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141e année

Argoumbat, l’habitat participatif au coeur du projet

Initiative. L’éco-lieu Argoumbat à Beaumont-de-Lomagne pourrait donner des idées à ceux qui rêvent de changer de vie. Chantal Durand, Monique Tapping, Jean-Michel Elzeard, Kheira Belahouel et Bruno Gaudry ont imaginé un éco-lieu dans cette ancienne bâtisse.

L’éco-lieu Argoumbat à Beaumont-de-Lomagne (Crédit : DR).

« Un éco-lieu n’est pas une communauté, nous sommes loin des Babas-cool, vous dira Chantal Durand en souriant, nous avons créé un habitat participatif. Nous souhaitons avoir un impact sur le changement de société. » Tous partagent une vision commune. « Nous voulons contribuer à l’émergence d’une société alternative tournée vers l’humain et vivre plus près de la nature. » Voilà qui est dit, en quelque sorte, ils ont créé leur petit coin de paradis. L’idée leur trottait dans la tête depuis longtemps, Chantal Durand, Monique Tapping, Jean-Michel Elzeard, Kheira Belahouel et Bruno Gaudry ont eu le déclic lors du Sommet des Oasis en 2020, où des conférenciers de la nouvelle économie, des créateurs d’éco-lieux partageaient leurs expériences.


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« On s’est dit, pourquoi pas nous ? Nous avons cherché des domaines assez grands pour nous accueillir, dans plusieurs régions de France. On a eu un coup de cœur pour Beaumont-de-Lomagne. Le lieu appartenait à des Allemands qui l’avaient transformé en gîtes de luxe. » La bâtisse de 800 m² est composée d’espaces communs et d’appartements privés.

LE MONTAGE DU PROJET

Les cinq fondateurs n’ont pas acheté leur logement en nom propre, ils ont créé une SAS Coopérative, laquelle est propriétaire du lieu. « Nous payons des mensualités qui correspondent aux charges du bien, au montant du crédit et aux provisions pour la régénération du bien, explique Chantal Durand. L’idée est de sortir de l’attachement à la propriété ». Montant du bien : 2 M€ pour la maison et ses 40 ha de forêt, une piscine naturelle, des ânes… En complément de leurs apports personnels, les cinq fondateurs ont souscrit un prêt bancaire de 500 K€ et ont fait appel à des investisseurs solidaires séduits par le projet, ils ont apporté une enveloppe de 400 K€. Tous se sont investis dans l’aménagement du lieu, c’est de la gouvernance partagée, les décisions se prennent en commun, par le consentement.

DES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT

L’idée n’est pas de vivre en autarcie, tous continuent d’ailleurs à exercer leurs activités professionnelles, Chantal Durand est notamment coach et art-thérapeute. Ils seront rejoints prochainement par un couple (graphistes en télétravail). Tout est prévu pour une intégration réussie, le groupe propose un séjour en immersion de 10 jours avant l’installation. Le modèle pour être viable doit en effet compter une dizaine de personnes. Jean-Michel Elzeard, auparavant dans l’immobilier, accompagne désormais des porteurs de projets sur le plan juridique, financier et humain qui souhaitent ouvrir un éco-lieu.

La demande est extrêmement forte depuis la crise liée au Covid. Le groupe a créé une association, les Lucioles d’Argoumbat, et propose la salle du domaine à la location pour des évènements tels que des formations ou des stages. En septembre, ils organisent un concert avec Marc Vella, le célèbre pianiste nomade (16 septembre). Argoumbat propose aussi des gîtes et des chambres d’hôtes à la location. L’argent récolté sera mis dans le pot commun et ser-vira à financer les travaux d’entretien du domaine. Argoumbat espère obtenir le statut de zone de loisirs et installer des hébergements insolites sur le domaine, un projet qui devrait voir le jour dans les cinq prochaines années. « Nous souhaitons promouvoir notre façon de vivre, faire venir des gens en disant : regardez c’est possible de vivre dans ce monde et de sortir du système de profit à l’extrême », conclut Chantal Durand.

Dorisse Pradal