la Région a investis auprès des professionnels au soutien de leurs projets de développement »

Les premiers chiffres collectés auprès des professionnels du tourisme attestent d’une très nette hausse (+46%) de la clientèle étrangère, notamment européenne, par rapport à 2021 avec un retour massif des Suisses, des Irlandais, des Britanniques, des Italiens, des Espagnols, des Belges et des Néerlandais auxquels s’ajoutent la venue de nombreux Canadiens et Américains sur notre sol. Fait marquant, la fréquentation étrangère progresse cet été de 12 % par rapport à 2019 (+3 % depuis le début de l’année), avec un bond de 75% de la clientèle helvète notamment : « c’est un vrai marché qui s’ouvre », traduit Vincent Garel.

Autre motif de satisfaction pour l’élu régional : la pertinence des actions menées depuis 2019 en faveur du tourisme de proximité qui se traduisent cet été par une hausse de 34 % de la clientèle française en Occitanie par rapport à 2019 (+32% depuis le début de l’année). Comparée à l’année dernière, la fréquentation de la clientèle française extrarégionale se tasse légèrement cet été (-2 %) mais progresse de 9% depuis le début de l’année.

REGAGNER DES MARGES DE MANOEUVRE

La destination campagne reste comme en 2021 très prisée des estivants. Elle représente 33 % des nuitées touristiques cet été, en progression de 16 % par rapport à 2021 et de 27% par rapport à 2019. Le littoral (30 % des nuitées) et le tourisme urbain (26% des nuitées) affichent de leur côté de belles hausses de fréquentation, respectivement de 13 % et de 15% par rapport à l’an dernier. Seule la montagne a vu sa fréquentation légèrement baisser cet été : de l’ordre de 2% pour les Pyrénées par rapport à 2021 (-3 % versus 2019) et de 1% pour le Massif central versus 2021, lequel enregistre toutefois une progression de 9% par rapport à 2019. Un tassement qui fait suite à deux années d’activités exceptionnelles liées au contexte sanitaire.


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Globalement, le nombre de nuitées touristiques a ainsi progressé cet été de 11% par rapport à 2021 et de 25% par rapport à 2019. Cette embellie n’a rien de passager puisque depuis le début de l’année, l’évolution est de +29% par rapport à 2021 et +19% par rapport à 2019. « Ces derniers chiffres placent l’Occitanie en tête des régions françaises, toutes n’ayant pas retrouvé leur niveau de fréquentation de 2019, ajoute Vincent Garel. Cela signifie aussi que les stratégies choisies sont les bonnes puisque nous continuons à progresser. Nous sommes enfin très heureux de ces chiffres puisque cela amène de l’activité dans les territoires et surtout, cela redonne des marges de manoeuvre aux professionnels, qui, au sortir de la crise, ont les PGE et des crédits à rembourser. Ce surcroît d’activité est salvateur. »

NÉCESSAIRE ADAPTATION

En marge de ces bons résultats, trois filières connaissent toujours des difficultés : le thermalisme qui, avec des taux d’activité plafonnant à 75 ou 85 %, n’a pour l’heure pas retrouvé les niveaux de fréquentation d’avant-crise ; le tourisme d’affaires même si les professionnels s’attendent à une reprise lors de cette rentrée ; et le tourisme cultuel, Lourdes n’ayant connu, en l’absence des touristes étrangers lointains, qu’une reprise d’activité partielle. De son côté, Muriel Abadie, vice-présidente de la Région en charge du tourisme, a rappelé le soutien apporté par la collectivité à ces secteurs encore en difficulté. « Depuis 2020, ce sont 130 M€ que la Région a investis auprès des professionnels au soutien de leurs projets de développement », a -t-elle rappelé.

En deux ans, 20 000 aides ont ainsi été distribuées via le Pass et le Contrat Tourisme et au travers du Fonds Tourisme doté de 111 M€. L’élue a également insisté sur l’engagement du Conseil régional en faveur d’un tourisme plus durable et plus vertueux, lequel constitue « le fil conducteur du futur schéma régional de développement du tourisme et des loisirs » qui sera voté en novembre prochain. Outre qu’il a pour ambition de « renforcer l’attractivité de la région », le document en préparation visera à « accompagner la transition des entreprises et des territoires touristiques » en matière d’emploi et de mobilité, mais aussi « le développement de dynamiques locales » faisant le lien entre tourisme, agriculture, agroalimentaire, commerce de produits locaux et artisanat d’art.

Après un nouvel été caniculaire, le président du CRTL et la vice-présidente de la Région ont ainsi indiqué leur volonté d’accompagner les professionnels dans leurs nécessaires efforts d’adaptation aux effets du changement climatique, autour notamment du développement « de nouveaux services et de nouvelles offres, tout au long de l’année, en dehors des deux mois d’été. Il y a un vrai travail à faire sur les ailes de saison », a précisé Vincent Garel.

Agnès Bergon